Il n'y a rien d'incohérent avec le fait d'être à la sacem, tu mélange deux domaines qui n'ont rien à voir a part que quelques personnes dans chacun des deux utilisent les même licenses.
Pas forcément !
Le logiciel libre est un mouvement. Comme tout mouvement, il vient avec:
- un discours: les licences logicielles libres comme la GPL par exemple
- une pensée qui s'exprime par exemple dans les évolutions de la GPL pour tenir compte de certains facteurs nouveaux
- une action: le projet GNU, le noyau Linux,etc... tout ce qui nous permet d'avoir des logiciels libres fonctionnels
- des arguments construits: les 4 libertés, les réflexions sur les DRM, les brevets logiciels, etc...
- des personnes diverses et variées qui font de l'animation: la FSF, Debian, etc...
- des variations: OpenSource vs FreeSoftware par exemple
En plus de tout ça, le mouvement du logiciel libre a "enfanté" (essaimé) sur d'autres aspects que les logiciels ou le code source.
Par exemple, Wikipedia a bien profité du logiciel libre, tant dans son infrastructure qui est construite avec ces briques libres, que dans sa posture de partage et d'ouverture (n'importe qui peut lire et "presque" n'importe qui peut écrire), similaire au partage et à l'ouverture du code dans le logiciel libre, ou bien encore, sur la partie juridique: la licence de publication de Wikipédia est fortement inspirée des travaux menés par le mouvement du logiciel libre. Cf: http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia#Filiations_cultu(...)
Un autre exemple est celui des contenus numériques sous licence Creative Commons. Il est peu probable que Lawrence Lessig ait inventé le concept des CC et rédigé le texte de la licence s'il n'y avait pas eu, auparavant, des gens qui avaient exploré le sujet et qui avaient essuyé les plâtres d'un projet de "libération". Ce premier sujet était le logiciel, grâce, entre autre à l'impulsion initiale de RMS. Ca aurait pu être autre chose (la bande dessinée, la sculpture sur grain de riz, etc...) mais, tout a commencé sur le logiciel et le code source qui va avec.
Mais, finalement, en plus de cette filiation/essaimage du logiciel libre vers le reste, il y a un concept global de "libération"/"liberté" et de "partage" qui s'applique à plein de domaines différents: les arts, la technique, le logiciel, la cuisine, l'écriture, la musique, etc... Certains secteurs sont plus en avance que d'autres (le premier d'entre eux étant le logiciel).
En conclusion, un chanteur, donc un artiste, sensibilisé au "libre" par le logiciel a donc bien compris ce concept global et il sait par ailleurs qu'en plus de ce sujet bien particulier, le "libre" s'applique à d'autres choses, la musique dans son cas. Certes, il est libre de ne pas choisir le "libre" pour la musique, c'est son choix personnel. Effectivement, l'auteur, même sensibilisé, fait ce qu'il veut de ses créations.
Néanmoins, les libristes que nous sommes, ont également le droit de lui faire remarquer son incohérence sur le sujet et à quel point son attitude et sa posture manquent d'intégrité.
Pour terminer sur ce sujet, rappelons que le rapport de force dans la musique n'est pas en faveur du libre. Les majors ont une action incontestable sur le marché de la musique qu'ils dominent allègrement imposant leurs choix aux artistes et au public. Leur emprise sur la loi et le politique (cf DADVSI, LCEN, HADOPI) est manifeste. Ils tentent de contrôler davantage la norme sociale (plutôt favorable au téléchargement en général, même illégal) à travers des opérations de communication d'ampleur comme la propagande présente sur les DVD (attention, je dis quand même que c'est mal de pirater, mais ce que je souligne c'est la manière de le dire avec l'objectif de modifier le comportement de la société en faveur des intérêts propres des maisons de disque). En face, pour l'instant, nous manquons d'artistes majeurs qui contribuent à la musique libre et à sa diffusion. Oxmo Puccino pourrait en faire partie (même partiellement), c'est d'autant plus dommage pour quelqu'un qui connaît et semble reconnaître le libre.
Bénis soyez-vous si vous avez lu jusqu'au bout ;-)
[^] # Re: Pas étonnant
Posté par Médéric RIBREUX (site web personnel) . En réponse au journal Oxmo, le geek et le libre. Évalué à 7.
Pas forcément !
Le logiciel libre est un mouvement. Comme tout mouvement, il vient avec:
- un discours: les licences logicielles libres comme la GPL par exemple
- une pensée qui s'exprime par exemple dans les évolutions de la GPL pour tenir compte de certains facteurs nouveaux
- une action: le projet GNU, le noyau Linux,etc... tout ce qui nous permet d'avoir des logiciels libres fonctionnels
- des arguments construits: les 4 libertés, les réflexions sur les DRM, les brevets logiciels, etc...
- des personnes diverses et variées qui font de l'animation: la FSF, Debian, etc...
- des variations: OpenSource vs FreeSoftware par exemple
En plus de tout ça, le mouvement du logiciel libre a "enfanté" (essaimé) sur d'autres aspects que les logiciels ou le code source.
Par exemple, Wikipedia a bien profité du logiciel libre, tant dans son infrastructure qui est construite avec ces briques libres, que dans sa posture de partage et d'ouverture (n'importe qui peut lire et "presque" n'importe qui peut écrire), similaire au partage et à l'ouverture du code dans le logiciel libre, ou bien encore, sur la partie juridique: la licence de publication de Wikipédia est fortement inspirée des travaux menés par le mouvement du logiciel libre. Cf: http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia#Filiations_cultu(...)
Un autre exemple est celui des contenus numériques sous licence Creative Commons. Il est peu probable que Lawrence Lessig ait inventé le concept des CC et rédigé le texte de la licence s'il n'y avait pas eu, auparavant, des gens qui avaient exploré le sujet et qui avaient essuyé les plâtres d'un projet de "libération". Ce premier sujet était le logiciel, grâce, entre autre à l'impulsion initiale de RMS. Ca aurait pu être autre chose (la bande dessinée, la sculpture sur grain de riz, etc...) mais, tout a commencé sur le logiciel et le code source qui va avec.
Mais, finalement, en plus de cette filiation/essaimage du logiciel libre vers le reste, il y a un concept global de "libération"/"liberté" et de "partage" qui s'applique à plein de domaines différents: les arts, la technique, le logiciel, la cuisine, l'écriture, la musique, etc... Certains secteurs sont plus en avance que d'autres (le premier d'entre eux étant le logiciel).
En conclusion, un chanteur, donc un artiste, sensibilisé au "libre" par le logiciel a donc bien compris ce concept global et il sait par ailleurs qu'en plus de ce sujet bien particulier, le "libre" s'applique à d'autres choses, la musique dans son cas. Certes, il est libre de ne pas choisir le "libre" pour la musique, c'est son choix personnel. Effectivement, l'auteur, même sensibilisé, fait ce qu'il veut de ses créations.
Néanmoins, les libristes que nous sommes, ont également le droit de lui faire remarquer son incohérence sur le sujet et à quel point son attitude et sa posture manquent d'intégrité.
Pour terminer sur ce sujet, rappelons que le rapport de force dans la musique n'est pas en faveur du libre. Les majors ont une action incontestable sur le marché de la musique qu'ils dominent allègrement imposant leurs choix aux artistes et au public. Leur emprise sur la loi et le politique (cf DADVSI, LCEN, HADOPI) est manifeste. Ils tentent de contrôler davantage la norme sociale (plutôt favorable au téléchargement en général, même illégal) à travers des opérations de communication d'ampleur comme la propagande présente sur les DVD (attention, je dis quand même que c'est mal de pirater, mais ce que je souligne c'est la manière de le dire avec l'objectif de modifier le comportement de la société en faveur des intérêts propres des maisons de disque). En face, pour l'instant, nous manquons d'artistes majeurs qui contribuent à la musique libre et à sa diffusion. Oxmo Puccino pourrait en faire partie (même partiellement), c'est d'autant plus dommage pour quelqu'un qui connaît et semble reconnaître le libre.
Bénis soyez-vous si vous avez lu jusqu'au bout ;-)