Oulà, vu que je me sens un peu visé. Quand je dis que l’économie est une sciences, je considère un universitaire qui fait l’étude d’un marché, l’étude d’une crise, pour peu qu’il soit rigoureux il n’y a pas de jugement politique là-dedans. Ça ne m’empêche pas d’être totalement d’accord avec toi, et considérer que dès qu’il s’agit de prendre une décision de société on est dans le domaine politique et les économistes ne devraient pouvoir rien faire d’autre que de donner leur avis parmi (beaucoup) d’autres mais ne devraient avoir aucun pouvoir décisionnel du fait de leur qualification. Quant à l’argument de la multiplicité des avis économiques, c’est un argument qui s’applique à toute science qui se respecte, du fait du jugement par les pairs il y a débats et donc avis contradictoires. Par contre on doit pouvoir trouver au moins un minimum de corpus qui met tout le monde d’accord.
Plus généralement, je trouve que s’appuyer sur des théories scientifiques pour justifier des actes à caution est très dangereux. Il ne faut pas oublier que le racisme a longtemps été accepté parce qu’on classifiait les hommes en races, différences physiologiques à l’appui, sans prendre du recul par rapport à la signification de cette classification. Pour moi le raisonnement qui consiste à s’appuyer sur une théorie économique pour justifier tel ou tel décision sans tenir compte des conséquences est très similaire, et il faut prendre des pincette avec ça... Quand on commence à refuser un référendum, que deux dirigeants se font remplacés sans élections démocratiques, sous prétexte qu’il faut des « experts » pour résoudre la crise économique, alors on tient le même genre raisonnement : on s’appuie sur la soit-disante nécessité d’avoir des gens-qui-s’y-connaissent pour détruire la démocratie. C’est un débat qui n’est pas nouveau, c’est juste le principe des « pleins pouvoirs en période de crise, parce que la démocratie c’est lent » remis au goût du jour.
Il faut juste savoir ce qu’est la science, arrêter de l’ériger en solution universelle. Arrêter de croire qu’un scientifique va trouver une réponse à une question ou qu’il est là pour faire un choix. À partir de là tu peux parfaitement considérer l’économie comme tout-à-fait sérieuse, tout en lui refusant un quelconque pouvoir politique, au mieux elle peut proposer des solutions, aider à faire des prévisions. Mais en ayant toujours en tête qu’un chercheur ne résoud pas les problèmes, il les pose.
[^] # Re: c'est marrant #2
Posté par BB . En réponse au journal L'Europe est en récession.. Évalué à 1.
Oulà, vu que je me sens un peu visé. Quand je dis que l’économie est une sciences, je considère un universitaire qui fait l’étude d’un marché, l’étude d’une crise, pour peu qu’il soit rigoureux il n’y a pas de jugement politique là-dedans. Ça ne m’empêche pas d’être totalement d’accord avec toi, et considérer que dès qu’il s’agit de prendre une décision de société on est dans le domaine politique et les économistes ne devraient pouvoir rien faire d’autre que de donner leur avis parmi (beaucoup) d’autres mais ne devraient avoir aucun pouvoir décisionnel du fait de leur qualification. Quant à l’argument de la multiplicité des avis économiques, c’est un argument qui s’applique à toute science qui se respecte, du fait du jugement par les pairs il y a débats et donc avis contradictoires. Par contre on doit pouvoir trouver au moins un minimum de corpus qui met tout le monde d’accord.
Plus généralement, je trouve que s’appuyer sur des théories scientifiques pour justifier des actes à caution est très dangereux. Il ne faut pas oublier que le racisme a longtemps été accepté parce qu’on classifiait les hommes en races, différences physiologiques à l’appui, sans prendre du recul par rapport à la signification de cette classification. Pour moi le raisonnement qui consiste à s’appuyer sur une théorie économique pour justifier tel ou tel décision sans tenir compte des conséquences est très similaire, et il faut prendre des pincette avec ça... Quand on commence à refuser un référendum, que deux dirigeants se font remplacés sans élections démocratiques, sous prétexte qu’il faut des « experts » pour résoudre la crise économique, alors on tient le même genre raisonnement : on s’appuie sur la soit-disante nécessité d’avoir des gens-qui-s’y-connaissent pour détruire la démocratie. C’est un débat qui n’est pas nouveau, c’est juste le principe des « pleins pouvoirs en période de crise, parce que la démocratie c’est lent » remis au goût du jour.
Il faut juste savoir ce qu’est la science, arrêter de l’ériger en solution universelle. Arrêter de croire qu’un scientifique va trouver une réponse à une question ou qu’il est là pour faire un choix. À partir de là tu peux parfaitement considérer l’économie comme tout-à-fait sérieuse, tout en lui refusant un quelconque pouvoir politique, au mieux elle peut proposer des solutions, aider à faire des prévisions. Mais en ayant toujours en tête qu’un chercheur ne résoud pas les problèmes, il les pose.