C'est vrai, mais quand une organisation (disons par exemple la FNAC, Virgin, ou Universal...) a des amis bien placés au gouvernement et qu'elle peut par cette entremise sensibiliser les patrons des élus (et les élus eux-mêmes) à la dure vie des disquaires multi-spécialistes, de la création de « produits musicaux », et qu'au final lesdits patrons reconnaissent que décidément, 50 ans après la mort de l'auteur, ce n'est pas assez, et que 70 ans c'est bien mieux, je me pose des questions sur les armes qui restent au simple citoyen (qui peut, soit dit en passant, être lui aussi un artiste) pour lutter.
Ah ben y'a un truc simple: quand les puissants proposent des choses (bouffe, toit, ou tout bêtement chanson pourrie de Britney Spears ou enregistrement HD d'un concerto de Bach pour violon) à des prix ou conditions déraisonnables, la seule arme du peuple c'est la révolte ou la désobéissance civile.
Individuellement, les gens du peuple ont moins de pouvoir que les gens du gouvernement. Collectivement, ils peuvent faire bouger les choses, tout simplement en refusant d'appliquer des lois injustes. La différence, c'est que pour le moment, il n'est pas nécessaire de se regrouper sous un nom commun pour faire front, car tout un chacun peut télécharger depuis chez lui.
Enfin, je sais, c'est un argument éculé, mais j'aime bien le ressortir de temps à autres : quand j'ai découvert Napster il y a plus de 10 ans, j'étais un ado sans sous, mais avec une connexion internet illimitée via le câble. J'ai du coup téléchargé des dizaines d'heures de chanson de groupes que je connaissais déjà ou dont j'avais entendu parler par des amis. Et je maintiens que lesdits artistes n'ont jamais perdu un centime avec moi, car je n'avais pas les moyens de leur payer quoi que ce soit. Mieux, cet accès « gratuit » m'a permis de connaître tout un tas de morceaux (ainsi que leurs auteurs) qui sans cela n'auraient pas fini dans ma discothèque1 (parce que oui, je paye la majorité de ma musique, désormais, quand elle n'est pas libre — et elle l'est peu souvent — parce que maintenant j'ai les sous pour le faire).
Donc voilà, j'assume. Il m'arrive de copier de la musique (bouuuuuh), des films (bouuuuuh), des BD (BOUUUUUUH), tout ça. Et à côté de ça, je manque de place pour caser toutes les BD, tous les bouquins, les CD, DVD, etc., que j'ai payés en 10-15 ans. Bref: j'attends ENCORE qu'on me démontre que le « piratage » est nuisible aux artistes en général. Ah oui, et parfois, avant même Internet, je copiais depuis une cassette ou un CD ! Mais quelle graine de délinquant je fais ! Ah pardon, on me fait signe dans l'oreillette que ça c'est autorisé, parce que ... parce que quoi au fait ?
[1] Par exemple : sans les mp3, je n'aurais jamais entendu parler des VRP, des Nonnes Tropos, de Tori Amos, de Nine Inch Nails, Grip inc, et beaucoup, BEAUCOUP d'autres.
[^] # Re: Il y a un point que tu ne sembles pas avoir compris
Posté par lasher . En réponse au journal Non-confession d'un flibustier. Évalué à 10.
C'est vrai, mais quand une organisation (disons par exemple la FNAC, Virgin, ou Universal...) a des amis bien placés au gouvernement et qu'elle peut par cette entremise sensibiliser les patrons des élus (et les élus eux-mêmes) à la dure vie des disquaires multi-spécialistes, de la création de « produits musicaux », et qu'au final lesdits patrons reconnaissent que décidément, 50 ans après la mort de l'auteur, ce n'est pas assez, et que 70 ans c'est bien mieux, je me pose des questions sur les armes qui restent au simple citoyen (qui peut, soit dit en passant, être lui aussi un artiste) pour lutter.
Ah ben y'a un truc simple: quand les puissants proposent des choses (bouffe, toit, ou tout bêtement chanson pourrie de Britney Spears ou enregistrement HD d'un concerto de Bach pour violon) à des prix ou conditions déraisonnables, la seule arme du peuple c'est la révolte ou la désobéissance civile.
Individuellement, les gens du peuple ont moins de pouvoir que les gens du gouvernement. Collectivement, ils peuvent faire bouger les choses, tout simplement en refusant d'appliquer des lois injustes. La différence, c'est que pour le moment, il n'est pas nécessaire de se regrouper sous un nom commun pour faire front, car tout un chacun peut télécharger depuis chez lui.
Enfin, je sais, c'est un argument éculé, mais j'aime bien le ressortir de temps à autres : quand j'ai découvert Napster il y a plus de 10 ans, j'étais un ado sans sous, mais avec une connexion internet illimitée via le câble. J'ai du coup téléchargé des dizaines d'heures de chanson de groupes que je connaissais déjà ou dont j'avais entendu parler par des amis. Et je maintiens que lesdits artistes n'ont jamais perdu un centime avec moi, car je n'avais pas les moyens de leur payer quoi que ce soit. Mieux, cet accès « gratuit » m'a permis de connaître tout un tas de morceaux (ainsi que leurs auteurs) qui sans cela n'auraient pas fini dans ma discothèque1 (parce que oui, je paye la majorité de ma musique, désormais, quand elle n'est pas libre — et elle l'est peu souvent — parce que maintenant j'ai les sous pour le faire).
Donc voilà, j'assume. Il m'arrive de copier de la musique (bouuuuuh), des films (bouuuuuh), des BD (BOUUUUUUH), tout ça. Et à côté de ça, je manque de place pour caser toutes les BD, tous les bouquins, les CD, DVD, etc., que j'ai payés en 10-15 ans. Bref: j'attends ENCORE qu'on me démontre que le « piratage » est nuisible aux artistes en général. Ah oui, et parfois, avant même Internet, je copiais depuis une cassette ou un CD ! Mais quelle graine de délinquant je fais ! Ah pardon, on me fait signe dans l'oreillette que ça c'est autorisé, parce que ... parce que quoi au fait ?
[1] Par exemple : sans les mp3, je n'aurais jamais entendu parler des VRP, des Nonnes Tropos, de Tori Amos, de Nine Inch Nails, Grip inc, et beaucoup, BEAUCOUP d'autres.