• [^] # Re: Bravo!

    Posté par . En réponse au journal L'Europe a (enfin) interdit les CDS à nu. Évalué à -1.

    Il y a un truc que j'ai jamais compris, c'est comment des entreprises à but lucratif pouvaient fournir un service de niveau équivalent au service public mais moins cher pour l'état ? Parce que la privatisation, on a bien vu que ça n'avait pas tendance à faire baisser les prix. Comment une privatisation massive pourrait conduire à une diminution du coût de fonctionnement de la société grècque ?

    Réponse courte : la concurrence.

    Réponse un peu plus longue :

    quand une entreprise est en monopole, qu'elle soit publique ou privée, elle augmente ses prix et fait des bénefs. Si elle est publique elle augmente le salaire et avantages de ses salariés, cf SNCF. Si elle est privée elle fait de même, mais en plus envoie de copieuses dividendes à ses actionnaires (c'est pire). Dans les deux cas la majorité de la population se fait avoir grandement.

    Si on casse un monopole, plusieurs entreprises entrent sur le marché, se battent pour avoir des parts de marché, inventent de nouvelles technologies, baissent les prix, augmentent la taille du marché, et la majorité de la population est contente. C'est ce qui c'est passé avec les boulangers après la révolution française, qui a cassée les corporations et le compagnonnage. C'est ce qui c'est passé dans le marché de l'ADSL en France.

    Le problème est qu'il existe des monopoles naturels, cad des situations où il ne devrait y avoir qu'un acteur : on n'a pas besoin de deux voies de TGV Paris-Marseille. L'idée des dérégulations est de séparer les métiers des infrastructures, qui restent publiques, des services, qui eux ne sont pas des monopoles naturels. Ça marche parfois, cf avant. Mais pas tout le temps, car pour fonctionner la concurrence a besoin d'un nombre suffisant d'acteurs, aussi important que possible dans l'idéal. Trois acteurs comme dans les télécoms c'est trop peu, mais un marché à 4 acteurs ne permet pas toujours de développer des marges suffisantes pour la survie de ces firmes. Mais cela ne concerne que certains marchés, au nombre restreint. La difficulté est de bien les identifier.

    Si ça ne suffit pas à te convaincre que dans beaucoup de cas, demande toi si tu penses que le monde de l'informatique actuel, malgré tous ces défauts, serait meilleurs si le gouvernement américain avait nationalisé IBM et réglementé le développement software/hardware.