Les distributeurs ? Non, ils ne doivent pas faire ce qu'ils veulent. Et ceux dont le but est de faire du profit encore moins. Il te suffit de regarder autour de toi, dans d'autres domaines que l'informatique en particulier.
(je cite dans le désordre mais je ne pense pas trahir ce que tu as dit: )
Dire qu'un developpeur de logiciel proprio restreint la liberte de l'utilisateur est GROSSIEREMENT FAUX, tout simplement car l'utilisateur a le choix d'utiliser ou pas mon soft.
Oh que non. C'est comme ça que fonctionne notre système capitaliste libéral. Les entreprises ayant pour but de faire du profit, la concurrence est sensée apporter de la qualité aux produits. En pratique ça ne se passe pas aussi bien, et sans controles les consommateurs sont facilement lésés. Le libéralisme nécessite des contraintes imposées aux entreprises, aux distributeurs. Tu trouveras ça partout, dans l'alimentaire, dans l'automobile, etc. Sauf dans l'informatique. Mais que dirait-on si les autres industries adoptaient le meme raisonnement ? Je prends les arguments que tu apportes :
- Ils ne sont pas obliges d'utiliser mes softs (...)
- Ils connaissent les conditions et les consequences
Que dirait-on d'un constructeur automobile n'apportant aucune garantie, et qui en cas de grave défaillance se réfugierait derrière l'argument "J'avais rien garanti, les morts c'est pas ma faute, etc.". Idem pour l'alimentaire. Je prends des exemples où les défaillances risquent d'etre dramatiques, il y en a d'autres où c'est moins grave. Mais beaucoup de secteurs utilisant l'informatique doivent apporter des garanties sur les systèmes qu'ils fournissent. Il n'y a rien de surprenant à imposer des choses aux distributeurs.
Concernant l'informatique, et plus particulièrement la vente de logiciels : là, rien. Aucune garantie. C'est déja assez remarquable en soi, et ça doit inciter à la prudence dans l'utilisation, y compris pour les logiciels libres.
A ce manque de garantie, le logiciel libre apporte une réponse : le caractère libre donne de nombreux droits sur l'oeuvre, qui permettent de pallier aux éventuels problèmes. L'ouverture des sources et le droit de modifier permet de patcher sans attendre l'auteur. Ceci ne serait rien sans la liberté de diffuser, car un utilisateur seul sera rarement en mesure d'effectuer ce travail sauf à frais importants, en embauchant quelqu'un. Ces libertés ne sont pas parfaites, et n'apportent pas de garanties à coup sur, en particulier si le logiciel en question est peu répandu, peu utilisé. Dans ce cas les couts de réparation, ou de migration vers un autre système seront plus chers, mais possibles.
Le logiciel propriétaire quant à lui n'apporte non seulement aucune garantie, mais aucune compensation de ce type non plus. L'utilisateur est lié au fournisseur du logiciel. Il n'a aucune assurance de voir un bug corrigé ou d'avoir la possibilité de faire migrer ses données.
Une solution, pour le logiciel propriétaire, serait de retourner à sa place : etre considéré comme tout produit sur lequel l'utilisateur n'a aucun droit, aucun pouvoir, mais uniquement des dépendances. C'est à dire, dans ce cas, devoir apporter des garanties, et vérifier certains critères de qualité. Ainsi, l'utilisateur aurait au moins la possibilité d'attaquer en justice en cas de logiciel défaillant, et ne se retrouverait pas en faillite à cause d'un bug.
Ce genre de chose est tout à fait courant et meme essentiel quand les producteurs fonctionnent dans une logique de profit. Le logiciel prend le statut d'une oeuvre intellectuelle, alors que c'est un produit. On peut le comprendre par certains aspects de sa nature, mais le logiciel propriétaire utilise ce statut pour échapper aux contraintes naturelles que l'on impose aux produits, et qui ont pour but de protéger le consommateur.
Si tu es contre cette protection, c'est alors un différend idéologique. Ca se reprocherait (amha) du libéralisme dit "extrémiste" (strictement aucune contrainte). Dans ce cas c'est une question de point de vue, et ces idéologies peuvent etre considérées comme "défendables". Mais tu n'as pas l'air de voir que ce point de vue est en totale contradiction avec les principes de l'économie actuelle, sur laquelle tu te bases pourtant en général.
Quand on diffuse, quand on distribue, on a une responsabilité. Considérer que le logiciel proprio restreint les libertés de l'utilisateur, ça veut surtout dire que celui qui l'utilise peut devenir dépendant, et perdre la possibilité de changer. On ne peut pas dire "je n'oblige personne, donc je distribue ce que je veux" sans considérations relatives au consommateur. Il faudrait un minimum de justifications pour pouvoir faire ca. Et donc on pense que le logiciel libre apporte une solution convenable (pas forcément parfaite), tandis que le proprio n'en apporte pas.
J'ajouterai que la distribution de logiciel est un marché bien plus sensible que d'autres à certains effets pervers du libéralisme. Et celui ci, puisqu'il est basé sur la concurrence, devrait déja imposer certaines choses. Il y a des lois contre les monopoles. Mais en informatique, les échanges sont devenus critiques. On n'est plus à l'époque où chacun avait une utilisation relativement personnelle et où des formats ne fonctionnant que sur la plate-forme de travail convenaient. Ceci devrait également etre pris en compte, les memes effets que ceux des monopoles arrivent bien avant d'etre effectivement un monopole (amha dès qu'on dépasse la moitié du marché). Par exemple, quelles que soient les intentions de MS, en étant autant majoritaire, tous les éléments critiques à l'échange devraient etre ouvertement spécifiés, et opensourcés, ou mis en domaine public. Ca ne représente qu'une petite partie des logiciels, mais c'est la seule manière d'assurer la disponibilité des specs, mais surtout de l'interprétation réelle des formats (qu'elle soit volontairement ou involontairement mal effectuée, des erreurs rendent la spécification inutile).
Bref, considérer le logiciel propriétaire comme abusif est tout à fait logique et défendable dans un cadre de libéralisme (je ne parle pas de néolibéralisme hein), et amha imposer l'ouverture des portions de code critiques à l'échange aurait du etre imposé depuis longtemps.
D'autre part, dans la mesure où ce point de vue est motivé par une situation jugée abusive, je ne pense pas qu'on puisse parler de problème de "tolérance". Ca n'a pas de sens ici. On ne va pas dire qu'il faut etre tolérant envers quelqu'un qui abuse. Tout ce qu'il y a, c'est qu'on n'est pas d'accord sur ce caractère abusif ou non, et sur les considérations liées à la responsabilité du distributeur de logiciel. Mais quand on considère que c'est bien abusif, etre contre le logiciel propriétaire est une conséquence logique, et ça ne relève pas de l'intolérance.
[^] # Re: S'il vous plait arretez avec votre Open Source !
Posté par #3588 . En réponse à la dépêche Linus passe un peu la main. Évalué à 1.
Les distributeurs ? Non, ils ne doivent pas faire ce qu'ils veulent. Et ceux dont le but est de faire du profit encore moins. Il te suffit de regarder autour de toi, dans d'autres domaines que l'informatique en particulier.
(je cite dans le désordre mais je ne pense pas trahir ce que tu as dit: )
Dire qu'un developpeur de logiciel proprio restreint la liberte de l'utilisateur est GROSSIEREMENT FAUX, tout simplement car l'utilisateur a le choix d'utiliser ou pas mon soft.
Oh que non. C'est comme ça que fonctionne notre système capitaliste libéral. Les entreprises ayant pour but de faire du profit, la concurrence est sensée apporter de la qualité aux produits. En pratique ça ne se passe pas aussi bien, et sans controles les consommateurs sont facilement lésés. Le libéralisme nécessite des contraintes imposées aux entreprises, aux distributeurs. Tu trouveras ça partout, dans l'alimentaire, dans l'automobile, etc. Sauf dans l'informatique. Mais que dirait-on si les autres industries adoptaient le meme raisonnement ? Je prends les arguments que tu apportes :
- Ils ne sont pas obliges d'utiliser mes softs (...)
- Ils connaissent les conditions et les consequences
Que dirait-on d'un constructeur automobile n'apportant aucune garantie, et qui en cas de grave défaillance se réfugierait derrière l'argument "J'avais rien garanti, les morts c'est pas ma faute, etc.". Idem pour l'alimentaire. Je prends des exemples où les défaillances risquent d'etre dramatiques, il y en a d'autres où c'est moins grave. Mais beaucoup de secteurs utilisant l'informatique doivent apporter des garanties sur les systèmes qu'ils fournissent. Il n'y a rien de surprenant à imposer des choses aux distributeurs.
Concernant l'informatique, et plus particulièrement la vente de logiciels : là, rien. Aucune garantie. C'est déja assez remarquable en soi, et ça doit inciter à la prudence dans l'utilisation, y compris pour les logiciels libres.
A ce manque de garantie, le logiciel libre apporte une réponse : le caractère libre donne de nombreux droits sur l'oeuvre, qui permettent de pallier aux éventuels problèmes. L'ouverture des sources et le droit de modifier permet de patcher sans attendre l'auteur. Ceci ne serait rien sans la liberté de diffuser, car un utilisateur seul sera rarement en mesure d'effectuer ce travail sauf à frais importants, en embauchant quelqu'un. Ces libertés ne sont pas parfaites, et n'apportent pas de garanties à coup sur, en particulier si le logiciel en question est peu répandu, peu utilisé. Dans ce cas les couts de réparation, ou de migration vers un autre système seront plus chers, mais possibles.
Le logiciel propriétaire quant à lui n'apporte non seulement aucune garantie, mais aucune compensation de ce type non plus. L'utilisateur est lié au fournisseur du logiciel. Il n'a aucune assurance de voir un bug corrigé ou d'avoir la possibilité de faire migrer ses données.
Une solution, pour le logiciel propriétaire, serait de retourner à sa place : etre considéré comme tout produit sur lequel l'utilisateur n'a aucun droit, aucun pouvoir, mais uniquement des dépendances. C'est à dire, dans ce cas, devoir apporter des garanties, et vérifier certains critères de qualité. Ainsi, l'utilisateur aurait au moins la possibilité d'attaquer en justice en cas de logiciel défaillant, et ne se retrouverait pas en faillite à cause d'un bug.
Ce genre de chose est tout à fait courant et meme essentiel quand les producteurs fonctionnent dans une logique de profit. Le logiciel prend le statut d'une oeuvre intellectuelle, alors que c'est un produit. On peut le comprendre par certains aspects de sa nature, mais le logiciel propriétaire utilise ce statut pour échapper aux contraintes naturelles que l'on impose aux produits, et qui ont pour but de protéger le consommateur.
Si tu es contre cette protection, c'est alors un différend idéologique. Ca se reprocherait (amha) du libéralisme dit "extrémiste" (strictement aucune contrainte). Dans ce cas c'est une question de point de vue, et ces idéologies peuvent etre considérées comme "défendables". Mais tu n'as pas l'air de voir que ce point de vue est en totale contradiction avec les principes de l'économie actuelle, sur laquelle tu te bases pourtant en général.
Quand on diffuse, quand on distribue, on a une responsabilité. Considérer que le logiciel proprio restreint les libertés de l'utilisateur, ça veut surtout dire que celui qui l'utilise peut devenir dépendant, et perdre la possibilité de changer. On ne peut pas dire "je n'oblige personne, donc je distribue ce que je veux" sans considérations relatives au consommateur. Il faudrait un minimum de justifications pour pouvoir faire ca. Et donc on pense que le logiciel libre apporte une solution convenable (pas forcément parfaite), tandis que le proprio n'en apporte pas.
J'ajouterai que la distribution de logiciel est un marché bien plus sensible que d'autres à certains effets pervers du libéralisme. Et celui ci, puisqu'il est basé sur la concurrence, devrait déja imposer certaines choses. Il y a des lois contre les monopoles. Mais en informatique, les échanges sont devenus critiques. On n'est plus à l'époque où chacun avait une utilisation relativement personnelle et où des formats ne fonctionnant que sur la plate-forme de travail convenaient. Ceci devrait également etre pris en compte, les memes effets que ceux des monopoles arrivent bien avant d'etre effectivement un monopole (amha dès qu'on dépasse la moitié du marché). Par exemple, quelles que soient les intentions de MS, en étant autant majoritaire, tous les éléments critiques à l'échange devraient etre ouvertement spécifiés, et opensourcés, ou mis en domaine public. Ca ne représente qu'une petite partie des logiciels, mais c'est la seule manière d'assurer la disponibilité des specs, mais surtout de l'interprétation réelle des formats (qu'elle soit volontairement ou involontairement mal effectuée, des erreurs rendent la spécification inutile).
Bref, considérer le logiciel propriétaire comme abusif est tout à fait logique et défendable dans un cadre de libéralisme (je ne parle pas de néolibéralisme hein), et amha imposer l'ouverture des portions de code critiques à l'échange aurait du etre imposé depuis longtemps.
D'autre part, dans la mesure où ce point de vue est motivé par une situation jugée abusive, je ne pense pas qu'on puisse parler de problème de "tolérance". Ca n'a pas de sens ici. On ne va pas dire qu'il faut etre tolérant envers quelqu'un qui abuse. Tout ce qu'il y a, c'est qu'on n'est pas d'accord sur ce caractère abusif ou non, et sur les considérations liées à la responsabilité du distributeur de logiciel. Mais quand on considère que c'est bien abusif, etre contre le logiciel propriétaire est une conséquence logique, et ça ne relève pas de l'intolérance.