Comme je bosse assez près du sujet, je me permets quelques remarques.
Tout d'abord, au sujet de la cryptographie quantique (ou plutôt du chiffrement quantique). C'est une technologie qui marche déjà, et qui est commercialisée. Pour l'instant, ce n'est pas super fiable, car ça exige de générer une paire de photons, et pas deux (et on a du mal). Les principaux problèmes sont le débit (donc ça servirait plutôt à échanger une clé de session pour communiquer sur un canal classique après), et la distance : il paraît extrêmement difficile de dépasser 20 km, après quoi il faudra utiliser des répéteurs quantiques (ce qu'on ne sait pas faire). L'espoir est peut-être dans de telles communications sans fibre, dans l'air ou vers un satellite (l'épaisseur d'air à traverser est plutôt faible, en fait).
Ensuite, ce qu'on appelle l'informatique quantique. Pour résumer grossièrement, on utilise des qbits, dont l'enchevêtrement permet d'effectuer plusieurs opérations à la fois : ainsi, avec n qbits, on fait le calcul sur les 2^n combinaisons possibles (enfin, pas tout à fait).
Le problème, c'est que la cohérence de ces qbits se perd au fur et à mesure qu'on fait les calculs (bin oui, on est bien obligé de toucher au système). Et au bout d'un certain temps, on a un pauvre processeur classique à n bits. Quand on a 4 ou 5 qbits, ça marche encore à peu près. Mais pour faire un calcul complexe avec une vingtaine de qbits, nombreux sont ceux qui pensent que ça ne marchera jamais.
Et à supposer que ça marche un jour, augmenter la longueur des clés permettra de contrer efficacement les bestioles quantiques.
En fait, le vrai problème, c'est qu'une clé pourrait être découverte après coup. Si on garde la transcription de la session pour plus tard, on peut atteindre un niveau technologique permettant de la casser et découvrir la clé. Avec le chiffrement quantique, ce problème n'existe pas.
D'où l'intérêt de changer de clés suffisamment souvent.
# Mon grain de sel
Posté par Jar Jar Binks . En réponse à la dépêche Premier craquage quantique. Évalué à 10.
Tout d'abord, au sujet de la cryptographie quantique (ou plutôt du chiffrement quantique). C'est une technologie qui marche déjà, et qui est commercialisée. Pour l'instant, ce n'est pas super fiable, car ça exige de générer une paire de photons, et pas deux (et on a du mal). Les principaux problèmes sont le débit (donc ça servirait plutôt à échanger une clé de session pour communiquer sur un canal classique après), et la distance : il paraît extrêmement difficile de dépasser 20 km, après quoi il faudra utiliser des répéteurs quantiques (ce qu'on ne sait pas faire). L'espoir est peut-être dans de telles communications sans fibre, dans l'air ou vers un satellite (l'épaisseur d'air à traverser est plutôt faible, en fait).
Ensuite, ce qu'on appelle l'informatique quantique. Pour résumer grossièrement, on utilise des qbits, dont l'enchevêtrement permet d'effectuer plusieurs opérations à la fois : ainsi, avec n qbits, on fait le calcul sur les 2^n combinaisons possibles (enfin, pas tout à fait).
Le problème, c'est que la cohérence de ces qbits se perd au fur et à mesure qu'on fait les calculs (bin oui, on est bien obligé de toucher au système). Et au bout d'un certain temps, on a un pauvre processeur classique à n bits. Quand on a 4 ou 5 qbits, ça marche encore à peu près. Mais pour faire un calcul complexe avec une vingtaine de qbits, nombreux sont ceux qui pensent que ça ne marchera jamais.
Et à supposer que ça marche un jour, augmenter la longueur des clés permettra de contrer efficacement les bestioles quantiques.
En fait, le vrai problème, c'est qu'une clé pourrait être découverte après coup. Si on garde la transcription de la session pour plus tard, on peut atteindre un niveau technologique permettant de la casser et découvrir la clé. Avec le chiffrement quantique, ce problème n'existe pas.
D'où l'intérêt de changer de clés suffisamment souvent.