• [^] # Re: Bravo!

    Posté par . En réponse au journal L'Europe a (enfin) interdit les CDS à nu. Évalué à 6.

    Pour essayer d'expliquer plus simplement.

    Si on fait comme tu dis (ainsi que Mélanchon), et qu'on rapporte toute la dette accumulée à l'année, on se rend compte que en effet que la dette représente une charge de 18%, mais on constate également que l'État vit en déficit chronique chaque année (à hauteur de 7,7% en 2010), ce qui fait une charge réelle de 25,7% par an.

    Pour être valable, ton raisonnement (ainsi que celui de Mélanchon) part du principe que la dette due est intégralement remboursée à échéance (de 7 ans et 31 jours). Partant de là, cela implique que chaque année, sa charge annuelle de 25,7% soit remboursée, ou à défaut que les dépenses publiques soient réduites à concurrence. Sinon, ça veut dire que tu ne peux pas tout rembourser, et que sur l'échéance suivante, tu auras la même somme à rembourser, plus le reliquat de celle que tu n'as pas pu payer intégralement, plus les intérêts additionnels. En gros, si tu ne peux pas payer aujourd'hui, tu pourras encore moins demain, et ainsi de suite jusqu'à te retrouver en Grèce sans avoir bougé de ton fauteuil.

    Donc, pour parvenir au miracle de ce raisonnement, il faut payer à terme, d'une manière ou d'une autre, et ne pas laisser le prêt se reconduire, donc :

    • Soit on décide de payer sans toucher aux dépenses publiques, il faut pour cela augmenter les recettes publiques de manière conséquente, de manière à compenser le déficit (7,7%) ainsi que la charge de la dette (18,7%), ce qui implique d'augmenter les recettes fiscales de 48,5% à 74,2%, une augmentation de 53%. Il faut donc augmenter de 53% tous les impôts taxes, charges, etc. existants.
    • Soit on décide de payer sans toucher aux recettes publiques, il faut alors réduire les dépenses fortement, de manière encore une fois à ne plus être en déficit (7,7%), ainsi que de rembourser la charger de la dette (18,7%), ce veut dire faire passer les dépenses publiques de 56,2% à 30,5%, une réduction de 46%. Il faut donc réduire de 46% les effectifs de la fonction publique, les retraites, les aides sociales, etc.

    Ai-je été plus clair ?