• [^] # Re: L'art de l'euphémisme

    Posté par . En réponse au journal De la "sécurité" routière et de la démocratie (par un motard courageux). Évalué à 10.

    C'est caricaturalement idiot, désolé. Ton argument, c'est que c'est injuste d'avoir une marge de tolérance de 5 km/h, mais que pour mettre tout le monde d'accord, ça serait beaucoup mieux avec 10 km/h. Alors moi je dis 7, et puis mon voisin il dit 12.

    En fait, tu identifies le problème toi-même avec la formulation "soit tu roules à la limite et tu n'as rien à craindre..." : le risque, quand on roule à la limite, c'est évidemment de dépasser la limite sans faire attention. Cependant, le miracle du code de la route, c'est que rien ne t'oblige à rouler à la limite.

    En effet, le code de la route est pernicieux, parce qu'il encourage l'alcoolisme : quand on doit boire à la limite de 0.5g/L, c'est quand même deux verres par jour.

    La mesquinerie se retrouve partout : quand tu bourres tes enveloppes de confettis pour arriver pile à 20g, tu peux dépasser et tu devras payer une pénalité : avec sa limite, la Poste fait tout pour t'encourager à payer le supplément. D'ailleurs cela n'arriverait pas si la limite était à 22g.

    Les problèmes de sécurité routière sont réels et les solutions adaptées sont nécessairement complexes. D'un côté, on a l'argumentaire des associations de motards ou d'automobilistes, qui se résume en gros à "Maaaaais non! Moi je veux vroum vroum tuuut tuuut!" sous un vernis de peseudo-sérieux souvent tellement maladroit qu'il en est pathétique, et d'un autre côté, on a un gouvernement qui n'a pas compris ce qu'était un phénomène multifactoriel. Ça me fait penser à un problème d'optimisation logicielle ; on identifie un bottleneck (ici, les excès de vitesse), on travaille dessus et on améliore les performances, qui rapidement recoincent à cause d'un autre bottleneck ailleurs. Mais au lieu de rechercher le nouvel élément bloquant, on insiste, et on va jusqu'à trépigner de colère, parce que modifier ce petit truc là a marché une fois, et qu'on ne comprend pas pourquoi ça ne marche plus.