• [^] # Re: Intermédiaire

    Posté par . En réponse à la dépêche Publication de la mise à jour du livre Linux From Scratch. Évalué à 10.

    J'ai déjà lu et appliqué LFS. Trois fois. Et je n'ai pas la sensation d'avoir perdu mon temps.

    La première fois, en venant de Debian (un système somme toute assez simple, le deuxième que j'ai utilisé dans ma progression avec Linux), après, en étant passé par des systèmes un peu plus «compliqués» comme Gentoo (mais pour Gentoo comme pour LFS, je n'ai jamais réussit à l'utiliser vraiment). Il va sans dire que j'ai eu un peu de mal la première fois, puis de moins en moins les fois suivantes. Si on suit les instructions, on apprend des choses, mais à moins de tomber sur un bug quelconque, monter un système avec LFS est "facile" (Ça demande de la patience et de la ligne de commande. Il faut ça, mais le reste n'est pas obligatoire). J'avais même eu le culot de lire un peu BLFS pour installer xorg et un client dhcp. Puis j'ai réfléchit à cette histoire de mises à jour, qui est le principal problème.

    Le fait est que LFS est aussi simple que Gentoo, voire plus : il ne nous propose pas de choisir entre une foultitude de useflags. Gentoo automatise tout, mais en réalité, LFS est aussi un système automatisé. Seulement, l'humain remplace le logiciel pour appliquer l'automatisme, et on en profite pour lui expliquer le fonctionnement de cet automatisme.

    Mais je te rejoint sur un point :

    Si il est assez facile de lire le bouquin et de se faire sa distrib. Ca l'est moins pour comprendre comment les choses fonctionnent.

    En fait, on apprend des choses, certes. Et on a la satisfaction de se dire «Je l'ai fait, j'ai compilé un Linux et son userland, et ça marche !». Mais il manque une composante essentiel à l'apprentissage (ironiquement, cette chose manque si tout se passe bien) : les problèmes (enfin... Pour moi c'est essentiel)

    C'est pour ça que je ne lis plus LFS, alors que je continue d'essayer d'apprendre. Quand je veux me faire un Linux From Scratch, maintenant, je le fait sans le livre, et je me heurte à tout les problèmes que le livre m'a évité. J'ai des pistes, parce que j'ai déjà lu le livre et que ma culture s'en est trouvée fortifiée, mais de chercher, me tromper, voir les trucs grandir au fur et à mesure est plus gratifiant, et les choses rentrent plus dans ma mémoire. C'est plus lent aussi. Au point où j'en suis, je m'amuse avec le noyau linux et BusyBox. J'ai un système beaucoup moins fonctionnel. J'ai dû aller chercher dans la doc plein d'infos, me heurter à des kernels panic, et écrire mes propres scripts de démarrage. Mais je ne pense pas que tout ceci aurait été possible sans LFS. (Bon, et niveau apprentissage, BusyBox simplifie vachement les choses, faudra que je fasse sans, un jour... Quand j'aurais enfin créé un système fonctionnel avec :-D)

    LFS a eu deux usages : m'apprendre le fonctionnement et la mise en place d'un système, et me montrer que moi aussi, je pouvais le faire. Mais pour comprendre vraiment, il faut arrêter de suivre les instruction et aller se cogner la têtes contre les vrais problèmes. C'est peut être le problème de tout livre d'enseignement ? Sans exercice, on sait des choses, mais rien ne nous aide à les comprendre (les plus intelligents y arrivent quand même, je n'en doute pas ;-)... Mais les autres ont besoin de se tromper.)

    En fait, il faudrait un autre LFS (ILFS, pour Incomplete Linux From Scratch), qui expliquerait le fonctionnement, puis au lieu de nous donner les commandes et les liens, nous dirait «maintenant, vous savez ce qu'il faut pour faire cette étape, allez télécharger les binutils et compilez les.» (avec quelques commandes à taper après pour vérifier que l'étape s'est déroulée sans accrocs)