Plus que de ne pas faire de morale "pas bien" sur telle ou telle chose, la vraie question est de ne pas externaliser le jugement moral au logiciel ou à la licence qui l'accompagne. Fondamentalement ce n'est pas le logiciel qui est libre, c'est l'homme qui est libre. C'est l'homme qui pose un acte moral. Celui qui doit dire "bien" ou "pas bien" ce n'est pas le logiciel, c'est celui qui utilise le logiciel.
Le danger c'est d'externaliser et de transférer le jugement moral de l'homme vers l'outil qu'il utilise. Dans ce cas, c'est la liberté de l'homme qui est aliénée.
L'outil est neutre, et doit rester neutre. On ne doit pas faire des couteaux qui coupent "sauf quand c'est mal", on fait des couteaux qui coupent. La première raison apparente est le fait qu'il est impossible de transférer le jugement moral efficacement (c'est pourquoi, par exemple, les filtres internet sont par nature inefficaces), cette inefficacité entraine donc une erreur morale qui serait causée par l'outil et non par l'homme, ce qui est inadmissible. La raison fondamentale c'est tout simplement que l'outil est au service de l'homme, et donc au service de la liberté. Le jugement moral est inséparable de la liberté, donc le transfèrt du jugement moral aliène la liberté de l'homme.
Ainsi, un logiciel libre "pour tous les usages" sous forme de binaire dont on a perdu les sources est "plus libre" qu'un logiciel aux sources ouvertes "sauf si c'est commercial" : certes il échoue dans la proposition de libertés supplémentaires comme celle de transformer l'outil, mais il n'aliène pas une capacité fondamentale et nécessaire à la liberté, la capacité de l'homme à apprécier moralement l'acte qu'il pose en usant de cet outil : le libre arbitre.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Et la synthèse dans tout ça ?
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Avancées de la reconnaissance vocale en 2011. Évalué à 2.
Plus que de ne pas faire de morale "pas bien" sur telle ou telle chose, la vraie question est de ne pas externaliser le jugement moral au logiciel ou à la licence qui l'accompagne. Fondamentalement ce n'est pas le logiciel qui est libre, c'est l'homme qui est libre. C'est l'homme qui pose un acte moral. Celui qui doit dire "bien" ou "pas bien" ce n'est pas le logiciel, c'est celui qui utilise le logiciel.
Le danger c'est d'externaliser et de transférer le jugement moral de l'homme vers l'outil qu'il utilise. Dans ce cas, c'est la liberté de l'homme qui est aliénée.
L'outil est neutre, et doit rester neutre. On ne doit pas faire des couteaux qui coupent "sauf quand c'est mal", on fait des couteaux qui coupent. La première raison apparente est le fait qu'il est impossible de transférer le jugement moral efficacement (c'est pourquoi, par exemple, les filtres internet sont par nature inefficaces), cette inefficacité entraine donc une erreur morale qui serait causée par l'outil et non par l'homme, ce qui est inadmissible. La raison fondamentale c'est tout simplement que l'outil est au service de l'homme, et donc au service de la liberté. Le jugement moral est inséparable de la liberté, donc le transfèrt du jugement moral aliène la liberté de l'homme.
Ainsi, un logiciel libre "pour tous les usages" sous forme de binaire dont on a perdu les sources est "plus libre" qu'un logiciel aux sources ouvertes "sauf si c'est commercial" : certes il échoue dans la proposition de libertés supplémentaires comme celle de transformer l'outil, mais il n'aliène pas une capacité fondamentale et nécessaire à la liberté, la capacité de l'homme à apprécier moralement l'acte qu'il pose en usant de cet outil : le libre arbitre.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes