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    Posté par . En réponse au journal Pour l'été, faites vous enfler.. Évalué à 6.

    "Humm mais que s'est il passé ? Qu'est ce que je fous là ? Putain ce mal de crane." David se lève de devant l'ordinateur et cherche autour de lui une explication, un répère, une ancre psy qui lui permettrait de mettre les éléments dans l'ordre. La pièce est maussade, laide, sombre et mal entretenue. Tout lui rappelle les années 70, le papier peint mural, le lit, ces meubles fait avec plus de colle que du bois aux couleurs criardes heureusement délavées. Sur l'écran le même message s'affiche encore et encore "David, que fais tu ? David, réponds !".

    Après s'être passer la tête sous l'eau froide, il s'allonge sur le lit et s'endors. Une vieille habitude chez lui, David s'est toujours servi du sommeil, aidant sa mémoire à compresser et organiser ses souvenirs. Une petite vingtaine de minutes plus tard David se lève, et jette un oeil sur l'ordinateur. L'écran s'est rempli d'appels, de messages. "Putain mais que se passe t il ? Pourquoi mes souvenirs sont ils absents ?". Et qui est cette Juliette ? Elle semble mieux me connaitre que je ne me connais moi même.
    "Juliette1378, Juliette1378" se répète il.

    Il enfile ses chaussures et essai d'ouvrir la porte d'entrée : fermée. Pas de clef.
    Reprenant place devant cet ordinateur, il tapotte quelques mots à "juliette1378", mais quelque chose ne colle pas, Juliette ne répond pas à ses questions, se contentant de lui répeter "Ne bouge pas, ils arrivent bientôt"
    Qui, ils ?
    "Je te re-contacte plus tard" lui écrit il.

    David masque la webcam avec une feuille pliée, et de toutes ses forces essai d'ouvrir la porte d'entrée : impossible. "Elle est blindée, il me faut trouver une autre solution". Une fenêtre ? impossible, trop haut, et aucune prise latérale suffisante. "Bon, reprenons, je suis chez moi, à Paris, et c'est un immeuble de la Défense. Un appartement au coeur de bureaux... Personne dehors, nous sommes le week end, peut être dimanche. Retournant à la salle de bain il examine les murs : "celui là n'est pas porteur et sonne comme du placo, go!", il dévisse un pied de métal du petit meuble de l'évier et commence à taper sur ce mur. L'écran de l'ordinateur le ton a changé "David, non ne fait pas ça, reste calme, attends notre équipe, si tu sort tu es mort. David ? David ?.. ?".

    Deux ans plus tôt.
    Toute la petite communauté du village de freizenberg est en émoi : l'un des leurs vient d'être reçu aux tests d'entrée de Sifa Pharmaceutical Industry. Avant même d'avoir reçu sa convocation au siège, David l'avait compris en voyant cette lettre de sa banque lui informant d'une ouverture de crédit spécifique. C'était la manière de dire "bienvenue" chez Sifa, il le savait. Seule manquait la missive officielle par courrier postal. Dès son arrivée à la poste locale, la nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre dans le village.
    "Je suis fier de toi, mon fils, tu as déjà accompli de grandes choses, mais le meilleur reste à venir. Dieu est à tes côtés mon fils, il l'a toujours été et le sera toujours". La Sifa, ho bien sûr il n'occuperait pas un emploi de chercheur, malgrès ces brillantes études qui l'avaient finalement menées à devenir docteur en exo-biologie. C'était la règle, il le savait. Mais il accomplissait un rêve qui s'était petit à petit construit et affiné au cours de sa vie d'étudiant. "Nous sommes tous loin de ce que nous fummes, mon fils"

    Le mur commence à céder, morceaux de platre par morceaux de platre. Coup après coup, David se souvient. De tout.
    "Merde il se casse" Juliette saisie son mobile, lance un appel "mais merde qu'est ce que vous foutez, il est en train de se casser, vous êtes où ?" "baisse d'un ton fillette, tu n'étais pas censé le retenir avec ton ingénieuse idée s'il se réveillait trop tôt ? On arrive là, on monte. Charles et Marc-André sont postés sur le parvis, t'inquiètes pas il va pas allez loin"