Je n'ai pas étudié les autres paradigmes SMA parce que j'ai une certaine attirance pour le BDI qui est très intéressant pour modéliser un agent un peu con, genre le grunt de Warcraft III.
BDI représente assez bien le modèle de comportement d'un humanoïde qui applique bêtement des ordres et des règles. J'ai l'autre jour passé quelques dizaines de minutes à observer des intérimaires sur une chaîne logistique, et bien que ce soit très cynique de dire ça, tu te rends compte que le BDI est parfaitement adapté pour décrire leur comportement (pour continuer dans le cynisme, la personne qui a mis au point l'organisation de cette chaîne logistique m'expliquait que ces intérimaires avaient horreur de devoir réfléchir).
Alors effectivement, en partant d'un langage BDI, où on va naïvement décrire l'agent et son comportement on risque de tomber sur de gros problèmes d'effet SMA où on aura des comportement émergents non prévus.
C'est donc un peu le but des recherches du type sur lesquelles tu travailles de mettre au point des méthodes pour pouvoir gérer ce problème;
Pour le reste, je me met dans la perspective où un langage de type BDI serait candidat à devenir un langage pour écrire des logiciels de gestion, des sites webs, etc... Le but n'est plus de simuler des fourmilières, mais de se placer sur le domaine des "machine de Turing améliorées".
Dans ce contexte, il faut analyser la population potentiellement visée.
Je ne sais pas si tu as déjà travaillé en SSII, mais si tu y traînes un peu tes guettres, tu verras que le panurgisme des ingénieurs est inversement proportionnel à leur niveau de compréhension des concepts de base. Faut voir à quel point ils maîtrisent mal des notions de base tel que l'héritage. Faut les voir s'extasier devant l'AOP à la Spring, qui est surement une (très) légère amélioration sur le plan du génie logiciel, mais qu'ils conçoivent comme une révolution géniale dans leur monde conceptuel étriqués.
Dans une population comme celle là, il s'agit de leur faire avaler le saut conceptuel de l'agent à l'objet, et de préserver ce qui est la pierre angulaire de l'acceptation de cette technologie : le déterminisme.
L'indéterminisme est inacceptable dans l'industrie logicielle, et ils auront bien plus l'impression de gérer le risque de l'indéterminisme avec des agents dont le comportement est hyper cadré, qu'avec des SMA où on fait émerger le comportement recherché.
Je pense que les approches dont tu parles seront l'étape suivante, mais à cette époque, on approchera de l'age de la retraite (qu'on aura pas).. ;-)
« Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker
[^] # Re: Paradigme SMA
Posté par Ontologia (site web personnel) . En réponse au journal Des paradigmes alternatifs. Évalué à 5.
Tu pointes un problème fondamental.
Je n'ai pas étudié les autres paradigmes SMA parce que j'ai une certaine attirance pour le BDI qui est très intéressant pour modéliser un agent un peu con, genre le grunt de Warcraft III.
BDI représente assez bien le modèle de comportement d'un humanoïde qui applique bêtement des ordres et des règles. J'ai l'autre jour passé quelques dizaines de minutes à observer des intérimaires sur une chaîne logistique, et bien que ce soit très cynique de dire ça, tu te rends compte que le BDI est parfaitement adapté pour décrire leur comportement (pour continuer dans le cynisme, la personne qui a mis au point l'organisation de cette chaîne logistique m'expliquait que ces intérimaires avaient horreur de devoir réfléchir).
Alors effectivement, en partant d'un langage BDI, où on va naïvement décrire l'agent et son comportement on risque de tomber sur de gros problèmes d'effet SMA où on aura des comportement émergents non prévus.
C'est donc un peu le but des recherches du type sur lesquelles tu travailles de mettre au point des méthodes pour pouvoir gérer ce problème;
Pour le reste, je me met dans la perspective où un langage de type BDI serait candidat à devenir un langage pour écrire des logiciels de gestion, des sites webs, etc... Le but n'est plus de simuler des fourmilières, mais de se placer sur le domaine des "machine de Turing améliorées".
Dans ce contexte, il faut analyser la population potentiellement visée.
Je ne sais pas si tu as déjà travaillé en SSII, mais si tu y traînes un peu tes guettres, tu verras que le panurgisme des ingénieurs est inversement proportionnel à leur niveau de compréhension des concepts de base. Faut voir à quel point ils maîtrisent mal des notions de base tel que l'héritage. Faut les voir s'extasier devant l'AOP à la Spring, qui est surement une (très) légère amélioration sur le plan du génie logiciel, mais qu'ils conçoivent comme une révolution géniale dans leur monde conceptuel étriqués.
Dans une population comme celle là, il s'agit de leur faire avaler le saut conceptuel de l'agent à l'objet, et de préserver ce qui est la pierre angulaire de l'acceptation de cette technologie : le déterminisme.
L'indéterminisme est inacceptable dans l'industrie logicielle, et ils auront bien plus l'impression de gérer le risque de l'indéterminisme avec des agents dont le comportement est hyper cadré, qu'avec des SMA où on fait émerger le comportement recherché.
Je pense que les approches dont tu parles seront l'étape suivante, mais à cette époque, on approchera de l'age de la retraite (qu'on aura pas).. ;-)
« Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker