À mon avis, ton raisonnement est complètement faux. Je m'explique.
Ton modèle de «démocratie», c'est la 5è République, dans laquelle le Parlement sert de chambre d'enregistrement et le président et son gouvernement ont tous les pouvoirs réels, et le président n'est responsable devant aucune autre institution. Parfois, on emploie le terme de monarchie élective, et je crois que ça représente bien l'état de la 5è République. Ton raisonnement, c'est de dire, grosso-modo, puisque ça ne marche pas, mettons moins de démocratie. Autrement dit, puisqu'il n'y a pas assez de démocratie, mettons-en moins. Moi, j'ai la conclusion exactement inverse : mettons-en plus !
Les gens (toi, moi, mes voisins, etc) ne sont pas doués ? Éduquons-les (ça ne veut pas dire bourrons leur le crâne), donnons leur les moyens de comprendre les décisions qu'ils auront à prendre, c'est le rôle de l'école, on pourrait permettre aux citoyens de retourner à l'école de temps en temps, pour comprendre les évolutions du monde (techniques, politiques, économiques, sociologiques, etc). La clef, ce n'est pas de retirer le pouvoir à ceux qui l'ont, mais de leur permettre de prendre de meilleure décision, conforme à l'intérêt général et pas à leurs intérêts particuliers.
Quant à la responsabilité pénale et financière des politiques, c'est une connerie majeure. L'effet de bord est que personne ne voudra plus se présenter, et ceux qui se présenteront ne feront rien de peur de faire mal. Bref, l'inaction institutionnalisée. Je préfère des gens qui essaient et qui se trompent plutôt que des inactifs qui regardent le navire couler. Personne n'est parfait, nous faisons tous des erreurs, dans notre travail ou dans notre vie quotidienne, pourquoi les responsables politiques auraient un traitement spécial ? Pourquoi pas les juges alors ? Et puis les responsables d'entreprise ? Et puis on s'arrête où ?
En plus, ce genre de raisonnement a un biais parce qu'il induit l'hypothèse qu'il n'y a qu'une seule bonne manière de faire, et ce n'est jamais le cas. Ça coupe tout débat. Qu'est-ce qui est considéré comme une mauvaise mesure ? Selon les points de vue, ça change, alors qu'est-ce qu'on fait, on vote ? Au final, on en revient toujours à ça. Exemple : Sarkozy baisse les impôts des riches, bonne ou mauvaise mesure ? Pour un gars de droite, certainement une bonne mesure, pour un gars de gauche, certainement une mauvaise mesure.
[^] # Re: Comment choisir ?
Posté par rewind (Mastodon) . En réponse au journal Projet de démocratie participative. Évalué à 4.
À mon avis, ton raisonnement est complètement faux. Je m'explique.
Ton modèle de «démocratie», c'est la 5è République, dans laquelle le Parlement sert de chambre d'enregistrement et le président et son gouvernement ont tous les pouvoirs réels, et le président n'est responsable devant aucune autre institution. Parfois, on emploie le terme de monarchie élective, et je crois que ça représente bien l'état de la 5è République. Ton raisonnement, c'est de dire, grosso-modo, puisque ça ne marche pas, mettons moins de démocratie. Autrement dit, puisqu'il n'y a pas assez de démocratie, mettons-en moins. Moi, j'ai la conclusion exactement inverse : mettons-en plus !
Les gens (toi, moi, mes voisins, etc) ne sont pas doués ? Éduquons-les (ça ne veut pas dire bourrons leur le crâne), donnons leur les moyens de comprendre les décisions qu'ils auront à prendre, c'est le rôle de l'école, on pourrait permettre aux citoyens de retourner à l'école de temps en temps, pour comprendre les évolutions du monde (techniques, politiques, économiques, sociologiques, etc). La clef, ce n'est pas de retirer le pouvoir à ceux qui l'ont, mais de leur permettre de prendre de meilleure décision, conforme à l'intérêt général et pas à leurs intérêts particuliers.
Quant à la responsabilité pénale et financière des politiques, c'est une connerie majeure. L'effet de bord est que personne ne voudra plus se présenter, et ceux qui se présenteront ne feront rien de peur de faire mal. Bref, l'inaction institutionnalisée. Je préfère des gens qui essaient et qui se trompent plutôt que des inactifs qui regardent le navire couler. Personne n'est parfait, nous faisons tous des erreurs, dans notre travail ou dans notre vie quotidienne, pourquoi les responsables politiques auraient un traitement spécial ? Pourquoi pas les juges alors ? Et puis les responsables d'entreprise ? Et puis on s'arrête où ?
En plus, ce genre de raisonnement a un biais parce qu'il induit l'hypothèse qu'il n'y a qu'une seule bonne manière de faire, et ce n'est jamais le cas. Ça coupe tout débat. Qu'est-ce qui est considéré comme une mauvaise mesure ? Selon les points de vue, ça change, alors qu'est-ce qu'on fait, on vote ? Au final, on en revient toujours à ça. Exemple : Sarkozy baisse les impôts des riches, bonne ou mauvaise mesure ? Pour un gars de droite, certainement une bonne mesure, pour un gars de gauche, certainement une mauvaise mesure.