• [^] # Re: BEURK

    Posté par . En réponse au journal La conseillière «Économie numérique» de François Hollande. Évalué à 1. Dernière modification le 09 décembre 2011 à 19:49.

    Je pense qu'elle dit avant tout l'incongruité de sa forme. J'aurais bien sûr pu formuler autrement, du genre :

    « C'est cela même. C'est la volonté populaire de vivre dans un environnement où l'air, l'eau et la terre sont pollués. Ce sont bien sûr les gens qui ont exigé que le moindre objet qui les entoure contienne son lot de produits toxiques et, à l'heure où j'écris, dans toutes les capitales gronde l'insurrection pour réclamer l'introduction massive des OGMs et des nano-technologies dans les biens de consommation courante.

    Ce serait pour sûr une connerie irréfléchie de prétendre qu'au contraire cette dépossession globale du contrôle sur les conditions même de l'existence a tout à voir avec les agissements d'une petite clique de salauds bien organisés. Ceux-ci auraient commencé par imposer au monde un bonheur de plastique mou, en l'abrutissant de publicité jusqu'à ce qu'il ne puisse penser rien qui ne soit en plastique mou. Leur odieux forfait commis, ils auraient pu ensuite, comme le font souvent les violeurs avec leurs victimes, soutenir avec aplomb qu'ils n'avaient rien fait là que lui donner ce qu'au fond il avait toujours désiré puis, comble du cynisme, auraient poussé la manipulation jusqu'à lui demander à échéance régulière de bien vouloir choisir la teinte du plastique. »

    Ironique, sec comme une tarte dans la gueule et définitif juste ce qu'il faut, ça aurait certainement été plus raccord avec la tonalité du lieu. Cette forme totalement fermée n'aurait cependant pas mieux entamé la foi des voteurs convaincus, dont l'intelligence est depuis trop longtemps surarmée contre ce genre de mystification. Elle aurait par contre pu déprimer sur un air de « GnaGnaGnaGna, tout est foutu, tout est perdu » les dubitatifs du bulletin et ceux à qui elle n'avait déjà plus rien à apprendre. Aussi est-il heureux que la première forme, invitation espiègle et ouverte, se soit naturellement imposée au moment de la rédaction. D'un point de vue plus personnel, elle marque d'ailleurs — de manière assez inattendue — la fin d'une vague recherche semi-consciente autour du commentaire sur internet. :)