• [^] # Re: Rumeurs et vérités

    Posté par . En réponse à la dépêche Le GNU bientôt dans (tous) les collèges ?. Évalué à 1.

    Je ne vais pas tout reprendre ce qui est dit dans le message de bzizou, mais souligner quelques points. Dans l'Education Nationale la situation est très contrastée, pas seulement en ce qui concerne Linux, mais du point de vue de l'équipement et de l'usage des machines et programmes informatiques. Cela est vrai à l'intérieur d'un même établissement. Il faut rajouter à cela la disparité de statut entre école, collège, lycée et université, car les autorités de tutelle (donc la pompe à finance) sont différentes selon l'établissement (c'est la ville qui gère matériellement les écoles, le département pour le collège, la région pour le lycée et l'État pour l'université. Les dotations en matériel, et les standards définis à ce niveau ne sont pas uniformes). Il faut enfin ajouter la disparité dans le dynamisme et la compétence des acteurs sur le «terrain». Je connais deux collèges qui disposent d'installations Linux de "la bombe de la mort qui tue", où une seule (compétente) personne pilote son affaire en toute sérénité, ayant été à l'initiative du cahier des charges, etc. J'en profite pour dire que la télémaintenance avec externalisation du service me paraît être une solution adéquate dans l'Éducation Nationale pour une raisn simple : un professeur professe et si en plus on lui donne la charge du réseau, c'est lui qui entendra les nombreux «ça imprime pô! cé la faute à Henry qu'est sur l'internet»; jamais on ne verra le Ministère de l'Éducation Nationale payer un ingénieur réseau pour régler TOUS les problèmes, d'autant que souvent des applications spécifiques plantent, qui ne sont connues que par le professeur de biologie.
    Tout le monde cherche l'automatisation de l'administration du réseau dans un environnement d'usagers non professionnels - que j'appelle environnement à haut risque, y compris parce que les câbles sont débranchés - (vu qu'il s'agit la plupart du temps d'exercer des élèves de tous âges à des tâches variées, sur des machines qui se trouvent de fait devoir être polyvalentes). Il existe donc 2 problèmes :
    1) les services réseau, dont le cahier des charges doit être élaboré en concertation avec des professionnels extérieurs à l'établissement;
    2) les applications, qui présentent, on l'a dit, un frein à l'homogénéité du service, car elles obligent à passer par un protocole comme SAMBA, mais surtout parce qu'elles viennent d'un univers ou stabilité et fragilité, absence de sécurité, sont de mise.
    Il est évident que seuls les utilisateurs sont en charge du choix des applis, mais c'est là où ça devient difficile, car il n'y a pas homogénéité des savoir-faire et des connaissances en ce domaine : les personnels ignorent aussi bien StarOffice que Word. Parfois ils veulent un programme qui passe du français au chinois et inversement(en langue 3). Un autre, pour le même parc de machine dans la même salle voudra étudier et faire produire des graphiques en extrayant des bases sur CDROM sous Win/Mac; et ainsi de suite.
    Sur les services réseau, ils faut qu'ils soient transparents.
    Dans mon lycée, on a choisi une solution RH 6.2 (eh! oui! je préfère Debian, mais IBM certifie les serveurs avec Red Hat), sur serveur Netfinity, le tout avec des wagons répartis en 3 sous réseaux de 10 machines chacun. Le serveur distribue la connexion internet et les applications communes (comme l'encyclopaedia universalis et autres BCDI =><troll> je rappelle qu'il n'y a rien d'utilisable pour ce public en libre qui soit véritablement développé</troll>.
    On a choisi une solution simple, voici déjà 1 année 1/2. Chaque poste se lance à la vitesse de la lumière sur une partition win (on ne voit pas le dual boot) qui contient l'image dézippée d'un gros fichier-répertoire bzippé sur /var. On peut transformer le contenu de ce fichier par un script, après nettoyage de l'image windoze; on installe les applis, vire les virus, les fichiers /tmp et on backup notre partition win sur linux. Toutes les semaines, voire plus souvent, quelqu'un passe et au démarrage de la machine, appuie sur la touche tab et entre la commande login: restore password:restore (commande très difficile à mémoriser ;-)).
    Le système redéveloppe une install propre de win (donc pas besoin d'antivirus, sauf si on ne dévérole pas à fond un win qu'on sait vérolé), et la maintenance de la couche win se fait comme cela.

    Avantages : personne n'y connaissant rien on apprend 2 gestes qui sauvent + 1 troisième : la disquette de restauration en cas de gros pépin.
    Inconvénients : si, pour des raisons X ou Y vous avez affaire à une administration qui ne suit pas vous vous retrouvez avec un beau réseau sans maintenance ou embryonnaire. C'est ce qui arrive dans le lycée, depuis que l'administration a été incapable de nouer des liens commerciaux simples avec la boîte linuxienne qui nous a concocté ce beau bijou (aucune panne en 1 an). On peu sans doute trouver des compétences au CRDP, ou ponctuellement, mais comme le dit bzizou, il vaut mieux que les mots de passe root soient entre les mains d'un expert.
    En résumé notre installation a été faite à un moment où Linux laissait dubitatif les «experts». Maintenant on parle des serveurs SLIS ou de PINGOO, mais en réalité la question reste celle de la maintenance (et donc de la formation des personnels) au plan des services réseau (comptes, etc.) et des applications. L'hétérogénéité, via Samba, n'est pas une solution viable et la formation actuelle officielle proposée en maintenance réseau est proposée pour ... Win/NT. Linux n'est donc pas attendu à bras ouvert d'autant plus que les logiciels qui pourraient remplacer M$ sont méconnus ou peu ou pas utilisés (nous utilisons la version Win de StarOffice, pour des raisons de coût de licence).
    Cela dit, la fonction publique ne se résume pas à l'Education Nationale; je crois savoir qu'une partie de la Caisse des Dépôts et Consignations est sous Linux, et que le futur Musée des Arts Premiers serait aussi sous pingouin.
    En résumé, selon les établissement la logistique est tellement lourde, les relations humaines tellement préhistoriques qu'à part dans un petit établissement rural, je ne vois pas comment un enseignant pourrait gérer efficacement un bon réseau à tout faire y compris le café. on a vraiment besoin d'experts réseau, mais aussi d'applications géniales (je pense à quelque chose comme LyX en unicode), et surtout de quelque chose qui fait défaut : la possibilité pour les décideurs de voir, comprendre et apprécier un outil solide et fiable au plan de la sécurité.