Rappelons que l'objectif des brevets est de sortir du secret, c'est-à-dire garantir pour une période donnée le monopole d'utilisation au détenteur afin qu'il explique comment il fait et que, à terme, toute la société profite des inventions.
C'est au moins l'argument qu'utilisent les défenseurs des brevets. Mais en réalité — comme nombre d'autres artifices législatifs — le brevet peut (et doit) aussi être vu comme un frein à l'innovation accordant artificiellement le droit de ne plus travailler. Cependant que certaines techniques brevetées sont éventuellement très complexes et difficiles d'accés à la rétroingénierie [1], il me semble que l'écrasante majorité des brevets couvrent en réalité des procédés simples (voire simplistes en matière de logiciel) qu'une brève observation permet d'imiter.
Or le processus d'imitation est l'un des comportements sociaux les plus élémentaires et les plus fondamentaux pour l'élaboration et la vie des civilisation. Le brevet paraît donc une création parfaitement contre-nature. Création dont la fin évidente est une forme de protectionnisme conservateur hypothèquant l'avenir au nom du passé. Rappelons que sur ce sujet il est possible de consulter l'excellent « against intellectual monopoly », et évitons peut-être de propager les propos machiavéliques des défenseurs de ces monopoles artificiels stérilisants à la fois progrès et science ; et ce même et surtout si quelques exceptions éparses pourraient étayer ces discours, leur apportant un semblant de crédibilité.
[1] Je pense par exemple aux procédés d'élaborations d'alliages dont les propriétés dépendent non seulement de la composition (aisée à analyser) mais aussi de l'histoire thermo-mécanique (quasiment impossible à appréhender). Mais évidemment, le détail de ce genre de procédé étant très difficillement copiable, les industriels ont tendances à en garder jalousement le secret ...
[^] # Re: Le problème est la facilité d'obtention des brevets
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au journal Le retour des methodes mafieuses. Évalué à 7.
C'est au moins l'argument qu'utilisent les défenseurs des brevets. Mais en réalité — comme nombre d'autres artifices législatifs — le brevet peut (et doit) aussi être vu comme un frein à l'innovation accordant artificiellement le droit de ne plus travailler. Cependant que certaines techniques brevetées sont éventuellement très complexes et difficiles d'accés à la rétroingénierie [1], il me semble que l'écrasante majorité des brevets couvrent en réalité des procédés simples (voire simplistes en matière de logiciel) qu'une brève observation permet d'imiter.
Or le processus d'imitation est l'un des comportements sociaux les plus élémentaires et les plus fondamentaux pour l'élaboration et la vie des civilisation. Le brevet paraît donc une création parfaitement contre-nature. Création dont la fin évidente est une forme de protectionnisme conservateur hypothèquant l'avenir au nom du passé. Rappelons que sur ce sujet il est possible de consulter l'excellent « against intellectual monopoly », et évitons peut-être de propager les propos machiavéliques des défenseurs de ces monopoles artificiels stérilisants à la fois progrès et science ; et ce même et surtout si quelques exceptions éparses pourraient étayer ces discours, leur apportant un semblant de crédibilité.
[1] Je pense par exemple aux procédés d'élaborations d'alliages dont les propriétés dépendent non seulement de la composition (aisée à analyser) mais aussi de l'histoire thermo-mécanique (quasiment impossible à appréhender). Mais évidemment, le détail de ce genre de procédé étant très difficillement copiable, les industriels ont tendances à en garder jalousement le secret ...
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace