• [^] # Re: Non, non et non

    Posté par . En réponse au journal Piratage et logiciel libre. Évalué à 6.

    Moi, je ne partage pratiquement rien de cette analyse.

    - En quoi l'organisation politique qui se fonde peu à peu dans certains pays , le " parti pirate " , représente-t-il réellement les individus qui violent des droits étendus par la DADVISI ( et pas avant, où seule la redistribution contre rétribution pouvait et était réellement sanctionnée )
    - L'utilisation du mot " pirate " est un non-sens, pour ma part, les personnes que je connais qui "violent " les droits de distribution des œuvres , ce sont des entreprises ( les Majors sont les premiers à violer les contrats qui les lient aux créateurs ), ou des individus établis en société, qui ont un travail ou qui n'en ont pas, et qui agissent sans avoir conscience des enjeux liés à leurs actes. Tout ceci est à l'opposé de la piraterie.
    - L'utilisation du copyright pour la gestion des droits des créateurs est à nuancer avec le droit français qui reconnaît la paternité de toute œuvre publiée sans avoir à " s'enregistrer " .
    - Placer le débat en confrontant " Parti pirate " et " Association pour la défense des logiciels libres " est extrêmement dangereux pour plusieurs raisons :
    1/ Confronter un parti politique face à une fondation, une association non lucrative, une association loi 1901 , ou toute autre structure non commerciale dont le but est de fédérer ceux qui promeuvent le libre et le copyleft peut faire dériver fortement les attitudes de ces associations, servir de prétexte à un gouvernement pour faire voter des lois encadrant/tuant ces associations , et faire fuir les gens qui se retrouvent totalement dans des objectifs des associations comme l'AFUL. Demander ( de la part, visiblement de quelqu'un qui souhaite remettre en cause le copyright ) que LES ACTEURS DU LIBRE s'impliquent dans cette bagarre alors que ces acteurs adhèrent à des associations qui ont leurs propres objectifs, c'est se tromper de client et se tromper d'interlocuteurs. La prise de position visant à tuer les notions de copyright est d'abord une prise de position politique et d'abord un débat avec tous les citoyens des pays concernés.
    2/ Le parti pirate n'est pas le seul parti qui soulève la question de l'échange de fichiers à domicile ( par l'intermédiaire du net ou en gravant des CD ) . La question de la propriété et de la gestion sociale de la propriété est une question fondamentale pour le système politique dans lequel nous nous trouvons.
    La reconnaissance du domicile privé est aussi une notion fondamentale du droit français ou devrait l'être.
    Par contre, le parti pirate est pratiquement le seul dont les objectifs pourraient aboutir à une disparition totale des droits des œuvres par leurs auteurs. Serait-il envisageable que le créateur se retrouve dépossédé de son œuvre et que seuls ceux qui ont les moyens de la redistribution des œuvres puissent en tirer bénéfice ? ( dans les magasins , les supermarchés ou sur le net ? ) . La position de la FSF est pourtant claire à ce sujet. Tu as mis le lien, mais, l'as-tu lu ?

    Que diraient les créateurs s'ils ne peuvent plus financer leurs concerts et leurs déplacements en partie par le fruit de leur travail ?
    Je rappelle qu'en ce qui concerne HADOPI, aucun article de cette loi ne donne plus de droit aux créateurs, en fait, seuls les distributeurs sont impliqués et peuvent en tirer bénéfice .

    Sedullus dux et princeps Lemovicum occiditur