• [^] # Maladresses...

    Posté par . En réponse à la dépêche Transfert est mourant. Évalué à 10.

    C'est vrai que Transfert se distinguait, surtout dans sa version électronique, par un style d'articles bref et peu fouillé. D'autre part, la version papier était aussi assez décevante (sujets traités en surface et sous un angle un peu dérisoire parfois (gamins à lunettes noires pour figurer des "hacktivistes" ;-)) vis-à-vis de l'ambition qu'elle affichait de traiter d'enjeux socio-techniques importants.

    Il faut d'autre part savoir que le Transfert d'aujourd'hui n'a plus grand'chose à voir avec celui d'il y a un an. L'été dernier, les premières rumeurs crédibles de restructuration/licenciements ont commencé à courir. Un certain nombre de personnes ont été remerciées. Cela n'a pas suffi et l'orientation du journal a changé : restreindre le Web (articles payants), se diversifier dans le "communicationnel" (notamment, conférences/colloques organisés en partenariat avec diverses assos et organismes souvent proches du PS), la formation ; il était même question de proposer des services informatiques à d'autres entreprises, je ne sais pas si cela a été fait.
    Suite à ce changement d'orientation, plusieurs des journalistes restants - dont le webmestre d'un site connu dévoué à la sécurité - ont fait jouer la "clause de conscience", une particularité du statut de journaliste qui leur a permis de quitter avec indemnités un magazine qui ne correspondait plus à leurs désirs.

    En bref, il n'est malheureusement pas étonnant que le magazine, déboussolé et exsangue, finisse par expirer totalement. A mon avis, ce qu'il faut en retenir est surtout que la bonne volonté (il est manifeste que la jeune équipe de Transfert en débordait) ne suffit pas à compenser un certain manque de professionalisme, d'abnégation, lorsqu'il s'agit de rendre viable un journal, surtout dans le monde compliqué de la presse en ligne. Dommage, car la plupart des publications, bouffies de cynisme, arrivent mieux à s'en sortir avec un contenu rédactionnel extraordinairement fade.

    En épilogue, ce serait une belle consolation, et un geste honorable, que les anciens articles soient de nouveau lisibles gratuitement.