• [^] # Re: comprends pas

    Posté par . En réponse au journal Le BSA et IDC savent comment résoudre la crise. Évalué à 10.

    C'est assez amusant, parce que je sors d'une école d'art, et que certains de mes camarades se sont posé la question récemment : « Pour le boulot, on fait comment avec nos versions piratées ? On regarde le prix des licences ? ».

    Ils ont vite déchanté, et j'en ai profité pour leur proposer de se former sur les logiciels libres.
    Plusieurs problèmes se posent alors. D'abord, des problèmes techniques, tels que la gestion du CMJN, par exemple (puis là dessus, je ne peux pas les aider, parce que je crée surtout pour des écrans. Mais eux veulent imprimer).
    Ensuite, vient le problème de l'interface : ils ont appris pendant trois ans à se servir d'un logiciel, et ne veulent pas recommencer avec un autre.

    L'apprentissage, au moins dans le milieu du graphisme, mais ailleurs aussi, je suppose, est un énorme frein. Les professionnels qui viennent nous transmettre leur savoir ne nous apprendrons pas Gimp, mais Photoshop. L'école qui possède les postes de travail n'installe pas Gimp, mais Photoshop (une licence pour une quarantaine de postes d'ailleurs. Dans le domaine de l'éducation, le piratage ne choque pas du tout). Ces logiciels deviennent de véritables drogues : les élèves ne peuvent plus s'en passer, parce qu'ils ont passé trop de temps dessus (il m'arrive la même chose avec Linux, soit dit en passant : je n'arrive pas à passer sur BSD... Puis de inkscape à illustrator, j'ai la sensation de passer d'une feuille de papier à une plaque de marbre. Comme quoi, ça marche dans les deux sens ).

    Ils n'ont pas d'argent, doivent rembourser l'emprunt qu'ils ont fait pour payer leurs études, et doivent en plus se pencher sur l'achat d'une licence, et d'un ordi capable de supporter le logiciel (parce que ce truc qui coute si cher prend 5 Go d'espace disque, 3Go de RAM, demande un processeur avec un jeu d'instruction récent...)...

    Bref, les voilà confronté à un choix : pirater le logiciel, ou apprendre à se servir d'un nouveau. Et la première solution leur semble plus convenable, parce qu'à quoi bon avoir fait une école si c'est pour tout réapprendre derrière, avec un logiciel qui a pas toutes les fonctionnalités voulues, en plus ?

    ... M'enfin... Je me met au boulot, je montre que ça peut marcher, et ensuite, je me dirigerais vers des écoles d'art et proposerais des formations au logiciels libres. Parce que c'est là qu'il faut attaquer. Sans l'éducation adéquate, quasiment plus aucun choix n'est laissé (et pour le coup, parler de logiciel qui enferme l'utilisateur a du sens).

    Pfff... Je m'étend, tout ça pour faire l'apologie du mal... J'essaie juste de montrer que les graphistes ne sont pas forcément tous hypocrites, mais juste manipulés.

    PS : j'ai résisté de toutes mes forces aux logiciels d'adobe (trop lourds, buggués, de toute façon, puis fonctionnent pas sur Linux). Et ben mes profs n'aimaient pas ça, entre autre parce qu'il ne pouvait pas me montrer des manipulations, ne connaissant pas le logiciel (ce qui m'a valu sur le bulletin de note, une fois : « Utilise s'il te plait, les outils appropriés »).