Si on décompose : «monopole», je suis le seul à pouvoir fixer les conditions de distribution de mon oeuvre; «temporaire», ça ne dure pas éternellement; «sur l'exploitation», pas sur l'idée en elle-même mais sa matérialisation.
Ce que critiquait phxonx (ou ce que j'en ai compris), c'est qu'un pirate viole un contrat fixé par l'auteur. Mais je ne sais pas ce qu'il pense du fait que ce contrat soit "temporaire" : si je décide de mettre des restrictions infinies sur mon œuvre (bien que ça ne soit pas autorisé par la loi), est-ce légitime ou non ?
À l'origine, c'était Beaumarchais qui pestait que les acteurs de la Comédie Française jouent ses pièces sans qu'il soit cité comme auteur et sans qu'il puisse toucher le moindre centime. Il défendait à l'époque le droit d'être reconnu en tant qu'auteur (droit moral) et le fait de pouvoir demander de l'argent, sur une période de temps limité (droit patrimonial).
Effectivement, c'est bien de le rappeler. Je ne suis pas sûr mais il me semble que cela ne concernait que les représentations commerciales, si je ne m'abuse. On avait le droit de faire une représentation gratuite sans payer l'auteur, ou d'imprimer gratuitement une copie du Barbier de Séville sans payer l'auteur. J'ai bon ?
Maintenant, il faut rétablir l'équilibre. Déjà parce qu'on n'est plus au XVIIIè siècle, en ce sens que la matérialisation d'une oeuvre ne coûte plus rien (ou quasiment rien), même si sa production peut coûter (alors qu'avant, c'était le contraire). Ensuite, parce que les nouveaux usages font qu'il est difficile de contrôler l'exploitation de l'oeuvre. Et là, on a deux possibilités : soit on interdit les nouveaux usages (comme le gouvernement actuel veut le faire, bien aidé par les ayant-droit), soit on adapte le droit (comme on le fait généralement dans d'autres matières). Et même, pour moi, les trucs genre licence globale, c'est encore du vieux monde, ça ne permet pas de trouver de nouvelles pistes pour un vrai droit d'auteur moderne. Mais bon, là, on dépasse le débat alors je vais m'arrêter là.
Je suis d'accord avec le fond, mais pas la façon dont tu le dis. Il ne s'agit pas de rétablir l'équilibre (c'est-à-dire de garder un système similaire à celui qu'on a aujourd'hui, en le rendant aussi équitable qu'il était au XVIIIème siècle), mais de trouver un nouvel équilibre. Il ne s'agit pas d'imposer un prix plus juste à chaque copie, mais de ne plus imposer de prix à chaque copie.
Des propositions de solutions, il y en a plein : licence globale, mécénat global, crowfunding, dons, dividende universel. rom1v parle de licence globale dans le second texte, mais il a changé d'avis entre temps, d'où l'intérêt du texte donné plus haut (où il parle de dividende universel).
[^] # Re: Propriété d'une idée = OSEF
Posté par gnuzer . En réponse au journal Non-confession d'un flibustier. Évalué à 2.
Ce que critiquait phxonx (ou ce que j'en ai compris), c'est qu'un pirate viole un contrat fixé par l'auteur. Mais je ne sais pas ce qu'il pense du fait que ce contrat soit "temporaire" : si je décide de mettre des restrictions infinies sur mon œuvre (bien que ça ne soit pas autorisé par la loi), est-ce légitime ou non ?
Effectivement, c'est bien de le rappeler. Je ne suis pas sûr mais il me semble que cela ne concernait que les représentations commerciales, si je ne m'abuse. On avait le droit de faire une représentation gratuite sans payer l'auteur, ou d'imprimer gratuitement une copie du Barbier de Séville sans payer l'auteur. J'ai bon ?
Je suis d'accord avec le fond, mais pas la façon dont tu le dis. Il ne s'agit pas de rétablir l'équilibre (c'est-à-dire de garder un système similaire à celui qu'on a aujourd'hui, en le rendant aussi équitable qu'il était au XVIIIème siècle), mais de trouver un nouvel équilibre. Il ne s'agit pas d'imposer un prix plus juste à chaque copie, mais de ne plus imposer de prix à chaque copie.
Des propositions de solutions, il y en a plein : licence globale, mécénat global, crowfunding, dons, dividende universel. rom1v parle de licence globale dans le second texte, mais il a changé d'avis entre temps, d'où l'intérêt du texte donné plus haut (où il parle de dividende universel).