La demande ne se fait pas sur une vitesse, mais sur un prix.
Sauf qu'une fois qu'elle est là, il faut la fournir et l'entretenir. Si tes produits ne sont pas là, ce sont tes concurrents qui prennent le marché. D'où la nécessité pour chaque acteur de pouvoir d'un simple coup d'accélérateur ajuster la disponibilité de ses produits partout où il y a de la demande.
Pourquoi crois-tu qu'on cherche partout à flexibiliser le travail ? pour ajuster la production à la demande en temps réel au maximum (coût minimum de stockage, limitation a priori du volume d'invendus) : je produis peu quand il y a peu de demande, beaucoup quand il y en a beaucoup avec pour effet de bord qu'il faut aller vite entre la production et l'acheminement sur les marchés.
Une croissance infinie se traduit donc par la nécessité de produire et faire circuler le plus vite possible un volume infini de biens (pour augmenter sans cesse le volume de vente sur la période de référence). La vitesse est fondamentale : amuse-toi à acheminer la production en pousse-pousse et la croissance va vite dévisser.
C'est triste ce genre de raisonnement ici, un haut lieu des TICs ... Il n'y a pas que les biens physiques qui comptent. Effectivement pour le moment ça reste une majorité de l'économie, mais là encore il n'est pas question de faire une rupture, mais une évolution de la croissance.
Mais la croissance des TIC, en définitive, c'est la croissance des ventes physiques. Si on arrivait à fourguer de l'octet, on n'aurait pas les délires hadopiesques actuels. Le fait est que dans le pur numérique tu as deux sources de profit : la pub, qui te vend de "vraies" choses, et le profiling, qui permet aux entreprises de trouver les bonnes oreilles pour faire le boniment et fourguer au plus vite (on y revient) leur camelote réelle (de la téléphonie, par exemple, qui dépend de l'exploitation d'un réseau tout ce qu'il y a de plus physique).
Même dans le développement lié à du "virtuel" comme les assurances, tu es tributaire de la vente de biens : celui qui n'a rien ne s'assure pas, tes meilleurs clients sont ceux qui ont accumulé beaucoup. Qu'un jour ce soit plus économique de gérer tout ça dans le cloud qu'à grands coups de COBOL ne changera pas le fait que le cœur de croissance est dans ce réel.
L'augmentation de PIB est forcément inférieur à celle de production du pétrole si elle n'était lié qu'à ça, donc les secteurs qui ne dépendent que du pétrole augmentent plus, alors que d'autres moins. Il ""suffit"" de basculer l'économie sur cette deuxième catégorie de secteurs pour avoir une croissance avec diminution de la consommation de pétrole.
Oui, si tu arrives à produire le même volume énergétique dans le même temps que le pétrole. Le jour où le pétrole sera très cher, les produits qui en dépendent ne seront certes plus compétitifs, pour autant ça ne voudra pas dire que le volume énergétique qu'on sera capable de fournir avec les alternatives sur une période donnée égalera celui du pétrole. Le pétrole, si ça reste meilleur marché tout en générant des marges colossales, c'est parce que t'as très peu à faire -- ie. c'est très rapide -- pour le rendre énergétiquement exploitable.
Pour récupérer la puissance actuellement consommée, il "suffit" de couvrir 1/10 000e de la surface de la terre d'algues par exemple.
Déjà dans ton lien la Terre n'absorbe que 122 EW. Ensuite, elle le fait sur toute sa surface, même si l'albédo des océans est plus favorable il faut donc quand même déduire tout ce qui est absorbé par les terres. De plus, tu supposes qu'une algues "stocke" d'une manière où d'une autre tout le rayonnement qu'elle reçoit, ce dont je doute très sérieusement puisque la photosynthèse -- toujours selon ton lien -- c'est 3/3850 Zj (rien que l'Amazonie, c'est déjà 1,2% de la surface terrestre : 6568107/510067420*100). Enfin, tu mets de côté tous les problèmes de transformation algues -> énergie exploitable et de déstabilisation des équilibres écologiques (tu vas sur-développer un organisme dans un écosystème).
Je doute assez fortement de ce chiffre à l'heure actuelle, mais bon admettons.
On n'est pas en situation de pénurie, il n'y a donc aucune raison que l'extraction coûte plus chère. La production ne tourne pas à plein mais est limitée volontairement par l'OPEP pour maintenir les cours (ce ne sont pas des philanthropes). C'est ça mon point : le pétrole c'est du quasi-disponible à très bon rendement et qui se stocke très bien. Si la croissance réclame plus d'énergie, physiquement il suffit d'ouvrir plus grand les vannes ; seul le pétrole peut entretenir (momentanément) le délire d'une croissance infinie (tu ne vas pas plus fort que le soleil ou que le vent, ni plus vite que le fleuve, et le gaz s'achemine difficilement).
[^] # Re: C'est beau
Posté par dr_home . En réponse au journal L'Europe est en récession.. Évalué à 0.
Sauf qu'une fois qu'elle est là, il faut la fournir et l'entretenir. Si tes produits ne sont pas là, ce sont tes concurrents qui prennent le marché. D'où la nécessité pour chaque acteur de pouvoir d'un simple coup d'accélérateur ajuster la disponibilité de ses produits partout où il y a de la demande.
Pourquoi crois-tu qu'on cherche partout à flexibiliser le travail ? pour ajuster la production à la demande en temps réel au maximum (coût minimum de stockage, limitation a priori du volume d'invendus) : je produis peu quand il y a peu de demande, beaucoup quand il y en a beaucoup avec pour effet de bord qu'il faut aller vite entre la production et l'acheminement sur les marchés.
Une croissance infinie se traduit donc par la nécessité de produire et faire circuler le plus vite possible un volume infini de biens (pour augmenter sans cesse le volume de vente sur la période de référence). La vitesse est fondamentale : amuse-toi à acheminer la production en pousse-pousse et la croissance va vite dévisser.
Mais la croissance des TIC, en définitive, c'est la croissance des ventes physiques. Si on arrivait à fourguer de l'octet, on n'aurait pas les délires hadopiesques actuels. Le fait est que dans le pur numérique tu as deux sources de profit : la pub, qui te vend de "vraies" choses, et le profiling, qui permet aux entreprises de trouver les bonnes oreilles pour faire le boniment et fourguer au plus vite (on y revient) leur camelote réelle (de la téléphonie, par exemple, qui dépend de l'exploitation d'un réseau tout ce qu'il y a de plus physique).
Même dans le développement lié à du "virtuel" comme les assurances, tu es tributaire de la vente de biens : celui qui n'a rien ne s'assure pas, tes meilleurs clients sont ceux qui ont accumulé beaucoup. Qu'un jour ce soit plus économique de gérer tout ça dans le cloud qu'à grands coups de COBOL ne changera pas le fait que le cœur de croissance est dans ce réel.
Oui, si tu arrives à produire le même volume énergétique dans le même temps que le pétrole. Le jour où le pétrole sera très cher, les produits qui en dépendent ne seront certes plus compétitifs, pour autant ça ne voudra pas dire que le volume énergétique qu'on sera capable de fournir avec les alternatives sur une période donnée égalera celui du pétrole. Le pétrole, si ça reste meilleur marché tout en générant des marges colossales, c'est parce que t'as très peu à faire -- ie. c'est très rapide -- pour le rendre énergétiquement exploitable.
Déjà dans ton lien la Terre n'absorbe que 122 EW. Ensuite, elle le fait sur toute sa surface, même si l'albédo des océans est plus favorable il faut donc quand même déduire tout ce qui est absorbé par les terres. De plus, tu supposes qu'une algues "stocke" d'une manière où d'une autre tout le rayonnement qu'elle reçoit, ce dont je doute très sérieusement puisque la photosynthèse -- toujours selon ton lien -- c'est 3/3850 Zj (rien que l'Amazonie, c'est déjà 1,2% de la surface terrestre : 6568107/510067420*100). Enfin, tu mets de côté tous les problèmes de transformation algues -> énergie exploitable et de déstabilisation des équilibres écologiques (tu vas sur-développer un organisme dans un écosystème).
On n'est pas en situation de pénurie, il n'y a donc aucune raison que l'extraction coûte plus chère. La production ne tourne pas à plein mais est limitée volontairement par l'OPEP pour maintenir les cours (ce ne sont pas des philanthropes). C'est ça mon point : le pétrole c'est du quasi-disponible à très bon rendement et qui se stocke très bien. Si la croissance réclame plus d'énergie, physiquement il suffit d'ouvrir plus grand les vannes ; seul le pétrole peut entretenir (momentanément) le délire d'une croissance infinie (tu ne vas pas plus fort que le soleil ou que le vent, ni plus vite que le fleuve, et le gaz s'achemine difficilement).