• [^] # Re: Du concret !

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Petit état de l'art de (quelques aspects de) la messagerie instantanée. Évalué à 9.

    Je ne saurais répondre à la première question. Je ne compare pas beaucoup les clients dernièrement.
    Note que j'essaie de préparer un évènement interopérabilité qui permettra de tester massivement (avec l'aide d'utilisateurs et la collaboration des développeurs) les clients. Le but d'un tel évènement n'est pas de montrer du doigt ou de trouver un "gagnant" mais de trouver ce qui ne va pas dans les implémentations actuelles, de rassembler de l'information de debug massivement sur des environnements hétérogènes (les utilisateurs aléatoires du monde) et de les corriger. Néanmoins ça permettra quand même de voir les implémentations qui se comportent le mieux. Ensuite faut arriver surtout à motiver les diverses équipes de clients, puis organiser cela, etc. En gros ce sera pas avant quelques mois. Si jamais ça se fait, je ferai une news sur linuxfr.

    Pour OPUS, aucune idée non plus, mais au hasard, je dirais "personne". C'est extrêmement récent. Si tu regardes la spéc, le brouillon le plus ancien date d'octobre 2010 (et si tu remontes dans des brouillons d'autres propositions liées, c'est à peine plus vieux, mi 2010). OPUS se base sur SILK contribué par Skype et CELT de xiph.org. L'un comme l'autre sont à l'état de brouillons IETF également (les deux ayant leurs premières versions en début 2010). Et le tout est activement modifié. C'est donc une spéc instable d'un codec, basée elle-même sur plusieurs codecs, eux-même instable, le tout en plein développement.
    En gros, on peut utiliser ces spécifications pour commencer à développer, faire des tests, s'émerveiller du futur, mais il ne faut pas considérer cela comme stable et surtout pas dans un espoir d'interopérabilité immédiate en espérant que deux implémentations différentes seront compatibles.

    Mais je ne dis pas ça pour dissuader quiconque de commencer à implémenter, hein. Les premières implémentations/expérimentations essuient certes les plâtres, mais aussi permettent d'avancer le plus rapidement l'écriture de spécs et aussi d'améliorer ces dernières qualitativement (en pratique, on tombe tjrs sur des choses auxquels on ne pense pas si on se limite à de la réflexion théorique).

    Aussi même si OPUS est créé dans une optique ouverte (car IETF) et qu'il n'y a donc pas à douter que la version finale sera libre de brevets, il semblerait qu'il y ait eu des réclamations de brevet logiciel sur le brouillon d'OPUS actuel (déjà!), comme je l'ai dit dans la dépêche. Donc déjà ça peut prendre du temps avant de démêler tout cela, d'autre part, ça peut être une raison majeure pour changer certaines parties d'une spéc (ça dépend de chacun, mais parfois il est plus simple de contourner les difficultés, surtout certaines aussi débiles que les brevets, que de se battre contre des moulins).

    Note: la liste des IPR (Intellectual Property Rights) d'OPUS est où on voit que Broadcom, Skype et Xiph.org abandonnent leur droit de poursuivre (pour violation de brevet) pour cette spéc (si je lis bien). A priori le seul IPR agressif est celui de Qualcomm, qui dit «Reasonable and Non-Discriminatory License to All Implementers with Possible Royalty/Fee.»

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]