N'empêche. Reconnais que pour un français, le vocabulaire de l'espagnol ou de l'italien ou encore du portugais, c'est, heu, comment dire, la même chose. Dans les grandes lignes, le français est plus latin que l'anglais, et l'espagnol idem, et de loin.
Donc si les français devaient apprendre en première langue l'espagnol et pas l'anglais, à part pour les r roulés, et encore (cf les maghrébins qui parlent arabe) on l'aurait beaucoup plus facile. Grâce à notre orthographe archaïsante on a une partie de l'étymologie implicite dans l'écriture même, ce qui fait qu'on maîtrise le "latin" implicitement.
Étant en Allemagne pour l'instant, j'ai comme preuve irréfutable de cette facilité pour les francophones qu'ayant discuté de ce sujet avec un Allemand cette aprèm (coïncidence), il m'a affirmé qu'à ses yeux l'anglais était plus simple que l'espagnol. Ce mec a déjà des notions d'italien et de français, mais l'anglais reste plus simple pour lui. Non seulement parce qu'il l'utilise plus, mais aussi parce que les sons, les mots, la grammaire lui semblent «intuitivement» simples. Les Allemands ont souvent du mal avec nos in, on, ai, en, eu. Ils font qu'à moitié la différence.
Historiquement, s'il y a une différence entre les Français et les Allemands, c'est que les Allemands ne sont jamais fait trop d'illusions sur l'importance au niveau international de leur langue. Ici, dans le métro, les affiches pour les écoles de langue pullulent. Et l'espagnol est souvent number one avec l'anglais. Après il y a le portugais et le français, et les langues plus exotiques comme le russe, le chinois, l'arabe.
En France, on a la facilité d'avoir une langue encore relativement parlée dans le monde. Mal, mais du Nord au Sud de l'Amérique ou de l'Afrique, ça reste une seconde ou troisième langue apprise. Apprise, mais pas pratiquée, à la grosse différence de l'anglais. Le business et la recherche, en sciences dures comme sociales, se font en anglais. D'où d'ailleurs l'invasion des terminologies anglaises dans tous les domaines spécialisés : c'est dans cette langue que se font ou se répandent les innovations.
Parler français, en regard, ça devient plus une coquetterie de personne cultivée qu'une nécessité pour travailler. À part dans les administrations des pays où le français est langue officielle, en Afrique du Nord et de l'Ouest, en Europe occidentale, et au Québec.
Comme notre langue est encore un peu pratiquée, mais de moins en moins, malheureusement pour nous les francophones, parce que sinon on aurait un avantage certain, on a bêtement tendance à moins forcer que les Allemands pour apprendre des langues étrangères. Les pauvres, la leur n'est à peu près pas parlée en dehors de l'Europe.
[^] # Re: Flou, vague, implicite
Posté par paladar . En réponse à la dépêche Est‐il démocratique, adapté et rentable que l’anglais soit la langue internationale ?. Évalué à 2.
N'empêche. Reconnais que pour un français, le vocabulaire de l'espagnol ou de l'italien ou encore du portugais, c'est, heu, comment dire, la même chose. Dans les grandes lignes, le français est plus latin que l'anglais, et l'espagnol idem, et de loin.
Donc si les français devaient apprendre en première langue l'espagnol et pas l'anglais, à part pour les r roulés, et encore (cf les maghrébins qui parlent arabe) on l'aurait beaucoup plus facile. Grâce à notre orthographe archaïsante on a une partie de l'étymologie implicite dans l'écriture même, ce qui fait qu'on maîtrise le "latin" implicitement.
Étant en Allemagne pour l'instant, j'ai comme preuve irréfutable de cette facilité pour les francophones qu'ayant discuté de ce sujet avec un Allemand cette aprèm (coïncidence), il m'a affirmé qu'à ses yeux l'anglais était plus simple que l'espagnol. Ce mec a déjà des notions d'italien et de français, mais l'anglais reste plus simple pour lui. Non seulement parce qu'il l'utilise plus, mais aussi parce que les sons, les mots, la grammaire lui semblent «intuitivement» simples. Les Allemands ont souvent du mal avec nos in, on, ai, en, eu. Ils font qu'à moitié la différence.
Historiquement, s'il y a une différence entre les Français et les Allemands, c'est que les Allemands ne sont jamais fait trop d'illusions sur l'importance au niveau international de leur langue. Ici, dans le métro, les affiches pour les écoles de langue pullulent. Et l'espagnol est souvent number one avec l'anglais. Après il y a le portugais et le français, et les langues plus exotiques comme le russe, le chinois, l'arabe.
En France, on a la facilité d'avoir une langue encore relativement parlée dans le monde. Mal, mais du Nord au Sud de l'Amérique ou de l'Afrique, ça reste une seconde ou troisième langue apprise. Apprise, mais pas pratiquée, à la grosse différence de l'anglais. Le business et la recherche, en sciences dures comme sociales, se font en anglais. D'où d'ailleurs l'invasion des terminologies anglaises dans tous les domaines spécialisés : c'est dans cette langue que se font ou se répandent les innovations.
Parler français, en regard, ça devient plus une coquetterie de personne cultivée qu'une nécessité pour travailler. À part dans les administrations des pays où le français est langue officielle, en Afrique du Nord et de l'Ouest, en Europe occidentale, et au Québec.
Comme notre langue est encore un peu pratiquée, mais de moins en moins, malheureusement pour nous les francophones, parce que sinon on aurait un avantage certain, on a bêtement tendance à moins forcer que les Allemands pour apprendre des langues étrangères. Les pauvres, la leur n'est à peu près pas parlée en dehors de l'Europe.