Mais du coup je suis surpris que 25% du piratage soit du détournement. Tu as fais comment pour déterminer ce chiffre ?
Au pifomètre total. Je me base sur ma propre expérience de la piraterie, comme je l'ai précisé dans l'article. Mais un vieux loup de mer aura certainement une vision bien plus précise que la mienne.
Quel est la différence ? Tu peut décompiler un binaire, tu peut en extraire tout le contenu multimédia à partir du moment où tu l'exécute. C'est quoi la différence donc ?
Techniquement, tu peux décompiler MS Office, modifier le code à ta guise, le recompiler et faire tourner le binaire sur HaikuOS ? Je ne suis pas expert mais je ne pense pas que les décompilateurs soient suffisamment bons pour résoudre tous les problèmes de l'absence de source.
jamendo respecte le libre arbitre des auteurs, c'est déjà une liberté intéressante (même si tu l'ignore).
Plus ou moins. Certains artistes se sont plaints que Jamendo se réservait le droit de mettre sous CC-BY-SA des œuvres originellement sous LAL. Mais bon là n'est pas le sujet.
Mais comme ce n'est pas parfait tu préfère le rejeter en bloc c'est ton point de vu, mais rejeter jamendo et encenser le piratage c'est avoir une vision de simple consommateur.
Je n'encense pas le piratage, si tu crois ça c'est que tu as une interprétation biaisée de ce que j'ai dit. Oublie mon précédent journal et relis celui-ci, tu constateras que celui-ci est une critique de Jamendo et des Creative Commons, mais pas une critique du monde du libre ni des pirates (encore que le portrait que j'ai fait des pirates ici n'est certes pas une caricature, mais il n'est pas non plus des plus flatteurs).
Quand on parle par exemple du "linux desktop", on ne se penche non pas sur les questions de liberté (parce qu'on sait que le Bidochon moyen n'en a rien à foutre), mais sur les questions de qualité. On réfléchit à qu'est-ce qu'on peut faire pour faire utiliser linux par l'utilisateur lambda, quelles sont les killer-features qu'on peut exploiter, quels sont au contraire les aspects qui peuvent repousser l'utilisateur lambda, etc.
Quand on parle de culture libre, c'est pareil. Si on veut convertir la population à la culture libre, ça ne sert à rien de dire au Bidochon "c'est gratuit, et la HADOPI va pas te couper ton ninternet". Le Bidochon s'en fout, il va sur RapineChère ou sur WawaMafia, il télécharge son film, c'est gratuit, et la HADOPI vient pas lui couper sa connexion.
Si on veut persuader que Jamendo et la culture libre, c'est mieux, sachant qu'on se traîne déjà des casseroles du genre "CC = Cheap and Crappy", il faut :
1) ne pas offrir un service moins bon que ce que propose le piratage, c'est-à-dire :
donner la garantie que l'utilisateur lambda n'aura pas de problèmes juridiques (donc virer de Jamendo les artistes SACEM)
offrir un service qui fonctionne bien techniquement (donc seeder les torrents)
offrir un confort équivalent au piratage (donc proposer les paroles, et ne pas attendre qu'une bonne âme ait bien voulu les recopier à la main sur lyricswiki (essaye donc de transcrire, à l'oreille, une chanson en russe quand tu ne connais pas un mot de russe))
faire en sorte que l'artiste soit visible (une page Jamendo avec au mieux une page Myspace ne me semble pas suffisant pour rapprocher l'artiste et le public (et pour cela aussi BandCamp semble assez intéressant))
2) offrir des killer-features pour démontrer que la musique libre a un intérêt :
offrir le contenu dans des formats ouverts, au cas où ça intéresserait les libristes
offrir un minimum de "sources" lorsque le contenu autorise la modification, au cas où ça intéresserait les musiciens ou simplement les amateurs de remix, de karaoké, etc...
Tant qu'on aura pas ça, il ne faudra pas s'étonner que l'utilisateur lambda boude la culture libre, et continue à promouvoir les artistes au nom desquels on met en place la machine HADOPI au lieu de donner de la visibilité à ceux qui le méritent.
[^] # Re: Ou pas
Posté par gnuzer . En réponse au journal Jamendo, les creative commons et l'hypocrisie de la "culture libre". Évalué à 3.
Au pifomètre total. Je me base sur ma propre expérience de la piraterie, comme je l'ai précisé dans l'article. Mais un vieux loup de mer aura certainement une vision bien plus précise que la mienne.
Techniquement, tu peux décompiler MS Office, modifier le code à ta guise, le recompiler et faire tourner le binaire sur HaikuOS ? Je ne suis pas expert mais je ne pense pas que les décompilateurs soient suffisamment bons pour résoudre tous les problèmes de l'absence de source.
Plus ou moins. Certains artistes se sont plaints que Jamendo se réservait le droit de mettre sous CC-BY-SA des œuvres originellement sous LAL. Mais bon là n'est pas le sujet.
Je n'encense pas le piratage, si tu crois ça c'est que tu as une interprétation biaisée de ce que j'ai dit. Oublie mon précédent journal et relis celui-ci, tu constateras que celui-ci est une critique de Jamendo et des Creative Commons, mais pas une critique du monde du libre ni des pirates (encore que le portrait que j'ai fait des pirates ici n'est certes pas une caricature, mais il n'est pas non plus des plus flatteurs).
Quand on parle par exemple du "linux desktop", on ne se penche non pas sur les questions de liberté (parce qu'on sait que le Bidochon moyen n'en a rien à foutre), mais sur les questions de qualité. On réfléchit à qu'est-ce qu'on peut faire pour faire utiliser linux par l'utilisateur lambda, quelles sont les killer-features qu'on peut exploiter, quels sont au contraire les aspects qui peuvent repousser l'utilisateur lambda, etc.
Quand on parle de culture libre, c'est pareil. Si on veut convertir la population à la culture libre, ça ne sert à rien de dire au Bidochon "c'est gratuit, et la HADOPI va pas te couper ton ninternet". Le Bidochon s'en fout, il va sur RapineChère ou sur WawaMafia, il télécharge son film, c'est gratuit, et la HADOPI vient pas lui couper sa connexion.
Si on veut persuader que Jamendo et la culture libre, c'est mieux, sachant qu'on se traîne déjà des casseroles du genre "CC = Cheap and Crappy", il faut :
1) ne pas offrir un service moins bon que ce que propose le piratage, c'est-à-dire :
2) offrir des killer-features pour démontrer que la musique libre a un intérêt :
Tant qu'on aura pas ça, il ne faudra pas s'étonner que l'utilisateur lambda boude la culture libre, et continue à promouvoir les artistes au nom desquels on met en place la machine HADOPI au lieu de donner de la visibilité à ceux qui le méritent.