Mais kézako que les CDS, me direz-vous. Et bien, il s'agit tout simplement d'assurances sur un prêt accordé à un état
Pas forcément. Mais c'est là où ça choque le plus.
pour le cas où ce dernier ferait défaut et ne pourrait donc pas rembourser son emprunt.
D'où le nom « Credit default swap.
Là où ça devient marrant avec les CDS, c'est que vous pouvez en acheter/vendre... même si vous n'êtes en rien concerné par le prêt en question !
De même que tu peux acheter une action d'un groupe qui n'a rien à voir.
Tu peux très bien être chez FDN et acheter des actions d'Orange ou adhérer à l'April et acheter du Apple.
En fait les CDS, comme beaucoup de choses, c'est un truc qui semble en théorie, mais qui est tout pourri en pratique.
Ça permet de diluer, de décentraliser, le risque. En général, sur Linuxfr, on devrait se dire que la décentralisation c'est plutôt bon (ou alors on s'est trompé de site). Mais ici, c'est pervers.
Ça permet aux banques d'accorder des prêts qu'elles n'auraient pas accordé, parce qu'elles n'ont pas suffisamment de capital pour le garantir. En cas de défaut de payement, la banque fait office d'assurance. Elle puise sur ses fonds propres.
Avec les CDS, elle peut se transformer en courtier d'assurances vis à vis d'autres entités. Ce sont ces entités qui font office d'assurance, via un « échange » (swap) de responsabilités sur le défaut de payement (credit default).
Du coup on se dit que c'est mieux, parce que plus de prêt, plus de croissance, la vie est belle, tout le monde va acheter une Ferrari dès demain.
Mais en fait non. La dilution du risque est en fait un facteur de risque en lui même. Au lieu d'avoir un interlocuteur unique facilement auditable, on a plein de micro interlocuteurs, une traçabilité compliquée, des audits impossibles, des produits financiers illisibles.
Mais au fait un produit saucissonné dans tous les sens, complètement illisible et incompréhensible même par les financiers les plus chevronné et qui menace les ménages, les entreprises, les banques, les États et le système monétaire, ça ne vous rappelle rien ?
# CDS
Posté par j_kerviel . En réponse au journal L'Europe a (enfin) interdit les CDS à nu. Évalué à 10.
Pas forcément. Mais c'est là où ça choque le plus.
D'où le nom « Credit default swap.
De même que tu peux acheter une action d'un groupe qui n'a rien à voir.
Tu peux très bien être chez FDN et acheter des actions d'Orange ou adhérer à l'April et acheter du Apple.
En fait les CDS, comme beaucoup de choses, c'est un truc qui semble en théorie, mais qui est tout pourri en pratique.
Ça permet de diluer, de décentraliser, le risque. En général, sur Linuxfr, on devrait se dire que la décentralisation c'est plutôt bon (ou alors on s'est trompé de site). Mais ici, c'est pervers.
Ça permet aux banques d'accorder des prêts qu'elles n'auraient pas accordé, parce qu'elles n'ont pas suffisamment de capital pour le garantir. En cas de défaut de payement, la banque fait office d'assurance. Elle puise sur ses fonds propres.
Avec les CDS, elle peut se transformer en courtier d'assurances vis à vis d'autres entités. Ce sont ces entités qui font office d'assurance, via un « échange » (swap) de responsabilités sur le défaut de payement (credit default).
Du coup on se dit que c'est mieux, parce que plus de prêt, plus de croissance, la vie est belle, tout le monde va acheter une Ferrari dès demain.
Mais en fait non. La dilution du risque est en fait un facteur de risque en lui même. Au lieu d'avoir un interlocuteur unique facilement auditable, on a plein de micro interlocuteurs, une traçabilité compliquée, des audits impossibles, des produits financiers illisibles.
Mais au fait un produit saucissonné dans tous les sens, complètement illisible et incompréhensible même par les financiers les plus chevronné et qui menace les ménages, les entreprises, les banques, les États et le système monétaire, ça ne vous rappelle rien ?