• [^] # Re: Laissez faire: NON!

    Posté par (Mastodon) . En réponse à la dépêche La CE rend publique sa proposition sur les brevets. Évalué à 2.

    «les objectifs et les moyens sont les mêmes, faire des logiciels avec de la matière grise et des ordinateurs.»

    Par définition un hobbyiste fait ça pour le plaisir, et un chercheur pour chercher (pour trouver ?). Un industriel fait ça pour faire du fric. La différence est sensible, car pour l'un le but est de faire un logiciel le meilleur possible, pour l'autre le but est de faire un logiciel le plus rentable possible. Étrangement ces deux objectifs semblent parfois contradictoires (un logiciel parfait ne nécessite pas de mises à jours).

    Les moyens ne sont évidemment pas les mêmes, c'est trivial. Quand un industriel a des batteries de programmeurs, d'analystes, et des labos de tests d'utilisabilité, le particulier a son propre cerveau. Il n'a pas non plus les moyens de se payer une dizaines d'avocats si on l'accuse de violation de brevet (que l'accusation soit fondée ou non).

    «Si un brevet est plus facile à déposer pour un industriel que pour un particulier, c'est qu'il faut revoir le système d'attribution des brevets.»

    Déposer un brevet coûte du temps et de l'argent. Vérifier que son algo ne viole pas de brevet coûte du temps et de l'argent. Un industriel a plus de moyens que des particuliers. Un gros industriel a plus de moyens qu'une PME.

    «Pour l'algo d'euclide, ne me dis pas qu'il n'y a pas d'autres façons de le faire»

    Peut-être que oui mais ça n'invalide pas ce que j'ai dit.

    «Breveter l'algo d'euclide pour calculer le plus grand dénominateur commun, tel quel cela ne sert à rien du tout, donc ça ne doit pas être brevetable.»

    À toi ça ne te set peut-être pas, mais calculer le pgcd de deux nombres sans calculer leurs facteurs est utile. Pourtant ce n'est que des applications des mathématiques, je suis d'accord que ça ne devrait pas être brevetable. Si je peux breveter le fait d'utiliser cet algorithme pour calculer le pgcd de deux nombres sans les factoriser, alors les brevets logiciels sont dangereux.

    «Mais breveter un soft complet qui permet, via un algorithme, de compresser du son...cela ne me choque pas»

    Le problème c'est que la partie brevetée sera forcément l'algorithme (le reste n'a pas d'importance), et qu'un algorithme de compression du son sera aussi très probablement une application de théories mathématiques.

    «Vous avez l'air de trouver ça normal de pouvoir copier tout et n'importe quoi, c'est pourtant pas un site de warez ici ?»

    Procès d'intention ?
    Il y a une énooorme différence entre repomper le travail de quelqu'un, et refaire les mêmes découvertes de son côté. Avec un bouquin de maths, un peu de jugeote et pas mal de travail, je peux très bien imaginer un algorithme de compression de données. Il ne s'agit en aucun cas de copier quoi que ce soit. D'ailleurs le logiciel libre a souvent du réécrire depuis le début des pans entiers de logiciels.