• [^] # Re: Sur les bibliothèques on line

    Posté par . En réponse à la dépêche Accès à l'information et droits de reproduction. Évalué à 7.

    >Je viens d'aller faire un tour sur le projet gutenberg et celui-ci semble assez interessant, mais quelqu'un aurait-il
    >une idee de la legislation francaise sur le sujet?

    Non, mais le project Gutenberg a une approche originale: ils ont des sites dans plusieurs pays, et mettent en ligne les textes qui sont dans le domaine public dans ce pays. Ainsi, je suis actuellement en Australie, où la durée de protection est de 50 ans après la mort de l'auteur, et le site du projet Gutenberg ici contient déjà les textes de Georges Orwell (décédé en 1950 -- profitez-en pour relire "1984" qui devient de plus en pertinent ces jours). Bien entendu, pauvres âmes vivants en France, Suisse (70 ans après le décès de l'auteur), USA, etc, vous n'avez pas le droit de downloader les textes ! J'hésitais à leur proposer le "Petit Prince" de Saint-Ex (décédé en 1944), qu'on trouve déjà sur plein de sites, mais illégaux pour la plupart.

    >De plus je voulais faire un remarque, tous le jours on nous bassine avec
    >la protection des auteurs etc... mais en tous cas pour les oeuvres litteraire. l'auteur est protege 70 ans apres ca mort!
    >Si ca ce n'est pas de la protection. Je pense vraiment que l'on peut appeler cela la création de droit de rente. Il faut
    >m'expliquer quel est le but d'une telle juridiction, si ce n'est l'essai du deni du domaine publique.

    Tout à fait. C'est totalement contraire à l'esprit des lois sur les droits d'auteur qui sont censé promouvoir la création - des durées de protection pareilles poussent plutôt à se reposer sur ce qu'on a déjà été créé. Et il faudra aussi qu'on m'explique pourquoi le petit-fils d'un auteur aurait droit à une rente longtemps après la mort de son grand-père, alors qu'il n'a aucun lien avec l'oeuvre écrite. Est-ce supposé le pousser à créer de nouvelles oeuvres ?

    La réponse, ici, est bien simple: de nos jours, les droits d'auteurs ne sont majoritairement plus détenus par les créateurs, mais par des entreprises, dont la durée de vie n'est pas limitée par un phénomène aussi terre-à-terre que la mort, et ce sont elles qui font pression pour bénéficier de rentes. Il suffit de penser au "Mickey Mouse Copyright Extension Act" des USA (si vous avez oublié ce que c'est, y'à qu'à demander je redonnerai les détails).

    Zorglub.