Ça tombe bien que je ne sois pas assez notable pour qu’on m’ait posé ces questions : je ne trouve pas grand chose d’intéressant à y répondre.
C’est quand même l’occasion de repenser à l’évolution de LinuxFr et du monde qui va avec.
Comme moteur, le site est passé de DaCode à Templeet, puis maintenant à RoR.
J’aimais bien la version DaCode, mais je ne regrette pas tellement la version Templeet (même si on lui doit une amélioration des performances) : c’était une regression au niveau des possibilités, puisqu’on ne pouvait même pas poster simplement un bout de code.
La dernière version permet à nouveau cela, et même de mettre des liens, comme sur le web !
Il n’y a que l’ignoble syntaxe Markdown (la seule syntaxe de wiki ou de forum à laquelle j’aie eu affaire jusqu’ici qui me fasse regretter le HTML) qui me retient d’être vraiment enthousiaste.
Au niveau de l’environnement, à l’époque de la création du site, le monde des logiciels libres donnait encore l’impression d’un monde neuf.
Maintenant, il est beaucoup plus abouti. D’un côté, c’est très bien, parce qu’on a les logiciels dont on a besoin (souvenons-nous de l’époque où c’était déjà miraculeux d’avoir un navigateur web même pas libre qui voulait bien tourner sur notre système). D’un autre côté, c’est un peu moins passionnant : l’annonce de la sortie d’un logiciel pour entreprise tellement pointu qu’on ne comprend même pas à quoi il sert, ça confirme la maturité du monde des logiciels libres, mais ça ne fait pas « triper ».
Le truc le plus marquant que je me rappelle avoir appris sur LinuxFr, c’est le 11 septembre, c’était à peine concevable. Par contre, je n’ai pas bien vu en quoi un deuil mondial était indispensable, alors que pour la même quantité de morts, si ce sont des soudanais, tout le monde s’en fout. Et le monde a beaucoup changé depuis : la « lutte contre le terrorisme » a permis de justifier plusieurs guerres et un recul des libertés et du respect de la vie privée dans le monde occidental.
Sinon, d’ici à ce que LinuxFr ait 26 ans, il faudra peut-être penser à ajouter une rubrique nécrologique (concernant les visiteurs inscrits).
En fait, quand on y pense, à part en ce qui concerne les gens connus, la mort n’existe pas dans le monde virtuel, juste la disparition : plus de nouvelles traces et l’effacement ou l’ensevelissement plus ou moins progressifs de celles qu’on avait laissées.
« Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone
# Retour sur le passé
Posté par Arthur Accroc . En réponse à la dépêche 13 ans de LinuxFr.org : entretiens avec les visiteurs (2). Évalué à 8.
Ça tombe bien que je ne sois pas assez notable pour qu’on m’ait posé ces questions : je ne trouve pas grand chose d’intéressant à y répondre.
C’est quand même l’occasion de repenser à l’évolution de LinuxFr et du monde qui va avec.
Comme moteur, le site est passé de DaCode à Templeet, puis maintenant à RoR.
J’aimais bien la version DaCode, mais je ne regrette pas tellement la version Templeet (même si on lui doit une amélioration des performances) : c’était une regression au niveau des possibilités, puisqu’on ne pouvait même pas poster simplement un bout de code.
La dernière version permet à nouveau cela, et même de mettre des liens, comme sur le web !
Il n’y a que l’ignoble syntaxe Markdown (la seule syntaxe de wiki ou de forum à laquelle j’aie eu affaire jusqu’ici qui me fasse regretter le HTML) qui me retient d’être vraiment enthousiaste.
Au niveau de l’environnement, à l’époque de la création du site, le monde des logiciels libres donnait encore l’impression d’un monde neuf.
Maintenant, il est beaucoup plus abouti. D’un côté, c’est très bien, parce qu’on a les logiciels dont on a besoin (souvenons-nous de l’époque où c’était déjà miraculeux d’avoir un navigateur web même pas libre qui voulait bien tourner sur notre système). D’un autre côté, c’est un peu moins passionnant : l’annonce de la sortie d’un logiciel pour entreprise tellement pointu qu’on ne comprend même pas à quoi il sert, ça confirme la maturité du monde des logiciels libres, mais ça ne fait pas « triper ».
Le truc le plus marquant que je me rappelle avoir appris sur LinuxFr, c’est le 11 septembre, c’était à peine concevable. Par contre, je n’ai pas bien vu en quoi un deuil mondial était indispensable, alors que pour la même quantité de morts, si ce sont des soudanais, tout le monde s’en fout. Et le monde a beaucoup changé depuis : la « lutte contre le terrorisme » a permis de justifier plusieurs guerres et un recul des libertés et du respect de la vie privée dans le monde occidental.
Sinon, d’ici à ce que LinuxFr ait 26 ans, il faudra peut-être penser à ajouter une rubrique nécrologique (concernant les visiteurs inscrits).
En fait, quand on y pense, à part en ce qui concerne les gens connus, la mort n’existe pas dans le monde virtuel, juste la disparition : plus de nouvelles traces et l’effacement ou l’ensevelissement plus ou moins progressifs de celles qu’on avait laissées.
« Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone