• [^] # Re: Aveuglement

    Posté par . En réponse au journal Énergie nucléaire et bon sens. Évalué à 1.

    Oui, il y a bien un aveuglement général, face au nucléaire en particulier.

    Ca coûte très cher à la construction, ça coûte très cher à l'entretien et ça coûte très cher au démantèlement.
    Et j'oublie le avant (l'extraction de l'uranium) et le après (les déchets).

    Reprenons point par point avec une morgue et un cynisme à peine exagérés :
    - La construction, ben faut bien fabriquer de l'électricité, et puis on trouvera toujours des cons... tribuables pour payer l'argent que l'état aura dépensé pour permettre à une entreprise privée de fabriquer le courant qu'elle pourra revendre avec un gros bénéfice au plus grand profit de ses actionnaires.
    - L'entretien... ah mais ce sont des entreprises privées qui s'en occupent et qui sous-traite... alors vous savez, ça ne coûte pas grand chose
    - Le démantèlement, on s'en fout, l'opinion n'est pas au courant. Sinon, se référer au premier point
    - L'extraction. Pas grave, ça coûte pas grand chose vu que ça se passe pas chez nous. C'est ds des pays où la main d'oeuvre est pas chère et pas regardante sur les conditions de travail
    - Les déchets...
    1. On trouvera un jour une solution pour les réutiliser (ça fait au moins 50 ans qu'on le dit))
    2. On va les enfouir et les oublier... Dans 3 ou 4 générations, personne ira se plaindre
    3. Il y a bien des pays où ça posera pas de problème... on a quelques dictatures amies et redevables

    Plus sérieusement comment peut-on imaginer baser l'avenir de l'humanité sur une technologie qui est
    1. Une énergie fossile
    Eh oui... l'uranium sera lui aussi épuisé un jour. Et on va sûrement pas forer jusqu'au noyau pour en trouver !
    2. Incontrôlable et dont les conséquences sont elles même incontrôlables et quasiment impossibles à quantifier, y compris financièrement en cas de problème
    3. Très facilement détournable à des fins militaires
    A tel point qu'il s'agit aussi d'une technologie autour de laquelle traine un parfum de secret militaire et d'omerta digne de la pire des mafia.
    4. Coûteuse, extrêmement coûteuse pour nous et les générations futures
    5. Incompatible avec la démocratie, et la production locale d'énergie, et donc la minimisation des distances de transport de cette énergie. Or plus le transport est long, plus on perd de l'énergie.

    Ca ressemble fort à un crime contre l'humanité !

    Alors, oui, pour l'instant, ça nous permet d'éviter de brûler du charbon, donc ça limite le CO2, et donc ça limite les émissions de gaz à effet de serre.
    Mais si on commençait par éviter de trimballer des pots de yaourts sur plusieurs milliers de km, ou à bouffer des moutons néo-zélandais en France, on diminuerait drastiquement les pollutions dues au transport !
    Parce que l'énergie la moins coûteuse, c'est celle que l'on ne consomme pas. Même NKM dit ça !

    Ensuite, il va bien falloir un jour passer à autre chose. On ne peut pas vivre avec une telle épée de Damoclès au dessus de la tête, et de toutes façons l'uranium finira par manquer.
    Donc, l'idée d'enclencher une révolution verte n'est peut-être pas tout à fait débile ni utopique. N'en déplaise aux ultra conservateurs de tout poil.
    Il faut juste le faire maintenant, tant qu'on a (encore ?) le temps d'évoluer et de s'adapter tout en conservant un mode de vie agréable.
    Evidemment, on ne va pas se passer de pétrole et d'uranium d'ici 10ans, ça serait me semble-t-il crétin de penser ça. Ou alors, retour à la case caverne !
    Mais investir massivement dans des technologies d'avenir, non porteuses de mort ou de totalitarisme (oui, je le redis autrement, le nucléaire est une technologie totalitaire), me semble être la seule issue raisonnable pour les citoyens.
    Ca suppose certainement de répartir autrement l'argent publique, et d'arrêter de financer des projets pharaoniques du genre ITER... Vous vous souvenez du surgénérateur Phoenix... ben celui là, il n'est pas ressuscité de ses cendres !

    Ce n'est évidemment pas l'avis des actionnaires des multinationales, ni de ceux qui leur mangent dans la main, ne fussent que quelques miettes.