• [^] # Re: Banques

    Posté par . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 1.

    > Et là il reste ouvrier dans une usine a visser des boulons toute la journée, toute sa vie aussi et au jour le jour.
    Dans le monde fantasmé des marxistes seulement.
    L’ouvrier occidental, il a :
    - l’eau courante, l’électricité, à manger tous les jours, l’accès aux soins, un abri chauffé, et des appareils pour lui faciliter son quotidien que Louis XIV aurait considéré comme de la magie (ou de la sorcellerie ;))
    - il peut aller en vacances à l’autre bout du monde (oui, en économisant, et ? il en a la possibilité ! rien que ça devrait paraître incroyable à un paysan qui ne vit que de troc)
    - il a un accès à internet, un téléphone portable, la télé,
    - il a accès à plus de culture, de livres, de musique et de spectacles que les plus nantis des siècles précédents. Une vie entière est-elle suffisante pour se faire la totalité de Wikisource + Gallica + Google Books ?

    Bon sang, il a accès à tous ces services, et des centaines d’autres tellement évidents qu’on les oublie, et tellement indispensables qu’on arriverait maintenant difficilement à vivre sans, que c’est un miracle qu’un travail quotidien aussi ingrat, aussi peu utile dans l’absolu, arrive à les payer ! Et note que ce n’est pas un cadeau de la société envers cet ouvrier, c’est son dû ! Comment arrives-tu à ne pas t’émerveiller devant cela ? J’avoue que c’est quelque chose que je ne comprendrai jamais, être aussi blasé devant un tel miracle répété quotidiennement.

    Parlons de moi : je fais quoi pour la société ? Je développe des logiciels pendant des mois, qui seront vaguement utilisés par au plus une petite centaine de personnes, si ça marche bien. Et cette petite centaine de personnes ne font pas de choses beaucoup plus utiles pour la société. Et pourtant, la valeur de ce service suffit à me payer un bijou telle que la machine sur laquelle j’écris ce message. Sans que je n’aie rien volé personne ! Pire, en ayant donné plus que je n’ai reçu à chaque personne avec qui j’ai échangé (sinon, elles n’auraient pas échangé avec moi) ! Tu ne trouves pas ça magique ? Fabuleux ?

    Désolé pour l’envolée lyrique. Mais franchement, un de ces jours, quand tu te réveilles, fait le compte de chaque objet que tu utilises dans la journée, essaie d’imaginer le nombre de personnes qui ont dû être rémunérées afin de le fabriquer, additionne le tout, compare ceci à ton travail de la journée. Ne te semble-t-il pas minable, misérable ? Et pourtant, c’est le cas de chacun d’entre nous. J’ai beau connaître le secret derrière cette magie, ça reste impressionnant.

    Alors tu peux fantasmer sur le troc qui empêcherait l’existence des méchants capitalistes si ça t’amuse, bien au chaud derrière ton écran. Moi, je préfère vivre dans mon monde capitaliste plein de méchants exploiteurs, mais tellement magique.

    (bon, pour le HS, il faudra que je re-regarde noir. Mais puisque ça vient d’une chanson, je pencherai pour un conditionnel raccourci pour faire joli ;))