Du moment où ça a mal fini, c'est déjà une petite démo que c'est pas très viable.
C'est pas parce qu'on meurt dans d'atroces souffrances qu'on a pas vécu.
Je subis rien en filant un peu d'ADN, ça ne m’enlève aucune liberté. Ca ne me choque pas du tout, au contraire.
Ça ne t'enlève aucune liberté au moment du prélèvement (puisque tu en es déjà privé si tu es en garde-à-vue), mais ça peut être utilisé plus tard à cette fin. Pour te rendre ta liberté volée, par contre, il y a moins de chance.
Dans une société non autoritaire, l'inconvénient peut sembler effectivement mineur, voire souhaitable puisqu'utile à l'identification des auteurs de certains crimes. Ce qu'il faut relever ici, c'est que ce fichage centralisé de l'ADN de toute une population revient de facto à faire de chacun de ses membres un suspect. On ne comparera plus l'ADN de quelqu'un parce qu'il est suspect, il sera suspect parce qu'on pourra comparer son ADN.
Je pense que pour mesurer la gravité de la situation, il faut bien comprendre que les enquêtes judiciaires ne sont, bien souvent, réalisées qu'à charge. Cela signifie que ne sont recherchés que les éléments qui tendraient à montrer la culpabilité d'un suspect, tandis que ceux qui tendraient à prouver son innocence sont ignorés. Ainsi, pour le fascisant syndicat de police Synergie, il est impensable qu'un suspect puisse se défendre. S'il est suspect, c'est bien qu'il a un truc à se reprocher, non ? http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/08/03/Cadeau-Bonus
Ça, c'est dans notre bel état de droit. Le truc c'est qu'aucun système n'est immuable, particulièrement pas celui-ci, et qu'on ne dispose tout simplement d'aucune garantie pour que cette banque de données biométriques ne soit pas utilisé à l'encontre d'une catégorie de la population sur des critères génétiques. Ni aujourd'hui, ni, a fortiori, demain. Y a pas que l'INSEE qui serait content d'évaluer la part de grands blonds aux yeux bleus dans la population. Y en a d'autres qui voudraient prévenir certaines tendances qui seraient heureusement inscrites dans le patrimoine génétique des individus. http://www.youtube.com/watch?v=n6cQu8Y0in0
En d'autre temps, les autorités publiques demandaient à certaines catégories de la population de se faire recenser. Et une bonne partie d'entre elles y sont allées. Je crois qu'elles ont fini par regretter. Ce fichage biométrique entraîne un même risque de sélection, cette fois a posteriori.
Maintenant, séparer le fichage biométrique de son contexte, c'est s'interdire de comprendre. Quel est le contexte ? Au cours de la dernière décénie, sur le simple plan judiciaire, nous avons eu droit à la mise en place des « peines plancher » (soit l'apparition d'une durée minimale de la peine) et des rétentions de sûreté (soit la disparition d'une durée maximale de la peine).
Nous avons eu une multiplication des fichiers dits policiers, avec une jolie Edvige qui depuis que les pratiques sexuelles, syndicales et religieuses ne sont plus enregistrées, et un changement de nom, est devenu vach'ment plus acceptable : http://fr.wikipedia.org/wiki/EDVIGE
Nous avons eu Hadopi, qui envisage jusqu'à surveiller les réseaux de tous les internautes français et censurer les mots-clés utilisés sur les moteurs de recherche en ligne.
- page 27, "sauvegarde de toute l'activité réseau notable"
- page 27, "notification recherche avec mots-clés interdits"
- page 35, "pour chaque profil, il existe une liste noire d'adresses IP interdites, une liste grise d'adresses IP à notifier, une liste blanche d'adresses IP autorisées" http://www.numerama.com/magazine/16363-exclusif-le-document-secret-de-l-hadopi-sur-les-moyens-de-securisation.html
Nous avons eu Loppsi avec tout plein de choses dedans, comme le remplacement de « vidéo-surveillance » par « vidéo-protection », de nouveaux prétextes pour mettre en place des caméras pour protéger les gens qui n'ont rien à se reprocher, la censure de l'internet par le Ministère de l'Intérieur, l'usage de la visioconférence pour les auditions des détenus, ou encore la vente des données relatives aux cartes grises (pourquoi pas vendre la bdd biométrique ?).
J'vous laisse, j'entends qu'on frappe à ma porte...
[^] # Re: Je voudrais juste savoir
Posté par thamieu . En réponse au journal Samedi 26 novembre à Lille : atelier informatique - être anonyme sur internet. Évalué à 2.
C'est pas parce qu'on meurt dans d'atroces souffrances qu'on a pas vécu.
Ça ne t'enlève aucune liberté au moment du prélèvement (puisque tu en es déjà privé si tu es en garde-à-vue), mais ça peut être utilisé plus tard à cette fin. Pour te rendre ta liberté volée, par contre, il y a moins de chance.
Dans une société non autoritaire, l'inconvénient peut sembler effectivement mineur, voire souhaitable puisqu'utile à l'identification des auteurs de certains crimes. Ce qu'il faut relever ici, c'est que ce fichage centralisé de l'ADN de toute une population revient de facto à faire de chacun de ses membres un suspect. On ne comparera plus l'ADN de quelqu'un parce qu'il est suspect, il sera suspect parce qu'on pourra comparer son ADN.
Je pense que pour mesurer la gravité de la situation, il faut bien comprendre que les enquêtes judiciaires ne sont, bien souvent, réalisées qu'à charge. Cela signifie que ne sont recherchés que les éléments qui tendraient à montrer la culpabilité d'un suspect, tandis que ceux qui tendraient à prouver son innocence sont ignorés. Ainsi, pour le fascisant syndicat de police Synergie, il est impensable qu'un suspect puisse se défendre. S'il est suspect, c'est bien qu'il a un truc à se reprocher, non ?
http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/08/03/Cadeau-Bonus
Ça, c'est dans notre bel état de droit. Le truc c'est qu'aucun système n'est immuable, particulièrement pas celui-ci, et qu'on ne dispose tout simplement d'aucune garantie pour que cette banque de données biométriques ne soit pas utilisé à l'encontre d'une catégorie de la population sur des critères génétiques. Ni aujourd'hui, ni, a fortiori, demain. Y a pas que l'INSEE qui serait content d'évaluer la part de grands blonds aux yeux bleus dans la population. Y en a d'autres qui voudraient prévenir certaines tendances qui seraient heureusement inscrites dans le patrimoine génétique des individus.
http://www.youtube.com/watch?v=n6cQu8Y0in0
En d'autre temps, les autorités publiques demandaient à certaines catégories de la population de se faire recenser. Et une bonne partie d'entre elles y sont allées. Je crois qu'elles ont fini par regretter. Ce fichage biométrique entraîne un même risque de sélection, cette fois a posteriori.
Maintenant, séparer le fichage biométrique de son contexte, c'est s'interdire de comprendre. Quel est le contexte ? Au cours de la dernière décénie, sur le simple plan judiciaire, nous avons eu droit à la mise en place des « peines plancher » (soit l'apparition d'une durée minimale de la peine) et des rétentions de sûreté (soit la disparition d'une durée maximale de la peine).
Nous avons eu une multiplication des fichiers dits policiers, avec une jolie Edvige qui depuis que les pratiques sexuelles, syndicales et religieuses ne sont plus enregistrées, et un changement de nom, est devenu vach'ment plus acceptable :
http://fr.wikipedia.org/wiki/EDVIGE
Nous avons eu Hadopi, qui envisage jusqu'à surveiller les réseaux de tous les internautes français et censurer les mots-clés utilisés sur les moteurs de recherche en ligne.
- page 27, "sauvegarde de toute l'activité réseau notable"
- page 27, "notification recherche avec mots-clés interdits"
- page 35, "pour chaque profil, il existe une liste noire d'adresses IP interdites, une liste grise d'adresses IP à notifier, une liste blanche d'adresses IP autorisées"
http://www.numerama.com/magazine/16363-exclusif-le-document-secret-de-l-hadopi-sur-les-moyens-de-securisation.html
Nous avons eu Loppsi avec tout plein de choses dedans, comme le remplacement de « vidéo-surveillance » par « vidéo-protection », de nouveaux prétextes pour mettre en place des caméras pour protéger les gens qui n'ont rien à se reprocher, la censure de l'internet par le Ministère de l'Intérieur, l'usage de la visioconférence pour les auditions des détenus, ou encore la vente des données relatives aux cartes grises (pourquoi pas vendre la bdd biométrique ?).
J'vous laisse, j'entends qu'on frappe à ma porte...