• [^] # Re: beautifier ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Nouvelles hebdo. Debian du 25 juin. Évalué à 1.

    « Nous n'avons pas vocation a inventer la langue francaise ; »

    Mais comme tous les francophones, vous parlez la langue, elle évolue avec les gens qui la parlent, et finalement vous la fabriquez autant que tous les francophones. Et beaucoup plus que l'Académie.

    « nous avons une charte de qualite que l'on essaie de suivre. On est la pour traduire en francais. »

    Bien sûr, mais le français est une langue vivante, il y a des choix à faire même quand une traduction officielle existe (comme oublier le cent par exemple). La question c'est plutot ce qu'est le francais, et là c'est vague, à moins effectivement de se restreindre à suivre l'Academie. On peut se demander ce que vaut son avis...

    « Quand un terme est adopte par l'Academie, on le prend (pour la raison simple que si chacun traduit son mot dans son coin, cela va etre vachement simple : il y aura la traduction suivant Debian, suivant GNU, suivant Linux, suivant KDE et suivant GNOME... »

    Je ne pense pas, c'est juste une question de terme employé en pratique. Je parlais plus d'attendre qu'un terme finisse par devenir la traduction la plus employée (parce qu'entre un mot anglais, et sa traduction française trop nouvelle, il faudra expliquer aussi bien l'une que l'autre au lecteur). En fait, pour choisir les meilleures traductions, j'ai largement plus confiance en ceux qui traduisent comme tu le fais, qu'en l'Académie ou toute autre institution qui est plutôt déconnectée. Donc forcément, je regrette de voir certaines choses qui me paraissent aberrantes et qui auraient été bien mieux traduites si ça avait été discuté dans liste de traducteurs bénévoles. Sérieusement, parmi vous quelqu'un aurait proposé cédérom comme traduction de CD-ROM ? (je ne sais pas si vous traduisez comme ça, c'est juste un exemple). C'est un terme qui n'a pas vraiment besoin d'être traduit ; mais si on propose une traduction, pourquoi ne pas y aller franchement, il faut construire le mot de manière logique, et pas faire une vague copie phonétique. Leur manière de traduire me dépasse, je trouve que ça fait surtout du mal au français, et AMHA ces mots deviendront obsolètes, remplacés par ce que les gens diront ou écriront effectivement...

    Bon, évidemment, je ne parle que de détails, je ne prétends pas avoir de solutions pratiques toutes faites (à part plus de retenue dans l'adoption des traductions, mais ça c'est votre choix, et je me doute que ça a été largement discuté ; et une vraie solution ne pourrait pas n'impliquer que Debian, donc c'est assez contraignant). En fait ce que je regrette c'est que vous ne puissiez pas vraiment faire de « retour » sur le français : côté développement, l'infrastructure de Debian et le portage vers une dizaine d'architectures permettent vraiment d'améliorer les logiciels, et les correctifs de bugs remontent aux développeurs amont, ce qui finalement est bénéfique à toute la communauté. Debian participe activement à cette amélioration. Donc ce qui m'énerve côté traduction, c'est que vous avez certainement un potentiel à améliorer le français, à trouver des traductions pertinentes, mais que comme la référence c'est l'Académie, et qu'elle est rigide et peu inspirée, vous n'en avez même pas la possibilité. Pourquoi Debian plus que d'autres ? Un peu pour la même raison que les portages ou les critères de qualité côté développement : l'objectif n'est pas commercial, l'objectif c'est la qualité. Je ne sais pas dans quelle mesure les autres traducteurs sont disposés à travailler en ce sens, j'imagine que ceux qui sont payés pour traduire dans les distribs commerciales ont pour consigne de ne pas perdre trop de temps et de prendre les traductions officielles.

    C'est utopique tout ça, je sais... Ce ne sont que des détails, mais les toubonneries et les aberrations hiérarchiques m'ont toujours exaspéré. Les voir maintenant s'imposer à Debian n'arrange rien. Enfin je sais bien qu'il faut bien se décider sur des conventions, il faut tenir compte de ces références autoritaires, etc.

    Bref, je trouve que le travail que fait le groupe est vraiment excellent et, pour résumer, que l'équipe de traduction mériterait de pouvoir travailler avec un « meilleur français », un français plus élégant que celui qui souffre des choix médiocres de l'Académie...