• [^] # Re: linuxo-centré.

    Posté par . En réponse au journal systemd est un "bloat". Évalué à 10.

    Mouais, ça change pas grand-chose d'avoir le code source, ici...

    Ce n'est pas en ayant le code source des fonctionnalités du noyau Linux abondamment utilisées par systemd que l'on va facilement pouvoir les implémenter dans les noyaux BSD, par exemple (rien que pour des raisons de licence). Alors, on dit plus haut que Lennart ne met pas de couteau sous la gorge, OK, mais il y a aussi la question de pouvoir faire autrement, à long terme.

    Le problème, selon moi, c'est qu'un composant utilisé par les distributions les plus populaires (Fedora, Ubuntu...) devient rapidement un standard de fait. Par exemple, Slackware fait quand même quelques choix très marqués (pas de Gnome, pas de PAM, pas de PulseAudio, un init BSD-like), et, de l'aveu même de Pat, les choses deviennent de plus en plus compliquées à maintenir comme ça.
    Par exemple, Policykit est dépendant de PAM, à la base. Il a fallu qu'un contributeur développe une solution (basée sur shadow) pour que ça puisse marcher avec Slackware. Solution qui a été en partie reprise par OpenBSD, qui ne veut pas non plus de PAM. Un autre exemple : Chrome, qui veut aussi des bouts de PAM et de Gnome. Encore un autre exemple : Xfce 4.8, pour lequel certaines fonctionnalités ont en partie disparu pour les BSD.

    Un autre exemple encore : bash. C'est est le shell par défaut sur la majorité des distributions Linux, donc beaucoup de gens, inconsciemment, partent du principe que tous les shells se comportent comme bash. Cela est surtout intensifié par le fait que, même lancé en tant que /bin/sh, bash accepte encore des fonctionnalités qui lui sont propres. Du coup, le nombre de scripts (avec le shebang #!/bin/sh) remplis de bashismes est monstrueux.

    Moi, je suis bien content de l'init BSD-like de ma Slackware. Je le trouve tout simple (y a pas whatmille niveaux de liens symboliques, c'est du bourne shell, les scripts ne font pas des kilomètres, bref : c'est humainement utilisable). En plus, pour peu qu'on le fasse utiliser dash et awk plutôt que des cut | rev | tr | rev | sed, ça me fait un temps de démarrage d'environ 15 secondes, ce que je trouve tout à fait acceptable (malheureusement, Pat est plutôt frileux à accepter ces changements).
    Mais je n'aimerais pas que l'on parte dans une homogénéité totale des différents Linux et *BSD. La diversité, c'est bien, et pour moi, la liberté de choisir devrait être une des libertés fondamentales.

    A force de vouloir faire de Linux un Windows gratuit, j'ai bien peur de finir par avoir un truc aussi frustrant à utiliser. De toutes façons, je pense que vouloir rendre Linux prêt pour le desktop est voué à l'échec de par le fait du modèle du bazar (qui fait qu'il y aura toujours quelqu'un pour être insatisfait et lancer son propre truc) : échec soit par le fait que ça n'arrivera jamais (parce que c'est difficile de concilier tout ce bazar, justement, avec tout le monde qui fait son truc à sa façon dans son coin), ou alors parce que le résultat aura largement perdu en qualité. Je pense que si on veut avoir un système un minimum "prêt pour le desktop", il faut quand même avoir un ensemble assez homogène, et donc il y a un moment où il faut imposer ses choix à l'utilisateur qui perd alors une bonne partie de sa liberté de faire ce qu'il veut sur sa machine, ce que je ne souhaite pas, personnellement (par contre je trouve que ça décrit bien Mac OS — mais ça ne pose pas de problème aux fanboys puisqu'ils trouveront toujours parfait ce qu'Apple les autorise à faire... pas bête le Steve).
    Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'efforts d'uniformisation à faire (c'est vrai qu'il ne s'est pas passé grand-chose ces 10 dernières années à ce niveau-là, comparé aux changements qui sont survenus), mais il ne faut pas partir dans l'excès "UNIX = GNU/Linux Fedora/Ubuntu".

    Je ne critique pas tout ce qu'à pu faire Lennart ; ça sert à rien et puis il y a certaines de ses idées qui me plaisent (ce qu'il propose sur l'uniformisation des fichiers de configuration de base, par exemple — surtout qu'il propose des noms de fichiers très UNIX : courts, logiques et simples), mais bon, généralement je me porte mieux en n'installant pas ses projets sur ma machine, et j'aimerais pouvoir continuer à le faire pendant encore un bon moment.

    a systems programmer has seen the terrors of the world and understood the intrinsic horror of existence