Pour organiser des manifs et des émeutes sur leur condition maintenant qu'il est trop tard, on voit beaucoup de monde.
Pour dire à posteriori que tout cela était prévisible et qu'il fallait agir avant, on voit beaucoup de monde aussi.
Où sont les manifestations organisées pour crier ras-le-bol à la corruption? Où sont les tribunes invectivant les pouvoirs publics sur son laxisme face à la fraude fiscale?
Comme tu l'as toi-même expliqué, les plans d'austérité et la prise de contrôle de la Grèce par l'UE découle de la corruption. Je suppute donc que les manifestations contre ladite corruption se déroulent pas loin de la place Syntagma.
"Faire émerger", ce n'est pas forcément être soi-même, c'est créer un environnement dans lequel la personne appropriée peut se faire entendre. Si un politique avait il y a 5ans des idées pour tout ça (et il y en avait sûrement), à l'époque, tout le monde s'en foutait royalement. Pourtant, en attirant l'attention sur le problème, on offre à ce genre de personnage le tremplin médiatique dont il a besoin.
Tu as sans doute raison, mais maintenant que ça intéresse plein de monde, l'environnement dont tu parles est totalement écarté parce que ceux qu'ont les sous ont décidé qu'il n'y avait aucune alternative à leurs « propositions ». Le résultat du référundum aurait justement pu favoriser un audit de la dette, par exemple (initiative insuffisante mais indispensable), ou une remise à plat du système politique (lutter contre la corruption généralisée sans remettre en cause le système est vain).
-La Grèce est dans la merde.
-La Grèce démontre son incapacité à se sortir toute seule de la merde.
-La Grèce appelle au secours.
-On lui fait les plans, et on lui propose même la thune qui va avec.
-La Grèce fait la fine bouche sur le plan proposé.
Ne pas confondre la Grèce et l'État grec.
-Tu trouves ça bien de leur part, puisque "y'a qu'à arrêter la fraude et la corruption", et "il suffit d'avoir un bon système d'impôt et de récupérer l'argent des évasions fiscales".
Tu dois me confondre avec quelqu'un d'autre.
-Je t'explique que si c'était aussi simple, ça aurait été fait depuis longtemps.
-J'ajoute sur la responsabilité du peuple que c'est le même parti dont on sait qu'il est pourri qu'ils ont remis au pouvoir encore et encore pendant des années. Ils viennent de changer maintenant que c'est trop tard.
Je suis partiellement d'accord sur ce point, mais ce n'est pas ce que tu avais écrit. C'est qui ce « on », qui sait ? Tout le monde ne sait pas. Il y a certes ceux qui font semblant de ne pas savoir.
-Tu en conclues que JE me propose comme consultant.
J'en conclus surtout que tu as identifié un pays comme démocratique mais souffrant de la corruption et dont l'activitié politique de tous les citoyens se résume à mettre un bulletin dans une urne pour payer moins d'impôts. Cette dernière assertion, qui reste à démontrer, me semble contredire celle soutenant que le système politique grec est démocratique, a fortiori si la corruption est si développée que :
- les citoyens ne sont pas convenablement informés de la situation du pays
- ils ne disposent donc pas de la possibilité de voter « en connaissance de cause »
- la fraude pourrait aussi avoir lieu sur les suffrages
Et je vais le réécrire ici encore une fois: ça peut arriver chez nous. On voit clairement depuis 2007 (et même avant) que les casseroles s'accumulent sans que personne ne réagisse plus alors qu'ailleurs, le gouvernement aurait sauté plusieurs fois, et sans doute l'exécutif avec. On voit aussi d'innombrables problèmes de conflits d'intérêts, mais là encore, pour l'instant, il semble que tout le monde s'en foute.
Pour que les masses s'en soucient, il faudrait que ces casseroles soient décortiquées dans les média qu'ils consomment. Bien que des gens luttent, les média se gardent de relayer leurs combats. Tu déduis trop rapidement de cette invisibilité médiatique que « tout le monde s'en fout ». L'indépendance de la presse est une nécessité pour la conscientisation du citoyen et l'oligopole des grands groupes et de l'état dans ce domaine en est le plus grand frein.
[^] # Re: Comment un boulet va mener l'Europe et le monde à sa perte?
Posté par thamieu . En réponse au journal Comment un boulet va mener l'Europe et le monde à sa perte. Évalué à 2.
Pour dire à posteriori que tout cela était prévisible et qu'il fallait agir avant, on voit beaucoup de monde aussi.
Comme tu l'as toi-même expliqué, les plans d'austérité et la prise de contrôle de la Grèce par l'UE découle de la corruption. Je suppute donc que les manifestations contre ladite corruption se déroulent pas loin de la place Syntagma.
Tu as sans doute raison, mais maintenant que ça intéresse plein de monde, l'environnement dont tu parles est totalement écarté parce que ceux qu'ont les sous ont décidé qu'il n'y avait aucune alternative à leurs « propositions ». Le résultat du référundum aurait justement pu favoriser un audit de la dette, par exemple (initiative insuffisante mais indispensable), ou une remise à plat du système politique (lutter contre la corruption généralisée sans remettre en cause le système est vain).
Ne pas confondre la Grèce et l'État grec.
Tu dois me confondre avec quelqu'un d'autre.
Je suis partiellement d'accord sur ce point, mais ce n'est pas ce que tu avais écrit. C'est qui ce « on », qui sait ? Tout le monde ne sait pas. Il y a certes ceux qui font semblant de ne pas savoir.
J'en conclus surtout que tu as identifié un pays comme démocratique mais souffrant de la corruption et dont l'activitié politique de tous les citoyens se résume à mettre un bulletin dans une urne pour payer moins d'impôts. Cette dernière assertion, qui reste à démontrer, me semble contredire celle soutenant que le système politique grec est démocratique, a fortiori si la corruption est si développée que :
- les citoyens ne sont pas convenablement informés de la situation du pays
- ils ne disposent donc pas de la possibilité de voter « en connaissance de cause »
- la fraude pourrait aussi avoir lieu sur les suffrages
Pour que les masses s'en soucient, il faudrait que ces casseroles soient décortiquées dans les média qu'ils consomment. Bien que des gens luttent, les média se gardent de relayer leurs combats. Tu déduis trop rapidement de cette invisibilité médiatique que « tout le monde s'en fout ». L'indépendance de la presse est une nécessité pour la conscientisation du citoyen et l'oligopole des grands groupes et de l'état dans ce domaine en est le plus grand frein.