je vais encore me faire moinsser, mais c'est toujours la même histoire : Linux n'est pas prêt pour le bureau.
Depuis une quinzaine d'années, je suis fasciné par le paradoxe qu'il y a entre les améliorations indubitables du système (autoconfiguration, support matériel élargi, refonte des sous-systèmes pour optimisations diverses, multiplication des codecs et formats supportés, etc.) et un état de manque d'utilisabilité pour Mme Michu qui semble au point mort.
Prenons simplement l'exemple du système d'impression :
Imprimante Samsung laser couleur : les couleurs sont trop sombres. Inutilisable.
Imprimante combinée laser Samsung : impossible de scanner si non root, blocages intempestifs fréquents, impossible d'imprimer avec Firefox (mais qui accepte d'imprimer avec n'importe quelle autre imprimante)
Imprimante combinée Brother : latence de plusieurs secondes avant de sortir la dernière feuille
Imprimante Laser Epson : plantage de l'imprimante si tentative d'imprimer des lots de plus de 1 feuille.
Pas d'accès simple aux niveaux d'encre, à la file d'attente d'impression, etc.
Paramétrages complexes (lancement d'un outil spécial non documenté pour centrer correctement les pages chez Brother)
Les gens qui travaillent aussi dans les bureaux aiment aussi utiliser les fax. Or, aucun outil de réception de fax sous Linux n'arrive à la cheville de ce qui se faisait sous Windows 3.1. Ce qui est vraiment dommage, puisqu'il s'agit uniquement d'un problème d'interface.
Si l'on prend le problème des formats et codecs, c'est exactement la même chose : ça marche toujours "à peu près" : non-correspondance exacte de la mise en page comparée à MSOffice, non-affichage d'un codec vidéo sur une machine alors que ça marche bien sur la machine d'à côté pourtant identique, etc.
Un autre problème est la facilité -ou simplement la possibilité- d'effectuer une tâche donnée. Par exemple, vous voulez programmer une télécommande multifonction. Le fabricant vous fournit un logiciel pour windows. Dans les bons cas, vous trouverez à grands coups de Google une interface de programmation qui fonctionne plus ou moins sous Linux, mais sans certitude.
Autre exemple récent : tentative d'utiliser une souris Bluetooth : sous windows, fonctionnement impec sans driver (juste la norme HID), sous Linux, sauts de carpe de 10 cm = inutilisable. Conclusion : driver HID imparfait.
Pareil pour faire du Skype : son tout pourri, ou pas de son du tout, vidéo incompatible avec les dernières versions.
Il est faux de dire que les gens ne veulent pas de Linux par principe. Lorsque celui-ci est bien fait car destiné à un matériel et une tâche précis (freebox, andoid, télévision, etc.), ils s'en servent très bien, souvent sans même savoir qu'ils ont un Linux entre les mains (ce qui devrait être le but de tout OS : se faire oublier).
La vraie question est : "que faudrait-il faire pour que cela s'améliore ?". Je pense que, si cela était simple, cela se saurait. Les systèmes basés sur Linux sont devenus des monstres de complexité : variété des périphériques, des programmes, des procédures, etc. On ne peut décréter ni la compétence des développeurs, le plus souvent bénévoles, ni le temps qu'ils ont à consacrer à leur projet, ni l'intérêt pour des projets qui n'intéressent aucun développeur.
Dans un monde idéal, les développeurs développeraient bien dès le départ, les évolutions des systèmes seraient parfaitement synchronisées (rappelons-nous de Pulse audio), une armée de testeurs détecteraient immédiatement toutes les situations rugueuses, et une armée de développeurs corrigeraient tout cela instantanément.
Actuellement, une personne qui souhaite utiliser Linux doit être
-compétente (ce qui est rare chez les Mme Michu) : jongler entre plusieurs applicatifs différents pour effectuer une tâche semblable, gérer les associations de fichiers, s'attendre systématique à des bizarreries imprévues, voire coder un petit quelque chose en cas de besoin
-motivée : accepter de passer des heures pour faire fonctionner un truc qui aurait dû fonctionner tout seul, voire accepter qu'il ne fonctionne pas du tout, en attendant un hypothétique driver ou bugfix.
En résumé, je pense que la situation actuelle est tant la "faute" du système en général (aucune rugosité ne devrait jamais apparaître) que du manque de motivation et de compétence des utilisateurs qui sont incapables ou non désireux de régler les problèmes, souvent mineurs informatiquement parlant, qui se présentent à eux.
# La faute des utilisateurs ? ;-)
Posté par gerard delafond . En réponse au journal Echec d'une migration Linux : qu'en est il de votre côté. Évalué à 7.
Depuis une quinzaine d'années, je suis fasciné par le paradoxe qu'il y a entre les améliorations indubitables du système (autoconfiguration, support matériel élargi, refonte des sous-systèmes pour optimisations diverses, multiplication des codecs et formats supportés, etc.) et un état de manque d'utilisabilité pour Mme Michu qui semble au point mort.
Prenons simplement l'exemple du système d'impression :
Imprimante Samsung laser couleur : les couleurs sont trop sombres. Inutilisable.
Imprimante combinée laser Samsung : impossible de scanner si non root, blocages intempestifs fréquents, impossible d'imprimer avec Firefox (mais qui accepte d'imprimer avec n'importe quelle autre imprimante)
Imprimante combinée Brother : latence de plusieurs secondes avant de sortir la dernière feuille
Imprimante Laser Epson : plantage de l'imprimante si tentative d'imprimer des lots de plus de 1 feuille.
Pas d'accès simple aux niveaux d'encre, à la file d'attente d'impression, etc.
Paramétrages complexes (lancement d'un outil spécial non documenté pour centrer correctement les pages chez Brother)
Les gens qui travaillent aussi dans les bureaux aiment aussi utiliser les fax. Or, aucun outil de réception de fax sous Linux n'arrive à la cheville de ce qui se faisait sous Windows 3.1. Ce qui est vraiment dommage, puisqu'il s'agit uniquement d'un problème d'interface.
Si l'on prend le problème des formats et codecs, c'est exactement la même chose : ça marche toujours "à peu près" : non-correspondance exacte de la mise en page comparée à MSOffice, non-affichage d'un codec vidéo sur une machine alors que ça marche bien sur la machine d'à côté pourtant identique, etc.
Un autre problème est la facilité -ou simplement la possibilité- d'effectuer une tâche donnée. Par exemple, vous voulez programmer une télécommande multifonction. Le fabricant vous fournit un logiciel pour windows. Dans les bons cas, vous trouverez à grands coups de Google une interface de programmation qui fonctionne plus ou moins sous Linux, mais sans certitude.
Autre exemple récent : tentative d'utiliser une souris Bluetooth : sous windows, fonctionnement impec sans driver (juste la norme HID), sous Linux, sauts de carpe de 10 cm = inutilisable. Conclusion : driver HID imparfait.
Pareil pour faire du Skype : son tout pourri, ou pas de son du tout, vidéo incompatible avec les dernières versions.
Il est faux de dire que les gens ne veulent pas de Linux par principe. Lorsque celui-ci est bien fait car destiné à un matériel et une tâche précis (freebox, andoid, télévision, etc.), ils s'en servent très bien, souvent sans même savoir qu'ils ont un Linux entre les mains (ce qui devrait être le but de tout OS : se faire oublier).
La vraie question est : "que faudrait-il faire pour que cela s'améliore ?". Je pense que, si cela était simple, cela se saurait. Les systèmes basés sur Linux sont devenus des monstres de complexité : variété des périphériques, des programmes, des procédures, etc. On ne peut décréter ni la compétence des développeurs, le plus souvent bénévoles, ni le temps qu'ils ont à consacrer à leur projet, ni l'intérêt pour des projets qui n'intéressent aucun développeur.
Dans un monde idéal, les développeurs développeraient bien dès le départ, les évolutions des systèmes seraient parfaitement synchronisées (rappelons-nous de Pulse audio), une armée de testeurs détecteraient immédiatement toutes les situations rugueuses, et une armée de développeurs corrigeraient tout cela instantanément.
Actuellement, une personne qui souhaite utiliser Linux doit être
-compétente (ce qui est rare chez les Mme Michu) : jongler entre plusieurs applicatifs différents pour effectuer une tâche semblable, gérer les associations de fichiers, s'attendre systématique à des bizarreries imprévues, voire coder un petit quelque chose en cas de besoin
-motivée : accepter de passer des heures pour faire fonctionner un truc qui aurait dû fonctionner tout seul, voire accepter qu'il ne fonctionne pas du tout, en attendant un hypothétique driver ou bugfix.
En résumé, je pense que la situation actuelle est tant la "faute" du système en général (aucune rugosité ne devrait jamais apparaître) que du manque de motivation et de compétence des utilisateurs qui sont incapables ou non désireux de régler les problèmes, souvent mineurs informatiquement parlant, qui se présentent à eux.