• [^] # Re: pquoi ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Quel DESS en Informatique / Réseaux ?. Évalué à 1.

    J'aime beaucoup le "Il suffit de feuilleter ces publications" qui introduit ensuite des jugements à l'emporte pièce sur les publications scientifiques. On pourrait écrire des pages entières pour réfuter en partie tes dires. Bien entendu, chaque domaine a ses problèmes, et comme je l'ai dit dans mon post précédent, certains thésards (et chercheurs) sont mauvais, de même que certains ingénieurs. Cependant, certaines revues (et conférences) de haut niveau proposent un contenu scientifique de très grande qualité. Dans mon domaine par exemple, Neural Networks et Neural Computation sont vraiment excellentes. Je défie quiconque de trouver un exemple des articles dont tu parles dans ces revues.

    De plus, tu déplaces complètement le problème. Tu qualifies hativement le milieu de la recherche (que tu ne connais pas, car à moins d'étudier scientifiquement ce milieu (comme l'ont fait de nombreux philosphes et sociologues), il faut y vivre pour acquérir un minimum de compréhension des mécanismes) de "chiant, con et hypocrite" et je ne retrouve dans ton post (à part des attaques personnelles, cf plus bas) qu'une suite d'accusations relativement gratuites sur la qualité des publications en vue de subventions. Je veux bien lire dans tes "arguments" une dénonciation de l'hypocrisie, mais, au risque de me répéter, tu généralises à partir de cas particuliers, certes déplorables, mais plutôt rares.

    Tu sembles confondre aussi la situation américaine avec la situation française. D'après mes contacts américains, il y a effectivement aux USA une évaluation au nombre de publications (et aussi au nombre de brevets), ce qui n'est pas exactement le cas en France. Toutes les commissions de spécialistes (et le Conseil National des Universités) comptent bien sûr les publications, mais elles tiennent bien entendu compte de la qualité de la revue et de l'originalité du travail. Si j'écris trois fois le même papier, je me fais allumer. La situation est moins nette aux USA. De plus, la système des co-signatures systématiques est très courant aux USA, alors qu'en France ce n'est pas vraiment le cas.

    Je ne peux que reconnaître que sur le fond tu as raison pour la course au fric. Les subventions publiques sont souvent insuffisantes, en particulier pour les labos qui ont des gros frais de fonctionnement comme ceux de physique (gros équipement) ou de chimie (matière première). Ce n'est pas vraiment le cas en informatique (un PC, ça ne coûte pas grand chose). Il faudrait cependant pas carricaturer : on peut parfaitement faire de la recherche en France sans faire de course au fric, mais il faut accepter de ne pas aller dans beaucoup de conférences. En général, la subvention CNRS ou Universitaire est suffisante pour un congrès par personne et par an.

    Passons maintenant aux attaques personnelles. Remarque préliminaire : quand on cite, on le fait correctement, mais bon... D'abord je ne stigmatise pas la course au fric. Je dis juste que la liberté du public est énorme car la contrainte financière est moins forte. Je ne dis pas qu'il faut que la recherche soit pure ou désintéressée. Peut-être que tu as des problèmes avec certains chercheurs, mais dans une "discussion" évite de répondre à des positions qui n'apparaissent pas dans le texte auquel tu prétends répondre. Sinon, effectivement, j'ai une double activité. Je fais de la recherche plutôt théorique (cf mes papiers), mais je travaille aussi pour des entreprises. Pour l'instant, j'ai fait verser mes honoraires à mon laboratoire, ce qui me permet de renouveller mon matériel et de partir en mission plus facilement qu'avec les crédits centraux. Comme tu peux le constater, je travaille pour des entreprises sur des thèmes qui n'ont pas tous vraiment de rapport avec mon thème de recherche. C'est l'avantage du public, je pense. Je suis libre de faire de la recherche, mais aussi de rester en phase avec l'évolution technologique en travaillant pour des entreprises. Pour le marketing, si tu avais fait un peu de travail scientifique, tu saurais qu'obtenir certaines données (par exemple des données bancaires ou des chiffres de ventes) est extrêmement difficile. Quand une entreprise me donne accès à de telles données et me paye pour les analyser, c'est une occasion en or de tester mes méthodes. Comme seuls les résultats de l'analyse (ni les méthodes, ni les outils) sont la propriété de la boîte, je ne vois pas de problème.