• [^] # Re: Utilité

    Posté par . En réponse au journal Unicode. Évalué à -1.

    Personnellement, je préfère accepter de perdre un chouia de performances pour ne pas avoir à me poser la question de l’encodage. L’ordinateur n’est-il pas là pour me simplifier la vie ? Quand j’écris avec un stylo sur du papier, je n’ai pas à me demander quel encodage je dois utiliser pour tracer tel caractère...

    Tu n'auras pas le choix, tu te poseras toujours la question de l'encodage. Un fichier texte, tant que tu n'en connais pas l'encodage, c'est juste du binaire. UTF-8 n'y change rien. C'est pas pour rien que sur une page HTML bien formée, tu as une déclaration de l'encodage qui doit arriver le plus tôt possible... Quand des applications doivent manipuler des documents extérieures, UTF-8 ou pas, il est essentiel de déclarer les encodage de ceux-ci (qui après peut être latin1, UTF-16, UTF-32 ou ce que tu veux).

    Je ne parle pas un mot de serbe, de suédois ou de polonais, ce qui n’empêche pas ma bibliographie de comporter des travaux de dénommés Radosavljević, Čuboňová, Meşe, Kågedal, Macůrek ou Chełstowska. Autant de noms que je peux avoir avois besoin de citer dans un document bien franco-français destinés à des seuls francophones de France.

    Biographie que tu publies en texte brut ? non, tu le feras en PDF ou en HTML, langages dans lesquels tu n'auras aucun soucis et qui n'impliquent aucune locale spécifique.

    De plus, combien de gens vont connaître la différence de prononciation entre Macůrek et Macurek ? est-ce un crime impardonnable décrire « Dostoïevski » au lieu de «Достоевский» ? la latinisation des noms a-t-elle jamais été un frein aux échanges culturels ? un bonne partie du français lui-même, pour pousser encore plus loin, n'est-elle pas juste une latinisation du grec ?

    Enfin, n'oublie pas également que des générations d'écrivains ont employé des machines à écrire à disposition azerty, puis des traitements de texte avec des encodages limités (pas de cadratin &cie.). Ça ne les a pas empêché d'écrire du français correct, ni de faire évoluer la littérature. Le double-guillemet droit en lieu et place du chevron fait sûrement s'étrangler les vieilles barbes de l'Académie Française, il n'empêche pas le français d'être du français.

    Je ne parle pas spécialement pour toi, mais les VRP du progrès ne laisseront de me fasciner : à les entendre, aujourd'hui est déjà hier et hier est juste impossible. :)