Je suis très surpris qu'ici comme ailleurs certains puissent considérer un référendum comme un piège. On attribue à Winston Churchil, que personne, je pense, ne confondra avec JL Mélanchon, la citation suivante : "La démocratie est le pire des régimes politiques... si on fait abstraction de tous les autres".
Certes la voie référendaire n'est pas la plus facile mais alors le piège, si piège il y a, est double : que le peuple ne réponde pas à la question posée, mais aussi que le questionneur se prévale d'une réponse positive pour justifier toute une politique plus ou moins connexe. Et au jeu du chat et de la souris... ce n'est pas toujours le chat qui gagne !
Considérons maintenant le cas particulier : il est clair que tout mouvement politique avalisant sans autre forme de procédure une mesure aussi impopulaire que celle proposée est grillée pour des années à venir. Donc Papandréou a le choix entre :
- Démissionner (c'est trop compliqué pour moi...)
- Se griller définitivement de la vie politique grecque (autre forme du cas N° 1)
- S'en remettre au peuple (en espérant se montrer convainquant).
Considérons maintenant le cas général : depuis le projet de traité constitutionnel européen chaque fois que le peuple, consulté par extraordinaire, refusa ce qui avait été conçu sans lui (référendum aux Pays-Bas, en France puis en Irlande) il se trouva une procédure pour invalider son choix. À noter qu'aux Pays-Bas c'était le premier référendum de leur histoire : je ne suis pas sûr qu'il y en aura de nouveaux. Bref, nos gouvernants, qui à défaut d'être honnêtes ne sont pas nécessairement imbéciles, ne savent plus comment proposer / imposer une forme d'Europe dont plus personne ne veut tant elle semble inféodée aux seules puissances financières. Si l'on veut "sauver l'Europe" un retour à la démocratie (me) paraît impératif, quitte à une apparente régression momentanée.
Dernière remarque : le mépris du peuple affiché ce jour tant par les lobbies financiers, que par les médias officiels et les politiciens "responsables" vient en écho aux propos prêtés par Giuseppe Tomasi di Lampedusa au Guépard : "Il faut que tout change, pour que rien ne change et que nous restions les maîtres". Cette formule a peut-être une limite, et nous l'avons alors peut-être atteinte.
[^] # Re: piège
Posté par Vincent Gay (site web personnel) . En réponse au journal Comment un boulet va mener l'Europe et le monde à sa perte. Évalué à 9.
Je suis très surpris qu'ici comme ailleurs certains puissent considérer un référendum comme un piège. On attribue à Winston Churchil, que personne, je pense, ne confondra avec JL Mélanchon, la citation suivante : "La démocratie est le pire des régimes politiques... si on fait abstraction de tous les autres".
Certes la voie référendaire n'est pas la plus facile mais alors le piège, si piège il y a, est double : que le peuple ne réponde pas à la question posée, mais aussi que le questionneur se prévale d'une réponse positive pour justifier toute une politique plus ou moins connexe. Et au jeu du chat et de la souris... ce n'est pas toujours le chat qui gagne !
Considérons maintenant le cas particulier : il est clair que tout mouvement politique avalisant sans autre forme de procédure une mesure aussi impopulaire que celle proposée est grillée pour des années à venir. Donc Papandréou a le choix entre :
- Démissionner (c'est trop compliqué pour moi...)
- Se griller définitivement de la vie politique grecque (autre forme du cas N° 1)
- S'en remettre au peuple (en espérant se montrer convainquant).
Considérons maintenant le cas général : depuis le projet de traité constitutionnel européen chaque fois que le peuple, consulté par extraordinaire, refusa ce qui avait été conçu sans lui (référendum aux Pays-Bas, en France puis en Irlande) il se trouva une procédure pour invalider son choix. À noter qu'aux Pays-Bas c'était le premier référendum de leur histoire : je ne suis pas sûr qu'il y en aura de nouveaux. Bref, nos gouvernants, qui à défaut d'être honnêtes ne sont pas nécessairement imbéciles, ne savent plus comment proposer / imposer une forme d'Europe dont plus personne ne veut tant elle semble inféodée aux seules puissances financières. Si l'on veut "sauver l'Europe" un retour à la démocratie (me) paraît impératif, quitte à une apparente régression momentanée.
Dernière remarque : le mépris du peuple affiché ce jour tant par les lobbies financiers, que par les médias officiels et les politiciens "responsables" vient en écho aux propos prêtés par Giuseppe Tomasi di Lampedusa au Guépard : "Il faut que tout change, pour que rien ne change et que nous restions les maîtres". Cette formule a peut-être une limite, et nous l'avons alors peut-être atteinte.