• [^] # Re: Article nul

    Posté par . En réponse au journal [ HS ] : Pourquoi le gouvernement fait le choix d’une électricité chère et dangereuse. Évalué à 5.

    Je passe toutes mes nuits avec un objet radioactif sur ma table de chevet. Ça s'appelle un radio-réveil. Et dans le même temps, j'ai plein de particules radioactives dans le corps, ça s'appelle un squelette. Et une particule de plus, tu peux y aller, prendre n'importe laquelle, ça n'influe sur l'organisme que si c'est de l'homéopathie, une telle concentration. Je veux bien même du polonium 210, c'est extrêmement toxique, très fort rayonnement ⍺, mais il se trouve que tu en inhales plus d'une particule avec une bouffée de cigarette.

    Bref, je ne sais pas quoi te répondre. Je ne sais pas de quoi tu parles, je ne sais même pas ce que tu essaies de démontrer. À dose équivalente, la toxicité est beaucoup plus importante en cas d'exposition interne, oui, du fait d'une durée d'exposition continue, d'une concentration du rayonnement sur un organe bien précis, de l'effet des rayonnemments ⍺, ou parce que l'élément n'est pas assimilable par l'organisme. Ça reste lié à une certaine dose, c'est pour ça que les autorités sanitaires définissent des seuils légaux.

    Il y a d'autres liens, sur le lien que j'ai donné, qui parlent de l'effet sur les cellules et tout ça. C'est quand même assez détaillé, même s'il n'y a pas tout sur une page.

    150 jours, c'est la période biologique du césium 137 pour un homme agé. C'est-à-dire qu'au bout de 150 jours, la moitié de la quantité ingérée ou inhalée aura disparu de son organisme. Pour un enfant, c'est 20 jours. Mon document n'en dit pas plus sur ce point. Si tu as des infos sur des différences de période entre ingestion et inhalation, tu as le droit de balancer des urls, je n'ai pas de brevet dessus.

    Bref. Tout ça pour essayer de remettre les choses un peu en perspective par rapport aux mille ans de cancers induits. Je suis d'ailleurs assez affligé que le commentaire d'Alex soit jugé moins pertinent que l'inquiétude millénariste avec son cortège de générations putativement condamnées, même si on n'a aucune idée du pourquoi ni du comment. Pour le coup, la gestion des déchets et la stabilité géopolitique, ce sont les bonnes questions. Il y a un pari sur la durée d'une civilisation, dans cette énergie, qui met au défi notre expérience historique. Le problème, c'est qu'il est impossible d'en débattre au milieu des fantasmes.

    Qui va s'amuser à peser le pour et le contre quand la moindre particule maligne est susceptible de s'introduire dans un corps et de le ronger, là, insidieusement, pour y développer on ne sait quelle déformation latente, et qui frappera, qui sait, à la treizième génération, qui verra naître de pauvres êtres difformes et dolents ? Qui va s'interroger sur l'opportunité et les moyens de diminuer les risques, quand ceux-ci consistent en l'extinction de toute vie, plus une nuée de maladies pour les survivants ?
    Il n'y a pas de cuillère assez longue pour souper avec le diable.