Les critères techniques que vous exposez seront nécessairement invérifiables et inconstants. Invérifiables car on ne peut savoir à priori ni quel matériel1 est intervenu dans la démarche de l’artiste, ni ce qu’il en reste. Inconstants car ce matériel varie fortement, même pour des œuvres finales qui pourront être très similaires. Si une écrivain rature, jette ou brûle une partie importante de ses notes (quelqu’en soit la raison) tu vas considérer que son livre final est non libre ? Et celui qui écrit avec très peu de notes ? Autre exemple : un enregistrement musical peut ne se rapporter à aucune partition, tout comme il peut se rapporter à des centaines de partition noircies d’annotations.
Tout ceci va rendre vos critères extrêmement subjectifs. Je préfère nettement prendre le résultat final comme il me parvient, et le qualifier de libre en fonction de ce que je peux légalement faire du résultat final. D’ailleurs, que je sache, les licences libres ne se risquent pas à imposer des contraintes sur la diffusion du matériel qui a aboutit à l’œuvre.
Il appartient ensuite à l’artiste de diffuser tout ce qui a pu servir durant les étapes de créations, mais je mets ça au crédit de la démarche artistique plutôt que libriste. En fait, choisir de ne publier que le résultat final en prenant bien soin de détruire ou de refuser l’accès aux étapes intermédiaires peut très bien se justifier en terme de démarche artistique. Ce choix peut alors être totalement décorrélée avec la démarche libriste d’un artiste. Ce choix peut résulter de considérations artistiques indépendantes d’une « fermeture » supposée de l’artiste. Vient alors un gros problème : potentiellement le mouvement libre ne pourra jamais représenter toute la création artistique.
Après, en tant que public, on peut juger de la démarche d’un artiste et préférer l’artiste qui donne son matériel avec le résultat final. Je ne te contestes pas le choix d’appliquer ce critère. Je te conteste le fait d’en faire un critère lié au mouvement libre. Ceci est un jugement artistique qui n’a et ne devrait rien à voir avec le mouvement libre, y compris dans sa transposition du monde de l’informatique à celui de l’art.
Tandis, que pour un programme le code est nécessaire, on sait, à minima, qu’il existait. Et on sait qu’il n’y a pas de raisons valables à le garder secret, par exemple l’excuse de la sécurité est systématiquement dénoncé comme un prétexte par le mouvement libre, preuve à l’appui que le logiciel peut être libre et résistant.
1 « matériel » dans la variante soutenue du mot : tous les moyens, méthodes ou résultats intermédiaires.
[^] # Re: Blabla
Posté par BB . En réponse au journal Jamendo, les creative commons et l'hypocrisie de la "culture libre". Évalué à 2.
Les critères techniques que vous exposez seront nécessairement invérifiables et inconstants. Invérifiables car on ne peut savoir à priori ni quel matériel1 est intervenu dans la démarche de l’artiste, ni ce qu’il en reste. Inconstants car ce matériel varie fortement, même pour des œuvres finales qui pourront être très similaires. Si une écrivain rature, jette ou brûle une partie importante de ses notes (quelqu’en soit la raison) tu vas considérer que son livre final est non libre ? Et celui qui écrit avec très peu de notes ? Autre exemple : un enregistrement musical peut ne se rapporter à aucune partition, tout comme il peut se rapporter à des centaines de partition noircies d’annotations.
Tout ceci va rendre vos critères extrêmement subjectifs. Je préfère nettement prendre le résultat final comme il me parvient, et le qualifier de libre en fonction de ce que je peux légalement faire du résultat final. D’ailleurs, que je sache, les licences libres ne se risquent pas à imposer des contraintes sur la diffusion du matériel qui a aboutit à l’œuvre.
Il appartient ensuite à l’artiste de diffuser tout ce qui a pu servir durant les étapes de créations, mais je mets ça au crédit de la démarche artistique plutôt que libriste. En fait, choisir de ne publier que le résultat final en prenant bien soin de détruire ou de refuser l’accès aux étapes intermédiaires peut très bien se justifier en terme de démarche artistique. Ce choix peut alors être totalement décorrélée avec la démarche libriste d’un artiste. Ce choix peut résulter de considérations artistiques indépendantes d’une « fermeture » supposée de l’artiste. Vient alors un gros problème : potentiellement le mouvement libre ne pourra jamais représenter toute la création artistique.
Après, en tant que public, on peut juger de la démarche d’un artiste et préférer l’artiste qui donne son matériel avec le résultat final. Je ne te contestes pas le choix d’appliquer ce critère. Je te conteste le fait d’en faire un critère lié au mouvement libre. Ceci est un jugement artistique qui n’a et ne devrait rien à voir avec le mouvement libre, y compris dans sa transposition du monde de l’informatique à celui de l’art.
Tandis, que pour un programme le code est nécessaire, on sait, à minima, qu’il existait. Et on sait qu’il n’y a pas de raisons valables à le garder secret, par exemple l’excuse de la sécurité est systématiquement dénoncé comme un prétexte par le mouvement libre, preuve à l’appui que le logiciel peut être libre et résistant.
1 « matériel » dans la variante soutenue du mot : tous les moyens, méthodes ou résultats intermédiaires.