C’est dur de faire admettre aux gens ce qu’implique la « décroissance ». Toutefois il faut reconnaître qu’un modèle économique qui repose sur la sur-consommation des biens et, surtout, leur faible durée de vie est assurément un modèle économique défaillant sur le long terme (« la fuite en avant »). Je crois qu’il y a un juste milieu à trouver pour permettre une démocratisation des produits (ie. le prix n’en fait pas des produits de luxe) sans pour autant en faire des produits à faible durée de vie. Certes ces derniers seront plus chers, mais ce raisonnement est en partie biaisé : on peut espérer que la durée de vie en sera automatiquement augmentée.
Pour illustrer mon propos, un exemple simple : l’activité des services après-vente. Il y a à peine quinze ans le travail constituait à réparer les objets, il y a dix ans il s’agissait de remplacer de gros blocs de pièces, il y a cinq ans on a commencé à échanger directement le produit. Il est en fait moins cher pour un fabricant de produire un stock, non mis en vente, pour remplacer le pourcentage de produits défectueux, pourcentage qui peut être obtenu à l’avance avec de bons ingénieurs. On pourra me rétorquer qu’il y a des difficultés techniques : la miniaturisation à l’extrême fait qu’il n’est plus possible de réparer un produit défectueux, c’est en partie vrai, mais il y a pourtant énormément de gâchis et de produits jeté alors que la réparation est faisable, parfois triviale. C’est, dans notre économie actuelle, moins cher, par contre on se rend bien compte que ça a quelque chose de sous optimal, comme on dit... y’a une couille dans le potage et c’est un exemple de ce qu’implique une faible durée de vie des produits.
Le problème est que cette fuite en avant est quasi-institutionnalisée et qu’il est difficile d’en sortir individuellement. En effet, les prix ne sont plus le reflet de la qualité intrinsèque des produits ; parfois derrière la façade se trouve la même électronique fabriqué par la même usine, et on est bien content quand l’assemblage diffère... Et ne parlons pas des arnaques en tout genre dont l’exemple le plus criant est le cas des abonnements téléphoniques qui incluent le prix des portables renouvelables régulièrement. Je suis aussi de plus en plus scandalisé par la récupération qui est faite de l’écologie, qui participe à ce mouvement : à l’heure actuelle toute mesure écologique consiste à consommer et produire toujours plus, avec, dans le meilleur des cas, un très hypothétique gain écologique.
D’un autre côté, les écarts de richesses font que des gens vivent dans l’opulence pour suivre un rythme de production effréné, tandis que d’autres ne peuvent même pas se nourrir convenablement. Si les inégalité étaient moins criantes, l’effet de masse jouerait tout autant sans pour autant impliquer une sur-abondance.
Le but de mon propos est que, certes, les gens n’ont pas conscience que la « décroissance » implique des sacrifices, mais qu’il faut relativiser et bien admettre l’idée que la sur-abondance ne participe pas à la qualité de vie.
[^] # Re: Le truc qui va vous faire mal...
Posté par nicolas . En réponse au journal décroissance informatique. Évalué à 6.
Pour illustrer mon propos, un exemple simple : l’activité des services après-vente. Il y a à peine quinze ans le travail constituait à réparer les objets, il y a dix ans il s’agissait de remplacer de gros blocs de pièces, il y a cinq ans on a commencé à échanger directement le produit. Il est en fait moins cher pour un fabricant de produire un stock, non mis en vente, pour remplacer le pourcentage de produits défectueux, pourcentage qui peut être obtenu à l’avance avec de bons ingénieurs. On pourra me rétorquer qu’il y a des difficultés techniques : la miniaturisation à l’extrême fait qu’il n’est plus possible de réparer un produit défectueux, c’est en partie vrai, mais il y a pourtant énormément de gâchis et de produits jeté alors que la réparation est faisable, parfois triviale. C’est, dans notre économie actuelle, moins cher, par contre on se rend bien compte que ça a quelque chose de sous optimal, comme on dit... y’a une couille dans le potage et c’est un exemple de ce qu’implique une faible durée de vie des produits.
Le problème est que cette fuite en avant est quasi-institutionnalisée et qu’il est difficile d’en sortir individuellement. En effet, les prix ne sont plus le reflet de la qualité intrinsèque des produits ; parfois derrière la façade se trouve la même électronique fabriqué par la même usine, et on est bien content quand l’assemblage diffère... Et ne parlons pas des arnaques en tout genre dont l’exemple le plus criant est le cas des abonnements téléphoniques qui incluent le prix des portables renouvelables régulièrement. Je suis aussi de plus en plus scandalisé par la récupération qui est faite de l’écologie, qui participe à ce mouvement : à l’heure actuelle toute mesure écologique consiste à consommer et produire toujours plus, avec, dans le meilleur des cas, un très hypothétique gain écologique.
D’un autre côté, les écarts de richesses font que des gens vivent dans l’opulence pour suivre un rythme de production effréné, tandis que d’autres ne peuvent même pas se nourrir convenablement. Si les inégalité étaient moins criantes, l’effet de masse jouerait tout autant sans pour autant impliquer une sur-abondance.
Le but de mon propos est que, certes, les gens n’ont pas conscience que la « décroissance » implique des sacrifices, mais qu’il faut relativiser et bien admettre l’idée que la sur-abondance ne participe pas à la qualité de vie.