Les deux auteurs de l’article qui a motivé ce journal ont émis une autre hypothèse : ce sont bel et bien les efforts pour « abaisser » la science au niveau du public (et en particulier, dans la sphère politique) qui est en train de la tuer.
Déjà, l'idée que la vulgarisation scientifique est l'acte d'abaisser la science me hérisse le poil. Il faudrait à un moment donné que les prétendus journalistes et pseudo-penseurs se mettent d'accord : soit on fait de la réduction de complexité pour expliquer des trucs durs à ceux et celles qui n'ont pas les connaissances de comprendre le jargon mais cette réduction est utile pour la compréhension ; soit on noie les gens dans une bouillie de mots abscons. Il n'y a pas de dénigrement dans ce que je dis : personne n'est obligé d'avoir Bac +15 en sismique des étoiles bleues d'ordre 3. En revanche, ceux et celles qui l'ont ont également le devoir de faire en sorte que leur savoir ne soit pas hermétique. Donc, adapter son discours à ses auditeurs pour être compris.
Pour illustrer cette idée, ils se sont amusés à comptabiliser le nombre d’occurrences d’expressions telles que « la science nous impose de », « la science nous dit que nous devons »,... dans les médias. Surprise (en tout cas pour moi), il en ressort une belle courbe en crosse de hockey.
Alors, de point de vu scientifique justement, cette comptabilisation est sans aucun sens. Primo, on ne sait pas ce qui a été comptabilisé en termes de journaux. On ne connaît pas la méthodologie de recherche : s'agit-il d'un grep bête et méchant ? Ou plutôt d'une recherche basée sur du NLP ? Ont-ils comptabilisé des expressions neutres ? Ce sont ces derniers justement qui sont leur contrôle : si leur nombre augmente dans les mêmes proportions, on va conclure tout connement que le nombre de publication augmentant, les expressions utilisées reviennent et augmentent dans les mêmes proportions. Aussi, il est obligatoire de faire des tests statistiques pour établir la significativité du résultat. Bref, ils sortent des nombres du chapeau, on ne sait pas comment, on ne peut les comparer à rien et ça y est, la science est devenue autoritaire... Bluffant.
Mais la question est posée : en politisant la science, ne risquons nous pas de la détruire ?
Il y a un biais lexical énorme ici. Entre autoritarisme et politisation, la différence est grande.
Posons la question autrement : est-ce que la science doit servir la société ? Si oui, quelles interactions devrait-elle entretenir avec la société ? Si non, même question.
# Du droit de vulgariser...
Posté par Malicia . En réponse au journal L’anti-rationnalisme comme réaction au scientisme politique ?. Évalué à 10.
Déjà, l'idée que la vulgarisation scientifique est l'acte d'abaisser la science me hérisse le poil. Il faudrait à un moment donné que les prétendus journalistes et pseudo-penseurs se mettent d'accord : soit on fait de la réduction de complexité pour expliquer des trucs durs à ceux et celles qui n'ont pas les connaissances de comprendre le jargon mais cette réduction est utile pour la compréhension ; soit on noie les gens dans une bouillie de mots abscons. Il n'y a pas de dénigrement dans ce que je dis : personne n'est obligé d'avoir Bac +15 en sismique des étoiles bleues d'ordre 3. En revanche, ceux et celles qui l'ont ont également le devoir de faire en sorte que leur savoir ne soit pas hermétique. Donc, adapter son discours à ses auditeurs pour être compris.
Pour illustrer cette idée, ils se sont amusés à comptabiliser le nombre d’occurrences d’expressions telles que « la science nous impose de », « la science nous dit que nous devons »,... dans les médias. Surprise (en tout cas pour moi), il en ressort une belle courbe en crosse de hockey.
Alors, de point de vu scientifique justement, cette comptabilisation est sans aucun sens. Primo, on ne sait pas ce qui a été comptabilisé en termes de journaux. On ne connaît pas la méthodologie de recherche : s'agit-il d'un grep bête et méchant ? Ou plutôt d'une recherche basée sur du NLP ? Ont-ils comptabilisé des expressions neutres ? Ce sont ces derniers justement qui sont leur contrôle : si leur nombre augmente dans les mêmes proportions, on va conclure tout connement que le nombre de publication augmentant, les expressions utilisées reviennent et augmentent dans les mêmes proportions. Aussi, il est obligatoire de faire des tests statistiques pour établir la significativité du résultat. Bref, ils sortent des nombres du chapeau, on ne sait pas comment, on ne peut les comparer à rien et ça y est, la science est devenue autoritaire... Bluffant.
Mais la question est posée : en politisant la science, ne risquons nous pas de la détruire ?
Il y a un biais lexical énorme ici. Entre autoritarisme et politisation, la différence est grande.
Posons la question autrement : est-ce que la science doit servir la société ? Si oui, quelles interactions devrait-elle entretenir avec la société ? Si non, même question.