• # Loi naturelle

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Extension de la protection des œuvres musicales. Évalué à 1.

    La généralisation du support numérique à de nombreux types de documents (livres, articles, images, films et enregistrements sonores) s'est accompagnée de l'apparition d'une nouvelle loi naturelle: la duplication et la diffusion de ces documents est simple et peu coûteuse.

    Cette généralisation s'est amorcée il y a plusieurs années, son signe le plus tangible, le point charnière, serait probablement l'arrivée dans nos salons des platines CD il y a une petite vingtaine d'années. Cette généralisation ébranle les industries dont l'activité est la production et la diffusion de ces documents, avant elle l'achat du support était, sinon inévitable, difficile à contourner: il n'est pas très facile de dupliquer un disque vinyle, et les supports magnétiques analogiques sont trop fragiles pour présenter une alternative vraiment satisfaisant à l'achat ... Pour autant, si ancienne soit l'amorce de cette généralisation, si clairement inéluctable ait-elle été, je suis aujourd'hui porté à croire que les dirigeants de ces industries n'ont pas mesuré pleinement ses conséquences sur leur activité. Aujourd'hui, et c'est tout sauf une surprise, la duplication et la diffusion des documents numérisés est simple et peu coûteuse. Le modèle économique des producteurs et diffuseurs de documents n'est donc plus en adéquation avec les lois naturelles numériques, il est périmé et à mon avis, la seule réaction possible à cela, est de repenser complètement le modèle économique de ses sociétés.

    L'idée de vendre des artefacts numériques ne va pas de soi, justement à cause de la facilité avec laquelle ils sont reproductibles et diffusables. Une fois que je possède l'un de ces artefacts, je peux le revendre indéfiniment, sans le perdre: cette réalité est naturelle. Les lois que nous avons faites, encadrant le commerce de ces artefacts, vont à l'encontre de cela, et si elle tient à les faire respecter, les sociétés vont devoir dépenser beaucoup d'énergie et d'argent à cela.

    Sûrement, le plus raisonnable serait de conformer notre droit à cette nouvelle loi naturelle, mais comment faire alors pour permettre à ces industries produisant et diffusant des documents numériques, de poursuivre leur activité? À cette question je n'ai pas de réponse, seulement la certitude que la voie que nous suivons aujourd'hui est mauvaise, car la duplication et la diffusion des documents numériques est simple et peu coûteuse: à cela il n'y a décidément rien à faire.