• [^] # Re: Contenu / Contenant.

    Posté par (Mastodon) . En réponse à la dépêche Biologie libre ?. Évalué à 2.

    «privilégie le partage des connaissances mais pose le probléme du retour sur les investissements réalisés et donc du financement de la recherche.»

    Il faut quand même noter deux choses:

    D'une part, le même argument a été souvent appliqué aux logiciels pour dénigrer les logiciels libres, puisqu'un logiciel coûte cher en termes de recherche et développement. On a pu voir qu'un modèle moins centralisé, basé sur des motivations personnelles, marche relativement bien pour le logiciel. Rien ne dit donc qu'il n'y a pas d'alternatives au financement privé tel qu'on le connait.

    D'autre part, ce financement privé à des effets pervers, puisque la recherche n'est pas (forcément) dirigée vers ce qui est utile ou qui fait avancer la science, mais vers ce qui est rentable. Il est plus rentable de trouver une pilule anti-rides miraculeuse que de soigner une maladie qui touche une personne sur un million.

    Enfin, sachant tout ce à quoi l'avancée de la science du vivant va nous mener, j'ai tendance à préférer l'idée des financements publics, orientés (autant que possible) pour le bien du plus grand nombre, et de manière transparente.

    «je vais prendre un exemple, celui de la recherche sur le génome humain»

    Justement cet exemple est parfait: on voit des laboratoires de séquencage breveter des gènes, alors que ce n'est nullement une invention. C'est un peu comme si on te donnait un programme, que tu le désassemble et que tu décides de breveter le code source obtenu. Éthiquement, c'est très gênant ;)

    «la création de nouveaux médicaments dont la mise au point nécessitera des sommes colossales: qui les investira sans brevet à la clef ?»

    Des financements publics ? Mais de toute manière, je ne suis pas persuadé que des brevets soient vitaux à ce point, ni persuadé qu'ils favorisent vraiment le retour sur l'investissement. Si un labo veut utiliser quelque chose qui se trouve breveté par un autre labo, il va essayer de contourner le problème, quitte à réinventer la roue, ce qui lui fait perdre de l'argent. À mon avis c'est plus une question de mentalité, les investisseurs ne pensent que par les brevets, et n'imaginent pas de vivre sans :/

    «Non, je n'ai pas dis ça.»

    Peut-être mais plein de gens le disent :) C'est la même idée, dire que les brevets logiciels sont bons car ils permettent de dégager l'argent nécessaire à la recherche et développement.