• # Il ya trois choses qui me chagrinent:

    Posté par . En réponse à la dépêche Dispositions européennes sur la cybercriminalité. Évalué à 1.

    1)
    Je ne sais pas (encore) ce que vous en pensez, mais je commence à etre un peu gavé d'entendre parler de "cybercrime" ! Et plus particulièrement d'etre légiféré par des gens dont l'informatique n'est pas la vocation. Depuis 2 ans, la cybermania est de mise jusque chez les gens soi-disant les plus sérieux. Tout le monde se pretait à croire que le troisième millénaire -et ses guerres- seraient virtuels. Les événements d'il y a deux mois nous ont tous ramenés sur Terre. On aurait pu croire que cela nous aurait servi de leçon. A la place, on persiste et on ajoute en plus à la va-vite la LSQ.

    Aujourd'hui entrer dans un ordinateur ou défacer un site par exemple est plus grave que de cambrioler une maison ! C'est un comble ! Alors que dans la majorité des cas il suffit de presser le bouton RESET et d'attendre une minute pour que tout rentre dans l'ordre.

    Qu'on ne me parle pas de la gravité des données qui peuvent etre détournées. Il s'agit là d'un "crime" d'une manière générale, qu'importe la manière utilisée, et encore, le seul "crime", si crime il y a, réside dans l'usage que l'on fait des informations récupérées. Mais le simple fait de pénétrer dans un ordinateur, à mon humble avis, peut à peine etre qualifié de délit.

    Puisqu'on en est à jouer sur les mots, "pénétrer" est en lui-meme incorrect, puisqu'il n'y a pas de déplacement physique. Il s'agit en fait de poser les bonnes questions à l'hote distant, qui LUI vous répondra. C'est comme baratiner une hotesse d'accueil pour avoir des infos. Tourné de cette manière, cela renverrait la responsabilité sur le propriétaire (qui n'a qu'à verrouiller sa machine proprement: Si un cambrioleur vous vole alors que vous avez laissé votre maison ouverte, il n'y aura ni effraction, ni dédomagement), et surtout l'éditeur du logiciel. Evidement va y avoir des tensions.
    "Accès illégal" ? On accède à l'ordinateur à partir du moment où on établit un dialogue avec. Un accès illégal à un site web ne peut pas se définir.

    Mais bon: Internet était le nouveau Far West, donc on y a vu s'y installer successivement les pionniers, les immigrants, les vendeurs, les cowboys et enfin les shérifs et les marshals.

    2)

    - Texte au format HTML
    - Texte au format Word

    Alors là, je m'insurge. Que tout le monde n'utilise pas Unix, ça je l'intègre, mais proposer un format "Word" purement propriétaire sans meme une version PS ou à la limite PDF, c'est pratiquement de la provocation. Ca anihile d'un coup toute notion de compétence et d'impartialité à la fois. Et si Microsoft décidait du jour au lendemain de réclamer des royalties sur son format comme Unisys avec .gif ?

    3)

    Meme si cela ne semble qu'étendre à l'Europe des lois déjà adoptées en France, meme si effectivement les consultants en sécurité ne sont pas encore hors-la-loi, c'est un pas de franchi, et le chemin restant à parcourir n'est pas très long.

    En plus, comme par hasard, c'est exactement la politique de la firme de Billou qui déclarait il y a quelques jours qu'il fallait interdire la diffusion des failles de sécurité.

    J'ai beau me dire qu'il n'y a probablement pas de relation directe de cause à effet, je ne peux me sortir cette idée de la tete.

    Mes amis, nous sommes en danger.