Au sujet de la culpabilité. Tu as raison de poser des questions, et ton anecdote est intéressante, mais ma critique pore sur le choix de ton vocabulaire. Dans un certain sens des mots, provoquer un avortement peut être vu comme un meurtre, mais l'utilisation de ce vocabulaire dans ce contexte n'est pas un choix neutre et concourt à culpabiliser les femmes en sous-entendant : « vous avez tué votre bébé, vous êtes une meurtrière ». Sous-entendre que quelqu'un commet une action meurtrière es une manière de culpabiliser.
mais de proposer une alternative qui peut être moins douloureuse
La séparation avec un nouveau-né est un drame psychologique au moins aussi violent qu'une interruption de grossesse, je dirais même plus violent encore vu le ressenti de la grossesse et les douleurs de l'enfantement. La mère devra ensuite vivre avec l'idée d'avoir selon le vrai sens du terme abandonné son bébé, de s'en être débarrassé auprès d'un autre, d'être une mère indigne. Voire, d'avoir causé une vie de souffrance pour un enfant qui, selon la nature de son handicap, pourra voir une vie difficile. La souffrance psychologique de la mère est d'autant plus grande que le parent adoptif est proche et qu'elle pourra voir l'enfant grandir pour se souvenir à chaque visite, que ça aurait dû être son rôle de s'en occuper. Viendra ensuite le jour d'expliquer à l'enfant pourquoi sa mère n'a pas voulu d'elle. À mon sens, et en considérant ici le seul ressenti de la mère, l'adoption conduit à une souffrance plus grande.
Ça peut être un choix éthique, qui rejoint celui de l'euthanasie, de « laisser partir » plutôt que de « laisser souffrir ».
[^] # Re: Choix des mots
Posté par JGO . En réponse au journal [Journée internationale de la femme] droit, peine et liberté. Évalué à 7.
Au sujet de la culpabilité. Tu as raison de poser des questions, et ton anecdote est intéressante, mais ma critique pore sur le choix de ton vocabulaire. Dans un certain sens des mots, provoquer un avortement peut être vu comme un meurtre, mais l'utilisation de ce vocabulaire dans ce contexte n'est pas un choix neutre et concourt à culpabiliser les femmes en sous-entendant : « vous avez tué votre bébé, vous êtes une meurtrière ». Sous-entendre que quelqu'un commet une action meurtrière es une manière de culpabiliser.
La séparation avec un nouveau-né est un drame psychologique au moins aussi violent qu'une interruption de grossesse, je dirais même plus violent encore vu le ressenti de la grossesse et les douleurs de l'enfantement. La mère devra ensuite vivre avec l'idée d'avoir selon le vrai sens du terme abandonné son bébé, de s'en être débarrassé auprès d'un autre, d'être une mère indigne. Voire, d'avoir causé une vie de souffrance pour un enfant qui, selon la nature de son handicap, pourra voir une vie difficile. La souffrance psychologique de la mère est d'autant plus grande que le parent adoptif est proche et qu'elle pourra voir l'enfant grandir pour se souvenir à chaque visite, que ça aurait dû être son rôle de s'en occuper. Viendra ensuite le jour d'expliquer à l'enfant pourquoi sa mère n'a pas voulu d'elle. À mon sens, et en considérant ici le seul ressenti de la mère, l'adoption conduit à une souffrance plus grande.
Ça peut être un choix éthique, qui rejoint celui de l'euthanasie, de « laisser partir » plutôt que de « laisser souffrir ».