• [^] # Re: Mesures sociales ? Pas vraiment !

    Posté par . En réponse au journal Quelques mesures sociales.... Évalué à 4.

    10 mai - 22 juin 1940, contre toute attente la France se fait écraser en à peine plus d'un mois par le rouleau compresseur Allemand, c'est la débâcle la plus totale. Les ministres et les militaires ne savent plus que faire et sont complètement divisés entre lutter ou demander l'armistice.

    Le camp de l'armistice l'emporte, Charles de Gaulle part pour l'Angleterre, Paul reynaud démissionne du conseil des ministres le 16 juin 1940. Le Président Albert Lebrun rappelle alors le Maréchal Philippe Pétain, alors âgé de 84 ans, pour lui demande de le remplacer, ce que ce dernier accepte et le lendemain il déclare l'armistice, qui sera signé le 22 juin.

    Entre-temps, 27 parlementaires (quasiment tous socialistes) ainsi que des officiers militaires réquisitionnent le paquebot Massilia et s'enfuient en direction du Maghreb. Puis vient le Vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet 1940, dont seuls 670 sur 907 prennent part au vote, 20 s'abstiennent et 80 votent non.

    Qu'appelles-tu légitime ? Considères-tu qu'un pays qui vient de se faire écraser par une puissance étrangère qui l'occupe, qui voit ses députés, sénateurs et officiers de haut-rang abandonner le navire et fuir à l'étranger, est réellement en mesure de prendre ce genre de décision de manière légitime ? Considères-tu que la chambre qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain, et qui n'est autre que celle du Front Populaire sans les communistes est légitime ?

    Renseigne-toi, tu devrais vite te rendre compte que les avis sont loin d'être aussi tranchés que tu le penses.

    Maintenant mon avis, c'est qu'alors que tout le monde fuyait ses responsabilités, on est allé cherché un vieux monsieur de 84 ans, ancien héros de la première guerre mondiale, pour les tenir toutes, probablement parce qu'étant une figure de la première guerre et n'étant clairement pas de gauche, il avait la respectabilité nécessaire. Et il a accepté.

    À partir de là, à moins de le considérer extrêmement bête, on est largement en droit de penser que le stratège qu'il était savait exactement ce qu'impliquerait ce choix, notamment dans le fait qu'il porterait sur ses épaules le fardeau de la défaite et de la collaboration. Sinon, on peut considérer que son âge avancé aidant, il était sénile, mais il convient alors d'en tenir compte dans tous ses actes (et historiquement cela a été plutôt écarté).

    Personnellement, je pense qu'il n'était pas sénile, et qu'il savait pertinemment ce qu'il faisait. On peut lui reprocher d'avoir parfois outrepassé les directives de Berlin et d'avoir fait du zèle, mais à vrai dire, on ne saura jamais réellement ce qu'il en était. Et j'en viens donc à mon opinion précédemment formulée : à partir du moment où l'on considère qu'il n'était pas sénile et avait pleinement conscience des enjeux, à moins de le voir comme un traître, on ne peut que considérer qu'il savait qu'il allait porter tout le poids de la défaite et de la collaboration, ce qu'au passage il n'était nullement obligé de faire, il aurait pu rester un héros dans l'Histoire ou fuir à l'étranger comme d'autres. Croire qu'il a fait ça pour la gloire, c'est un peu une insulte à son intelligence.

    Et puis, il n'était pas le seul à collaborer, et contrairement à l'extrême-droite qui à de rares exceptions près (Maurras, Drieu La Rochelle) entrera en résistance, il y aura beaucoup de socialistes à ses côtés dont Adrien Marquet (père de Jospin) Déat, Laval, Mitterrand, etc. (aux exceptions notables de Pierre Brossolette et de Jean Moulin, certes radical-socialiste).

    Maintenant, mon opinion je me la suis construite, elle est amenée à évoluer en fonction de mes connaissances, et pour l'instant je l'ai construite sur l'histoire qu'on m'a enseigné à l'école, celle que j'ai lu, mais également étant issu d'une famille de militaires, par les récits de membres de ma famille qui ont connu cette époque, et certainement pas du côté de la collaboration (un arrière-grand-père mort en déportation, l'autre tué au combat, un grand-oncle évadé de plusieurs camps de travaux forcés, une arrière grand-mère qui logeait et ravitallait des résistants, une grand-mère qui hébergeait un résistant et qui s'est retrouvé l'arme dans le dos avec les soldats qui fouillaient partout chez elle, un grand-père aviateur, un père officier, etc. Tous admirateurs de De Gaulle, et pourtant, aucun ne ne considèraient Pétain comme un traître, car il était le seul à avoir accepté d'endosser le rôle dégradant alors que cette option se présentait comme un choix inévitable pour la France.

    Bref, non je ne réécris pas l'histoire, j'ai une opinion sur les choses, elle te déplaît mais tu n'as en rien argumenté pourquoi.