• [^] # Re: Esperanto...

    Posté par . En réponse à la dépêche Est‐il démocratique, adapté et rentable que l’anglais soit la langue internationale ?. Évalué à 9.

    Bonjour Coid

    Étant espérantiste et programmeur, collaborateur occasionnel aux logiciels libres, permets-moi de répondre à tes questions au demeurant assez pertinentes.

    En ce qui me concerne ce n'est pas le fait qu'il soit le plus parlé que je mettrais en avant, précisément pour la raison que tu as évoquée. Si je soutiens l'espéranto plutôt que d'autres langues construites, c'est bien pour autre chose.

    Tout d'abord il faut mettre à part des langues qui n'ont pas été conçues pour cela : le Klingon, cité par un autre intervenant, ou les langues créées par Tolkien, sont de beaux exercices artistiques, intéressants pour ceux qui aiment les langues, mais je ne crois pas que leurs locuteurs aient eu un jour l'idée d'en faire des concurrents de l'espéranto. On pourrait sans doute leur demander mais je doute qu'ils aient changé d'avis sur ce point.

    Ensuite il y a quelques projets qui en effet sont concurrents de l'espéranto.
    Le volapük, cité plus haut, ne l'est plus vraiment: c'est un peu l'ancêtre, auquel on porte encore un intérêt historique. Mais arrivé moins de dix ans avant l'espéranto, il ne s'est pas fallu plus longtemps pour que tous ses partisans se tournent vers l'espéranto, bien plus facile et maniable. Ceux qui le parlent aujourd'hui sont surtout des historiens espérantistes.
    Parmi les vrais concurrents encore en vie, on trouve notamment interlingua et l'ido. Le premier correspond à une approche radicalement différente sur le plan linguistique: se rapprocher au maximum des langues européennes existantes pour être plus facile. Le problème étant que "plus facile", il l'est peut-être pour un français ou un anglais, mais certainement pas pour un chinois ou un japonais. C'est là la grande force de l'espéranto par rapport à ses concurrents: il reste relativement abordable pour un asiatique ou un hongrois, car si son vocabulaire est principalement indo-européen, sa grammaire ne l'est pas du tout. Au contraire d'interlingua et aussi des diverses tentatives de réforme de l'espéranto (l'ido en est une, de même que celle proposée par Zamenhof en 1894), qui toutes deux sont clairement influencées par les langues européennes: elles peuvent donc paraître plus simples pour un français, mais c'est tout le contraire pour le reste du monde.

    C'est pourquoi, si on se place sur une perspective mondiale plutôt qu'européenne, l'espéranto, sans être parfait, est actuellement le meilleur compromis connu.

    Voila, j'ai essayé de faire le plus court possible parce que nous ne sommes peut-être pas au meilleur endroit pour avoir une telle discussion mais je reste ouvert au débat.