Pour être dans la recherche, je pense qu'il y a un peu de ça, effectivement. Cependant pour clarifier les choses j'observe très peu de fuite des cerveaux de Français par rapport à ce que j'observe pour les Allemands ou surtout les Italiens par exemple. Pour eux avoir un poste à l'étranger ne semble pas poser de problème particulier. En revanche j'ai entendu énormément de Français me sortir quelque chose comme « si je n'ai pas de poste en France, j'arrête la recherche », avec pour justification « tous mes amis et ma famille sont en France » (donc être un geek asocial doit être un avantage :)). Je dois pouvoir compter le nombre de Français travaillant à l'étranger dans mon domaine sur les doigts d'une main. Je cite facilement 2 douzaines d'Italiens sans avoir à me creuser la tête. Évidemment ce n'est que ce que j'observe et ça peut être largement biaisé pour une raison ou pour une autre.
Pour en revenir à la situation française, pour avoir longtemps travaillé aux USA il y a vraiment une différence très flagrante au niveau de l'organisation. Le système français est épouvantablement hiérarchique et c'est le chef qui détient les cordons de la bourse du labo et qui souvent ne se prive pas pour en jouer à son avantage. Aux USA il y a bien des chefs de labo mais avec des pouvoirs limités et qui gèrent un budget très limité qui en gros se limite aux imprimantes, au salaire de l'admin informatique et à l'accueil des conférenciers. Chaque chercheur doit se débrouiller pour obtenir du pognon. Et quand il y arrive, une fraction est redistribuée au labo, ce qui est tout bénef pour tout le monde. Du coup j'ai vu beaucoup moins de drames et de coups de couteau dans le dos.
[^] # Re: pas un problème de fric
Posté par med . En réponse au journal Encore une technologie sensible rachetée par les États-Unis. Évalué à 5.
Pour être dans la recherche, je pense qu'il y a un peu de ça, effectivement. Cependant pour clarifier les choses j'observe très peu de fuite des cerveaux de Français par rapport à ce que j'observe pour les Allemands ou surtout les Italiens par exemple. Pour eux avoir un poste à l'étranger ne semble pas poser de problème particulier. En revanche j'ai entendu énormément de Français me sortir quelque chose comme « si je n'ai pas de poste en France, j'arrête la recherche », avec pour justification « tous mes amis et ma famille sont en France » (donc être un geek asocial doit être un avantage :)). Je dois pouvoir compter le nombre de Français travaillant à l'étranger dans mon domaine sur les doigts d'une main. Je cite facilement 2 douzaines d'Italiens sans avoir à me creuser la tête. Évidemment ce n'est que ce que j'observe et ça peut être largement biaisé pour une raison ou pour une autre.
Pour en revenir à la situation française, pour avoir longtemps travaillé aux USA il y a vraiment une différence très flagrante au niveau de l'organisation. Le système français est épouvantablement hiérarchique et c'est le chef qui détient les cordons de la bourse du labo et qui souvent ne se prive pas pour en jouer à son avantage. Aux USA il y a bien des chefs de labo mais avec des pouvoirs limités et qui gèrent un budget très limité qui en gros se limite aux imprimantes, au salaire de l'admin informatique et à l'accueil des conférenciers. Chaque chercheur doit se débrouiller pour obtenir du pognon. Et quand il y arrive, une fraction est redistribuée au labo, ce qui est tout bénef pour tout le monde. Du coup j'ai vu beaucoup moins de drames et de coups de couteau dans le dos.