La mobilité ça peut prendre en compte beaucoup de choses : la géographie mais également la capacité à changer de métier. Le fait est qu'historiquement les ouvriers qualifiés étaient assez fortement spécialisés. Ce n'est plus autant le cas avec les méthodes de formation contemporaine. Néanmoins, rien n'indique que les types d'ouvriers actuellement au chômage sont ceux dont on aurait besoin en cas de réindustrialisation. De même, rien n'indique que ces industries qui reviendraient s'installeraient pile dans les zones géographiques qui vont bien. Même si ça peut faire logiquement partie des critères de décision, ça peut être contrebalancé par les infrastructures (transport, énergie) ou la fiscalité. Et encore une fois rien n'indique que tout ceci arriverait en France puisque pour reprendre le sujet initial, on parle de protectionnisme européen. Aux USA (puisqu'ils ont été pris en exemple), il y a un très bon exemple qui est le déplacement progressif de Boeing de l'état de Washington vers les états du sud-est. On a beau être dans une même union économique ça n'empêche pas de se tirer la bourre entre états.
Par ailleurs pour ce qui est des délocalisations, c'est un processus qui a été relativement long et incrémental, qui a commencé par les métiers peu qualifiés (sauf dans certaines zones comme l'Europe de l'Est où la main d'oeuvre était plutôt bien qualifiée et très mobile) avant d'évoluer vers plus de compétences. S'il devait y avoir une réindustrialisation suite à la mise en place d'un outil fiscal (taxes supplémentaires pour les biens à l'entrée de l'Union), l'effet serait immédiat sur les prix sans que les usines aient suivies aussi vite.
Je voudrais citer des sources pour appuyer mon propos mais la littérature est tellement énorme sur le sujet que je me contenterai de recommander de consulter les études de l'INSEE sur les métiers en tension et les métiers industriels. Un autre fait intéressant qu'on trouve dans ces études et que je n'ai pas vu discuté : le secteur industriel est effectivement en net recul depuis 30 ans mais les métiers industriels eux sont à peu près stables. De nos jours, il y a plus de métiers industriels dans le tertiaire. Alors a-t-on réellement besoin de réindustrialisation ?
[^] # Re: mouais
Posté par vjm . En réponse au journal 75 % des français sont favorables au protectionnisme Européen. Évalué à 3.
La mobilité ça peut prendre en compte beaucoup de choses : la géographie mais également la capacité à changer de métier. Le fait est qu'historiquement les ouvriers qualifiés étaient assez fortement spécialisés. Ce n'est plus autant le cas avec les méthodes de formation contemporaine. Néanmoins, rien n'indique que les types d'ouvriers actuellement au chômage sont ceux dont on aurait besoin en cas de réindustrialisation. De même, rien n'indique que ces industries qui reviendraient s'installeraient pile dans les zones géographiques qui vont bien. Même si ça peut faire logiquement partie des critères de décision, ça peut être contrebalancé par les infrastructures (transport, énergie) ou la fiscalité. Et encore une fois rien n'indique que tout ceci arriverait en France puisque pour reprendre le sujet initial, on parle de protectionnisme européen. Aux USA (puisqu'ils ont été pris en exemple), il y a un très bon exemple qui est le déplacement progressif de Boeing de l'état de Washington vers les états du sud-est. On a beau être dans une même union économique ça n'empêche pas de se tirer la bourre entre états.
Par ailleurs pour ce qui est des délocalisations, c'est un processus qui a été relativement long et incrémental, qui a commencé par les métiers peu qualifiés (sauf dans certaines zones comme l'Europe de l'Est où la main d'oeuvre était plutôt bien qualifiée et très mobile) avant d'évoluer vers plus de compétences. S'il devait y avoir une réindustrialisation suite à la mise en place d'un outil fiscal (taxes supplémentaires pour les biens à l'entrée de l'Union), l'effet serait immédiat sur les prix sans que les usines aient suivies aussi vite.
Je voudrais citer des sources pour appuyer mon propos mais la littérature est tellement énorme sur le sujet que je me contenterai de recommander de consulter les études de l'INSEE sur les métiers en tension et les métiers industriels. Un autre fait intéressant qu'on trouve dans ces études et que je n'ai pas vu discuté : le secteur industriel est effectivement en net recul depuis 30 ans mais les métiers industriels eux sont à peu près stables. De nos jours, il y a plus de métiers industriels dans le tertiaire. Alors a-t-on réellement besoin de réindustrialisation ?